‹ Histoire des corporations de métiersChapitre 99 sur 214 · Du BouRo, p · texte numérisé non relu

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développa dans la seconde moitié du XV* siècle : à cette époque se constituèrent de nombreuses corporations. Les privilèges des métiers .s*accroissent aussi; les bayles autrefois nommés par les capitouls sont désormais nommés par les maîtres ou par leurs prédécesseurs ; en même temps leurs attributions s*étendent, et de simples agents d'exécution ils deviennent de véritables magistrats.

Le chef-d'œuvre se généralise dans le Sud-Ouest, comme dans toute la France, à la fin du XIV* siècle : il présente les mêmes caractères que partout ailleurs. Mais les statuts contemporains renferment sur les institutions charitables des clauses qui révèlent une touchante fraternité. Chez les ménétriers toulousains, si un maître tombe en déconfiture, on lui fait une avance qu'il rendra quand il pourra. Tombe-t-il malade, on le visite et on l'assiste. Chez les pâtissiers, tout maître ou tout compagnon de bonne conduite qui tombe dans la misère est secouru. Les statuts des peintres verriers de 1513* renferment à cet égard des dispositions conçues dans l'esprit le plus généreux.

Pas plus que ceux de Provence, les métiers de Gascogne n'échappèrent à l'action absorbante du pouvoir royal. Les édits de 1581 et de 1597 y furent exécutés avec rigueur.

A Montauban, spécialement, de 1582 à 1619, vingt métiers furent organisés en jurandes : les archives de cette ville ne renferment que deux statuts de métiers antérieurs à cette date. Les statuts des serruriers de cette ville (mars 1594) organisent l'assistance des pauvres et des malades du métier, en faveur desquels on prélève la moitié des 40 sous tournois payés par chaque récipiendaire, l'autre moitié étant affectée à la réparation de la ville *.

1. Publics par M. Bkliiommb, Mémoires archéologiques du Midi, t. V, p. IM.

a. Bulletin archéologique de Tarn^et- Garonne, 1876, t. IV, p. 19. Ou trouvera dans cet article ranalVHc des statuts dos principales corporations de Montauban, notamment de ceux des apothicaires, cpicicra (avril 1601) et des barbiers chirurgiens (28 décembre 1600).

3® Section. — Corporations du Centre de la France

(lyonnais, AUVEnGNE, LIMOUSIN, BERRI, TOURAIXK)

De toutes les villes de province, Lyon sans contredit était celle où la corporation rencontrait le milieu le plus favorable à son développement. Nulle part, en effet, dans l'ancienne Gaule, l'organisation corporative du travail n'avait été si complète et n'avait pénétré plus profondément dans les mœurs qu'à Lyon. Sans qu'il soit possible de prouver catégoriquement cette assertion, il semble même probable que cette organisation se perpétua jusqu'au Xll*^ siècle, époque à laquelle, après une longue éclipse, les métiers réapparaissent en une circonstance mémorable de l'histoire municipale, avec le caractère et tous les signes d'associations déjà constituées de longue date. En 1195, en effet, une émeute très grave ayant éclaté à Lyon contre Tarchevêque qui prétendait lever de nouvelles taxes, les corps de métiers déployant leurs pennons et leurs bannières, élirent des capitaines et firent de la chapelle Saint-Jacques le quartier général de l'insurrection. Un •conseil de 50 syndics, bourgeois et marchands dirigea la lutte qui s'engagea bientôt avec fureur. Les métiers s'emparèrent du Pont de Pierre, de divers quartiers de la ville, et tendirent des chaînes à travers les rues. L'archevêque, après avoir longtemps résisté, céda, en 1208, à la nécessité et ratifia les libertés lyonnaises. Un demi-siècle plus tard la lutte recommence. Les bouchers, boulangers, tisserands s'organisent militairement et construisent des barricades : un camp fortifié est établi près de Saint-Nizier ; la paix se rétablit encore, ^râce à la médiation royale. Enfin, au commencement du XIV* siècle, Lyon conquiert son indépendance. Sous Tautorité nominale du gardiatcur ou délégué royal, la ville est

administrée par un conseil de douze membres issu de l'élection des corps de métiers. Les métiers, après avoir affranchi la ville, sont appelés à la gouverner (1320).

Les événements de 1320 avaient amené la victoire des métiers sur Tarchevéque ; mais la classe industrielle ne tard^a pas à se diviser : FarisUicratie marchande s'empara du pom^voir municipal, au grand mécontentenent des artisans. L^» conseillers étaient pris systématiquement parmi les riches; h pauvres étaient surchargés d'impôts. Une insurrection écla. en 1402 ; bouchers, boulangers, bateliers, tous les artisar~BS armés de bâtons tentèrent un mouvement. Ils furent vaincu ^5, et un nouveau statut, qui subsista jusqu'à la Révolution, viis^t régler à la fois l'élection de la municipalité et celle des che ^^ de métiers.

Le jeudi avant la Saint- Thomas, 21 décembre, le corps (^-^ ville, composé du prévôt des marchands et de 12 échevins, ^ « réunissait et nommait, dans chacun des soixante-douze m«-^' tiers, deux maîtres qui en devenaient les magistrats. A lei^ ^ tour, ces 144 chefs de communauté se réunissaient le lende?^" main pour élire 6 nouveaux conseillers de ville, le renot^»- ' vellement se faisant par moitié. La haute bourgeoisie étaS^ ^ ainsi absolue maîtresse du pouvoir, puisque investie original — rement des fonctions municipales, elle désignait elle-mém des électeurs à sa convenance.

Lyon ne devint ville jurée qu'au XVI* siècle. Bien que le -^ corporations y fussent constituées depuis longtemps, elles n'^ jouissaient d'aucun monopole : parmi les franchises de la vill^ figurait en effet la faculté pour les ouvriers de tous métier^ d'exercer librement leur profession sans être assujettis à 1^ maîtrise.

En Auvergne, les documents anciens relatifs aux corporations sont assez rares. Cependant un règlement sur les orfèvre s du Puy-en-Velay édicté en 1307^ atteste que depuis longterop^*

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