Archives Nationales, KK, 1339, n
6. Notamment celle des valet.H pelletiers de la paroisse Saint-GvmiainrAuxerrois. (Ordonnances des Rois de Franre, Vil, 686, novembre 1394.)
7. Tailleurs de liouen, juillet 1399. Ibid., Vlll, 339. Chaudronniers d'Amiens. Monuments in-dits de l'Histoire du Tiers~f:tat, par Augustin Tiiikrry, II, 203.
de 1382 abolit! ve des confréries et les actes législatifs relati^^ aux bouchers pour se convaincre de la crainte que couimenç^^^ à inspirer la classe purement ouvrière.
Ces confréries et fédérations d'ouvriers affectèrent-elles c8-*^ lors le caractère d'associations de compagnonnage telles c| ■i^ celles qui furent depuis connues sous ce nom ? Il ser-^^^^ téméraire de Taffirmer, bien que certaines pratiques du corn] gnonnage remontent certainement à cette époque. Les ass ciations de valets et de compagnons du XIV* siècle sont n^ -il connues ; tenues en suspicion par le pouvoir, elles obéissaie ^^ surtout à des coutumes et à des traditions au sujet desquell ^^c?s il n'est guère possible de former que des conjectures. No^i-:is reviendrons par la suite sur ces associations qui finirent p.^ar constituer une véritable corporation dans la corporation ^t qui furent une puissance d'autant plus redoutable qu'el Se demeura toujours occulte.
Le XIV* siècle vit encore s'établir une institution qi allait devenir une des bases du régime corporatif : le c/ie^ d' œuvre.
Au XIII* siècle déjà, on trouvait dans le Livre des Mélie^^^s trace d'une coutume analogue pour les apprentis. Le statv-^l des chapuiseurs de selles contient en effet cette clause déj^^ citée: « Se li aprentis set (sait) faire un chief-d'œvre tout su^^» ses mestres puet prendre un autre apprentis pour la reson A ^ ce que quant un aprentis set faire son chief-d'œvre, il e^=^t raison qu'il se tiegne au mestier et soit en Touvroir et e^^^ raison qu'on l'oneure et déporte plus que celui qui ne M<^ set faire » (titre lxxix, p. 216).
Ce chef-d'œuvre du XIII* siècle n'était donc qu'une épreuw^ de capacité subie par l'apprenti avant d'être admis au rang A^ compagnon, ou tout au moins à une classe supérieure 3^ l'apprentissage. Au contraire, le chef-d'œuvre classique qui va devenir obligatoire au XIV* siècle, donne directement accès à la maîtrise ; il est la pierre de touche du compagnon.
C'est seulement à la fin du XIV* siècle que le chef-d'œuvre
paraît s'être décidément imposé. Le règlement des selliers de la ville d'Amiens, du 4 mai 1393*, ordonna que « nul ne puisse faire selle ne hamois s'il n'est ouvrier qui sache faire un quief d'œuvre, c'est-à-dire une bonne selle pour haquenée ou roule...» Cette clause est bientôt reproduite dans les statuts des métiers parisiens, notamment dans ceux des tonneliers (1400)*; on l'ajoute après coup en 1406 à ceux des oubliers du 9 septembre 1397'; l'obligation du chef-d'œuvre fit dès lors partie intégrante des règlements corporatifs.
A vrai dire, le chef-d'œuvre n'est, du reste, ainsi qu'il a déjà été observé, que la consécration officielle et le développement d'une épreuve qui existait tout au moins en germe dès le temps de Saint Louis. Le candidat à la maîtrise dut, en effet, de tout temps, se montrer a souffisant » et subir une sorte d'examen préalable devant les jurés du métier. Cet examen, qu'il faut se garder de confondre avec le chef-d'œuvre d'un ordre tout particulier qui était imposé aux apprentis chez les chapuiseurs de selles, était sans doute très sommaire et n'était accompagné d'aucun cérémonial. L'obligation pour le candidat à la maîtrise de prouver son expérience et son savoir-faire professionnel allait, au contraire, acquérir au XV* et au XVI* siècle une importance toute nouvelle et, en limitant le nombre des maîtres, contribuer à transformer le caractère de la corporation*.
Après le développement des associations de compagnons et lapparition du chef-d'œuvre, le fait le plus remarquable de cette période est l'établissement d'une hiérarchie entre les corps d'état. C'est en 1431, à l'entrée d'Henri VI d'Angleterre
I. Ordonnances des Rois de FranvCf VII, 564, a. 1 ot 9. S. Ibid., VIII, 368.