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LA CORPORATION AU Xllf SIÈCLE ITl
Métaux précieux, — La corporalion la plus importante d(^ ce groupe est celle des orfèvres. « L'industrie des orfèvres, dit Jean de Garlande '§ XXVII), frappe sur une enelunie de fer avec de légers marteaux des platines d'or et d'argent et enchâsse des pierres précieuses dans les anneaux dont se sen'ent les barons et les nobles dames ^. » Cette définition est incomplète. Elle laisse de côté toute une partie de l'orfèvrerie, celle qui a trait au culte et à l'ornementation des. édifices publics ou privés. C'est pourtant dans l'orfèvrerie d'église que les artistes du Moyen Age ont excellé. Les trésors, des cathédrales et les musées sont remplis d'œuvres d'art, châsses, reliquaires, ostensoirs, croix d'autel qui témoignent d'un travail patient et ingénieux. Les orfèvres faisaient grand usage de l'émail dont les diverses parties étaient fondues et coulées et qu'on employait tantôt comme fond de couleur pour faire ressortir les figures en relief, tantôt comme une couleur que l'on adaptait sur les reliefs eux-mêmes. La nielle était aussi très employée.
Les orfèvres fabriquaient encore la vaisselle d'argent, les hanaps, aiguières, plateaux.
Les crisia/liers de pierre f't. xxxj faisaient des objets en cristal, pierres iines et aussi en verre naturel ou peint *; ils: avaient défense de mêler ces diverses substances. Malgré une certaine habileté, ils étaient loin d'égaler leurs rivaux dltalie et surtout ceux de Venise où les premières glaces soufflées venaient d'être fabriquées*.
Les batteurs d'or et d'argent ti filer (t. xxxi) et les batteurs*
!• Jean de Jandun, dana sion Traité des louanf^es de Paru (1323), fait ('gaiement ■ «loge dcH orfèvruH parisiens : « Insiiper nietallicoruin vasortim, precipiie de "uro et argento, figuratorcs optinii Hupra Ponteni vocatum Magnum, atqiie iu ^tcrig pluribus locis malleos super ineude» fariunt resonarc. • II' P**, ch. iv>
2* • A cette époque de grand luxe, il n'était pas rare de voir un hanap d'améthvste, une roupc d'agate ou de cristal, un verre d'émeraudc ou de rubis. Ou ^^ qu'à jeter les yeux sur les inventaires du Moyen Age et do la Renaissanrc pour se (aire une idée de ces splendeurs. ■* (Lkspinassk et Bonnardot, op. cit.,. P XXXVIII.)
3. Sur cette coqioration des cristalliers, cf. .'Ircliiv. Xat. K. 1031.
d'or et d'argent en feuilles (l. xxxiii) étiraient ces métaux pour les réduire les premiers eu fils d'or et d'argent, les seconds en feuilles d'une ténuité extrême. Ainsi transformé, l'or servait à l'ornementation des églises, à la parure féminine, à l'enluminure des parchemins, et autres usages.
Section V. — Industries textiles
Divers métiers s'occupaient de la vente et de la préparation du lin et du chanvre. C'étaient d'abord les liniers (t. Lvii) et les chanvriers (t. Lviii). Ces artisans soumettaient le lin ou le chanvre à diverses opérations. 11 était d'abord roui, c'est-à-dire trempé dans l'eau, puis séché, battu à l'espadon, enfin serancé ou peigné. 11 passait ensuite aux mains des filandiers et filandières qui le transformaient en fil par l'étirage et la torsion au fuseau. Les statuts de ce métier ne figurent pas au Livre des Métiers, mais des lettres patentes de Philippe VI (1349) confirmant leurs règlements, il est à présumer que les filandiers avaient dès le XII P siècle une organisation corporative.
Le fil passait aux mains des tisserands de toile ^ qui en faisaient de la toile. L'épaisseur de la trame, le nombre des fils étaient déterminés par les règlements. On vérifiait ensuite si les pièces d'étoffe étaient conformes aux statuts en mesurant la longueur à l'aide de la verge, ou mesure type, et la largeur à l'aide du temple et du roseau y instruments dont le premier sei-vait à tendre la toile et le second, sorte de peigne, permettait de compter les fils.
La toile une fois fabriquée était vendue à la pièce ou à l'aune par les chavcnaciers (t. lix).
Les hraaliers de fil (t. xxxix) cumulaient pour un genre spécial de fabrication, celle des braies ou hauts de chausse, les fonctions du tisseur et du marchand de toile. Enfin les