‹ Histoire des CorsesChapitre 132 sur 408 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Le poète corse Salvatore Viale, de Bastia, a bien voulu me communiquer la nouvelle qu'on va lire. Il m'a envoyé un recueil de vers composés par lui ou par d'autres poètes de son pays, et c'est là que se trouve inséré ce remarquable fragment de l'histoire des mœurs corses. Viale l'a emprunté, dit-il, à un manuscrit latin dont il n'existe qu'un exemplaire, et l'a traduit en langue italienne. Il le donne pour un appendice à l'ouvrage De rébus corsicis de l'historien Pietro Girneo, qui raconterait ici un épisode de sa vie romanesque et agitée. Il ne doute point de l'authenticité du manuscrit, mais il n'en fournit aucune preuve, et le malin lecteur devinera aisément pourquoi.

J'ai traduit de l'italien cette nouvelle magistrale, sans me permettre aucune addition ou suppression. Non seulement elle me paraît remarquable comme une peinture de caractères pleine d'originalité, parfaitement vraie même pour les Corses de nos jours ; mais c'est aussi une délicieuse œuvre d'art, où règne cette mélancolie particulière aux poètes corses et surtout à Salvatore Viale, le poète le plus fécond de l'île, digne et noble vieillard d'une infatigable activité.

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