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Ordonnances des Rois de France, VIII, 15S

4. Bien qno l'apparition du chef-d'œuvre à la fin du XIV* siècle soit un fait historique indiscutable, nous croyons devoir renvoyer l'étude détaillée du férémonial usité pour cotte épreuve et dos règles qui en assuraient la sincérité aux chapitres où nous étudierons la corporation aux XVI* et XVII* siècles. Les statuts corporatifs de la fin du XIV* siècle et du XV* se bornent en effet à mentionner Tobligation du chef-d'œuvre.

dans Paris, que les six communautés qui devaient, par la suite 9 s*élever au rang de corporations privilégiées, se séparent poii »* la première fois des autres métiers et obtiennent la faveur d^^^ porter, à tour de rôle, le ciel d'azur ou dais sous leque-- ^ s'abrite le roi. Ces corporations étaient : 1" les drapiei*s ^ 2* les épiciers, 3® les changeurs, 4® les orfèvres, 5® les mer — ciers, 6° les pelletiers'. Les bouchers, qui fermaient la liste .^ ne jouirent que cette seule fois de cet honneur et ne figurèren'^E plus par la suite au nombre des coi-ps privilégiés.

En résumé, la période qui vient d'être étudiée ne se dis — tingue pas sensiblement au premier examen de la précédente^ aucune modification radicale n'est venue altérer le caractèr^^ des institutions d'Etienne Boileau, ni rompre rharmoniegénérale de son œuvre. Et cependant si on la considère d<* plus près, on s'aperçoit qu'un travail lent est en train des'opérer dans la corporation. L'édifice est encore intact ; il offre toujours à l'œil la même belle ordonnance et parait donner les mêmes promesses de stabilité ; mais, une exploration attentive y révélerait déjà des fissures qui, plus tard, s'élargiront, s'approfondiront au point d'en compromettre la solidité. L'artisan obéit encore à son maître et le respecte; mais il n'a plus pour lui la même confiance et la même vénération qu'autrefois, de même qu'à son tour le maître n'a plus pour son ouvrier le même bon vouloir amical et protecteur. Les sociétés de compagnons se fondent comme une menace future pour l'unité de la corporation ; l'obligation du chef-d'œuvre et les frais qu'il entraîne tendent à rendre plus difficile à l'artisan l'accès de la maîtrise ; les métiers aspirent à se hiérarchiser. Ce ne sont encore là que des symptômes mal définis, les prodromes d'une maladie à très lente évo-

1. Journal d'un Bourgeois de Paris (1405-1449), public par M. Tuktby(W77), p. S76. fl Item, là laissèrent lus drapiers le ciel et le prindrent les espiciers jitsqties devant le Chastellet où avait moult bel mtstcrc.... Et là laissèrent \v» cspieicrs le ciel et le prindrent les changeurs et le portèrent jusques au palais royal.... »

lulion sur un corps encore jeune et vigoureux. Nous verrons cependant, dès le siècle suivant, ces symptômes s'aggraver et 9e manifester d^jà les abus qui devaient finir par rendre si impopulaires les corporations d'arts et métiers et par contribuer pour une si grande part à leur suppression.

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