Id., p. 42Ô
Longtemps les tisserands eurent le droit de teindre euxnii^mes leurs draps ; mais en 1277 cette faculté leur fut retirée sur la plainte des teinturiers. Les substances les plus employées pour la teinture étaient le pastel [ou guède)
Les métiers qui travaillaient la laîne araneat Vbumeun particulièrement processive. Ils plaidaient sans cesse contre le prévAt, contre les marchands étrangers ou même entre? <«Mix. Il fallut instituer une commission de six membres pouf <*n finir avec les démêlés des foulons et des tisserands^ «'t un arrêt du Parlement dut intervenir en 1285 pour leu»^ <léfendre de se refuser réciproquement toute coopération ^
Les draps étaient vendus aux Halles par ces même ti» — rserands qui les avaient fabriqués. Toutefois, dès la fin d^ XIII* siècle, les plus riches de ces artisans appelés grantE^ maîtres monopolisèrent en fait ce commerce ; les autres o menus maîtres en furent réduits à travailler pour les premiers . (^es draps auxquels ceux de Flandre et de Beauvais fai. concurrence se vendaient à des particuliers qui les \ nissaient à leurs tailleurs.
La soie occupait aussi divers métiers et en premier lieu 1 fileresses de soie à grands et petits ciseaux (t. xxxv et xxxvi ^ • Elles dévidaient, filaient et recousaient la soie plus ou moiim ^ serrée selon les dimensions de leurs fuseaux. La réputation <!. ^ res ouvrières était déplorable sous tous les rapports ; pli» ^ d*un imprudent écolier attiré par elles dans quelque boug^ ^ y fut dépouillé de son escarcelle'. Il arrivait aussi frt!^^* quemment qu'elles dérobaient la soie qu'on leur donnait -^ filer pour la revendre à des receleurs juifs. On dut menace^ •*
t. Un «mH de I29f fuit allusion à de nouveaux dômèlôs entre tisserands c-ii^* foulons. « Cum inter textorcs et fullones parisiensc» essct diseordia super t^^ 4|uod dicti fullones nolebant pannos quos folabant portare ad novas polias ext mnros sitiiatas.... » (Olim, édition Bkuqnot, t. 11, p. 4M.)
1. DictioHmtûre de Garlamdr, f €7 (publié par Gkraud, i la suite de la ToiT- 4r irJ'i, p. WT).
les lileresses du pilori pour tenter d'arrêter ces fraudes'. La soie une fois filée était tissée par divers artisans. Sans parler des tisserandes de qiieuvrechefs de soie (t. XLiv) qui se rattachent plus spécialement à rhabillement, on peut citer les laceurs de fil et de soie (t. xxxiv), qui confectionnaient des rubans et des lacets en fil et soie ; les crespiniers (t. xxxvu)^ qui faisaient non seulement des coiffe» èe clames, mais des taie» d'oretllers, de» «fais d^^autel à Taiguille ou au métier; les oumères en tissus de soie (t. xxxviii), ou passementières ; les ouvriers en drap de soie (t. xl) unis aux boursiers en lac qui confectionnaient des pièces d'étoffe de soie ouvrée pour les tailleurs ; enfin les faiseuses d'aumônières sarrasinoises (Depping, p. 382), sortes de bourses ou sacs richement travaillés que les damoiselles (dames nobles) et même les riches bourgeoises portaient à la ceinture.
Section VI. — Habillement et Équipement
Quelques notions sur le costume au XIII* siècle sont nécessaires pour faciliter au lecteur l'intelligence du rôle réservé «*ux divers métiers de l'habillement. Le costume des seigneurs s^ composait à la ville et dans les châteaux en temps de paix de culottes ou braies, d'une longue robe ou cotte hardie tombant jusqu'aux pieds et ajustée à la taille par-dessus laquelle on revêtait une tunique appelée surcot et parfois un 'nanteau de brocart ou de soie bordé de vair ; la tète était ^-Ouverte d'un bonnet de velours appelé mortier. Les dames étaient à peu près mises de même, à la différence de la coiffure <Jui consistait en un bonnet en pointe d'où retombait un voile. *I était en outre de mode pour les deux sexes de porter sus- P«*ndue à la ceinture une bourse de cuir ou aumônière. I-**homme du peuple portait les braies ou culottes, une sorte de blouse et un manteau de bure appelé chape ; la femme du peuple une cotte et une chape.