‹ Histoire des corporations de métiersChapitre 67 sur 214 · T. m, p. 280 ul Hiiiv · texte numérisé non relu

T. m, p. 280 ul Hiiiv

3. Dans hod Essai sur te système des divùsUtus tcrritariates^ de ta Gaute, piiblit* en 1833 t*t (Innti non introduction an Polyptyque d'irntinon (1836), Ot'KRARl»ii di'*montri» qu'à lV|>oqii<* rarloviogicnno les manscs ou fvnx ctniont yt^r ro«i|Mnii!«on à Icum habitantH dan» dcH rapport» qui variaient d<> 6,71 à i,75. On adnuH gêné-* ralemont qu'un feu représente ^ à 5 tt^tea.

LA CORPORATION AU Xlil*' SiECLË 191

A cheval furent bien ving^ mille Et à pié furent trente mille ; Tant ou plus ainsi les trouvcreot Cels qui de lii les estimèrent * .

On peut, il est vrai, taxer d'exagération le récit de Godefroy de Paris. Mais ce récit, un autre chroniqueur, ieaa ée Saint- Victor, le confirme en portant lui aussi à 5(^,000 le nombre des Parisiens passés en revue en 1313. D*autres témoignages encore viennent établir le chiffre élevé de la population de Paris au XIV* siècle. Soixante-neuf ans après Godefroy de Paris, Froissard estime à 60,000 gendarmes et à 50,000 maillets, et autres gens comme arbalétriers et archers, le nombre de ceux qui prirent part à la révolte des Maillotins '. — Enfin, au commencement du XV** siècle Guillebert de Metz écrira : « L'on souloit estimer à Paris plus de quatre mil tavernes de vin, plus de quatre vingt mil merschans, plus de soixante mille écrivains ; item de escoliers et gens de mestier sans nombre '. »

Ces relations établissent, à notre avis, que la population de Paris au XIV* siècle dépassait de beaucoup le chiffre de 50,000 proposé par Dulaure. Il est infiniment plus délicat d'arriver à évaluer même approximativement cette population. Géraud a cru cependant pouvoir obtenir ce résultat à Taide d'un manuscrit de 1328 intitulé « Les paroisses ci les fcua: des haillies et sénéchaussées de France *, ï> qui indique pour Paris, augmenté du bourg Saint-Marcel, 35 paroisses et 61.098 feux. Si Ton admet que le mot feu signifie famille et que chaque famille se compose d'environ 4 à 5 tètes, Paris (à 4 tètes et demie par feu) aurait compté environ 275.000 âmes en 1328, ehififre que Géraud propose de réduire à 215.000 habitants

!• Chronique métrique de (todkfroy dk Pauis, éd. Buchon, p. 19a.

3. Chroniques de Froistart, éd. Biichon, t. H, p. 243. Dans un autre passage, 'f^issart no parle que « de trente mille hommes » aussi bien appareillés comme liai chevalier pourrait être, ibid., p. 200.

3- Description de Paris sous Chartes F/, publiée par M. Lk Roux dk Lingy ^■■s Paris et ses Historiens. (Collcct. gén. do V Histoire de Paris^ p. 333.)

i. Cité par GienAUD, p. 474, note.

pour 1292. Ces évaluations sont adoptées sous certaines résen^es par Tauteur de l'ouvrage Paris et ses Historiens^ , M. Le Roux de Lincy, qui incline toutefois à leur faire subir une légère réduction. Cet auteur constate fort sagement du reste que la question n*est pas sortie des bornes de Tapproximation et que selon toute apparence elle ne les francbira jamais.

Si Tévaluation du cbiffre total de la population parisienne au Xlll® et au XIV® siècle présente dételles difficultés, celle de la population industrielle de Paris n'est guère plus facile. Le chiffre de 5,000 maîtres qui résulte approximativement des rôles de la taille nous fournit cependant une indication. La plupart des maîtres occupant un valet et beaucoup en occupant deux ou trois, on peut, croyons-nous, évaluer à 10 à 12,000 au minimum le chiffre des maîtres et valets; si à ce chiffre on ajoute les colporteurs, les crieurs à la cotte et à la chappe, le nombreux personnel des boucheries et écorcheries, il semble que Ton se rapproche du chiffre de 20,000 gens de métier qui paraît modéré par comparaison aux récits des chroniqueurs Jean de Saint-Victor et Oodefroy de Paris. Avec les femmes des maîtres et des valets mariés, les apprentis et les enfants en bas Âge, il paraît vraisembable que la population vivant des métiers s'élevait au moins à 80 ou 100,000 Ame», chiffre qui équivaut, si l'on admet les évaluations de Géraucâ, à environ la moitié, de la population totale.

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