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LA CORPORATION AU XIIl*^ SIÈCLE 169

ments dénotent une entente très élroite entre les patrons, entente rendue nécessaire par l'indiscipline des ouvriers du bâtiment*. On y trouve également une clause défendant de louer des cercueils ; on voulait par là mettre fin à la pratique révoltante de retirer les morts de leurs bières après les funérailles pour faire servir ensuite ces bières à de nouvelles obsèques.

2° Les maçons f tailleurs de pierre, mortellicrs, plâtriers (t. XLViii). Us relevaient de Maître Guillaume de Saint- Patu pour la petite justice.

L'entrepreneur, ce maquignon de l'architecture, n'étant pas connu à cette époque, c'est sous la direction immédiate des plus habiles d'entre eux, devenus leurs chefs (maîtres des œuvres) que les maçons édifient ces monuments gothiques du Xlll* siècle dont la Sainte-Chapelle demeure l'inimitable modèle.

Section IV. — Métaux

Les métiers de cette catégorie se subdivisent selon qu'ils se rattachent aux métaux ordinaires (fer, étain, cuivre) ou aux iHétaux précieux (or et argent).

Métau.r ordinaires. Dans cette classe, on rencontre les ïïiétiers suivants :

Les serruriers (t. xviii). Ces artisans ou plutôt ces artistes C'onfectionnaient ces chefs-d'œuvre du fer forgé que l'on peut encore admirer dans nos cathédrales et nos musées. Ils relevaient comme tous les ouvriers du fer du grand maréchal, %ais jouissaient en fait d'une grande liberté, ne payant pas de <^outume et occupant autant d'apprentis qu'ils voulaient. Il leur était défendu de fabriquer des serrures sur empreintes I>our ne pas favoriser les projets des voleurs.

1. Sur la domando des maîtres oux-mômcs un règlement déjà cité du garde de 1^ prévôté leur avait enjoint, en 1290, do refuser les outils aux ouvriers qui na 'Voulaient travailler qu a la tAchc ou à la journée. Dkimmxo, p. 373.

Les bottiers (t. xix). Ils faisaient les serrures pour cassettes, boîtes et coffres. Ce métier obligeait les ouvriers étrangers venus à Paris à prouver qu'ils avaient sept ans de pratique.

Les fèvres, maréchaux. vrillierSy greffiers et heaumiers^ (t. xv).

Deux corporations de couteliers, ,les fèvres couteliers [l. xvi) et les fèvres couteliers faiseurs de manches à couteaux d'or, de fust (bois} et d'ivoire (t. xvii).

Les boucliers de fer (t. xxi), les boucliers d'archal de cui~ vre et laiton (t. xxii), les faiseurs de clous pour attacher boucles et mordants (agrafcsj (t. xxv) ; les boucîliers faisaient encore les limes et freins pour chevaux. A ces métiers se rattachent les fondeurs et mouleurs (t. XLi) qui fondaient et moulaient en cuivre des boules, agrafes, fermoirs.

Les batteurs d'archal X. xx) qui battaient le cuivre jaune et le réduisaient en petites feuilles (Dkppixg, p. 55).

Les tréfiliers de fer et tréfiliers d'archal, ou fabricants de ni de fer et d'archal (t. xxiii et xxiv).

I^es épinglicrs (t. Lxj ; les boutonniers et déiciers d'archal et

de cuivre faiseurs de dés à coudre (t. Lxxii).

Les batteurs d'étain [t. xxxiii; les potiers d'étain (t. xii) ; les ouvriers de toutes œuvres d'étain et de plomb (t. xiV;. L'emploi de la vaisselle et de la poterie d'étain était alors général, sauf dans les classes élevées.

Les fremailliers de laiton (t.XLiii ou faiseurs d'anneaux et de fermoirs en laiton pour les livres. Le volume des missels ou aiitiphonaires de l'époque justifie Texislence d'une industrie spéciale pour les fermoirs. Les fremailliers faisaient encore des colliers et des grelots*.

Les forcetiers, ou fabricants d'instruments tranchants, faux et ciseaux. Leurs statuts ne datent que de 1291*.

1. Los» gn^ffiors fabrîciuaient une annurc pour Iv» jambes appoirc griffe; le* vriUioni faÎHaient cIoh vrilles; les heaumiers dos casques ou heaumes.

2. « Manilia ptilehra et nolas résonantes. » Dictionnaire de Jean dit Gahlandk,

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