‹ Histoire des corporations de métiersChapitre 58 sur 214 · Id. Ordonnance de 1291, p · texte numérisé non relu

Id. Ordonnance de 1291, p

LA CORPORATION AU XI 11^ SIKCLE laj

O» Les déiciers (t. lxxi) qui font des dés à jouer et des pièces d'échiquier en os, corne ou ivoire.

10*^ Les estuveurs ou baigneurs' (t. lxxiii). Les étuveurs faisaient crier de grand matin par les rues que leurs étuves étaient prêtes. La police du prévôt vit un danger dans ce cri matinal et fit insérer dans les statuts de ce métier l'interdiction de faire crier les étuves yW^ues à tant qu'il soit jour, pour les périls qui peuvent advenir en ceux qui se lèvent nu dit cri pour aller aux étuves. Sans doute des bourgeois qui avaient devancé Taurore pour se rendre aux étuves avaient été attaqués dans les rues alors très médiocrement sûres pendant la nuit.

Section X. — Professions annexes à la médecine. — Chirurgiens-barbiers. -— Apothicaires.

Cet ouvrage ayant pour objet exclusif les corporations de métiers, nous n*avons pas en principe à nous occuper des corporations dont les membres exerçaient des arts libéraux (avocats, médecins). Nous ne ferons cependant exception que pour les chirurgiens qui ont été trop longtemps unis aux barbiers pour qu*il soit possible de séparer les deux professions ; nous dirons également quelques mots des apothicaires. Les chirurgiens du XIIP siècle constituaient l'aristocratie du métier de « barherie ». Si Ton en croit d'anciennes traditions, peut-être trop facilement acceptées comme authentiques par les anciens historiens de cette profession, les chirurgiens auraient formé dès le règne de Saint Louis un collège distinct dit collège de Saint-Côme et de Saint-Damien dont les statuts, œuvre de Jean Pitard, chirurgien du roi, auraient été approuvés en 1268*. Mais, ainsi que Ta démontré M. Malgaigne

1. D'iiprôfl QuBSNAYp Recherches sur l'origine de la chirurgie en France, de la Noue aurait eu en mains au commencement du XVII* Bîécle la charte p.ir laquelle Saint Louis aurait cr<^é co eoUcge de Saint-CAme et Saint-Damien.

daiis sa savante Introduction aux œuvres complètes d'Ambroise Paré (t. I, p. xxxiii), la première charte d'une authenticité indiscutable où les chirurgiens soient mentionnés est une ordonnance sans date, mais qui paraît être de la fin du XIII* siècle^ où il leur est fait injonction de déclarer au prévôt de Paris les noms des individus qui venaient les trouver pour faire soigner des blessures. Ces blessés pouvaient être en effet des « meurtriers ou larrons » que la police prévôlale avait intérêt à rechercher. En même temps TOrdonnance constate qu'il y a dans Paris nombre de gens qui a s'entremettent de cyrurgie » sans être capables d'exercer cet art et institue six maîtres jurés « qui baudront en escrit les noms de cens qui seront dignes d'ouvrer de cyrurgie ». — En 1301, une nouvelle ordonnance est encore édictée pour régie* menter la profession de chirurgie. Par suite d'un accord intervenu entre tous les barbiers au nombre de vingt-six, il fut défendu à tous les barbiers qui s'entremettaient de chirurgie de se dire chirurgiens barbiers s'ils n'avaient été examinés parles maîtres de chirurgie et trouvés suffisants à ce faire*. Les barbiers conservèrent cependant le droit d' « étancher les blessés » si besoin en était, et de fait, ils usurpaient fréquemment sur le monopole des chirurgiens ; au XYIP siècle, ainsi qu'on le verra par la suite de cet ouvrage, la délimitation entre ces deux professions était encore très mal définie.

Les apothicaires qui alors unis aux épiciers paraissent avoir été organisés en corporation dès le XI II® siècle et sont mentionnés dans la II® partie du Livre des Métiers*, mais leurs plus anciens règlements connus sont de beaucoup

1. Dkppino, p. 419. D'après MM. de Lesi*i>'a»sk et Bonnardot, auxquels ora doit une nouvelle édition du Livre des Métiers^ p; 208, note, cette charte serait d'Etienne Boileau et forait partie du Livre dos Métiers. Le manuscrit original dta Livre dct» Métiers brûlé en 1737 renfermait en cfTct cette ordonnance ainsi que* l'indique la table qui on a été conservée.

Page 1