‹ Histoire des CorsesChapitre 133 sur 408 · NOUVELLE HISTORIQUE DE SALVATOR VIALE · texte numérisé non relu

NOUVELLE HISTORIQUE DE SALVATOR VIALE

Revenge, sent from the infernal Kingdom,

To ease the gnawing vulture of my mind, By working wreaktul vengeance on thyfoes.

Shakespeare.

Les Espagnols, les Génois, le Pape, et en dernier lieu Galéas, duc de Milan, qui se disputaient entre eux et contre nous la possession de la Corse, venaient de poser les armes, lorsque l'orgueil des seigneurs de Ginarca, blessé d'une simple mesure de stricte équité du lieutenant ducal, alluma dans notre pays le feu de la guerre civile, et y renversa de fond en comble les formes et jusques aux notions les plus communes de la justice. Il arriva dès lors, comme cela devait être, qu'en l'absence d'une direction politique fixe et constante, les lois n'ayant plus ni crédit ni pouvoir, tout ennemi du gouvernement usurpait la puissance souveraine ; on vit même les bandits et les condamnés exercer une sorte de juridiction et d'arbitrage au fond de leurs makis.

Ce fut en ces conjonctures et durant l'été de l'année mil quatre cent soixante-huit, que les violentes entreprises d'un puissant adversaire sur ma fortune, et ses outrages contre

(1) Nous donnons la traduction qu'en a faite. M. Arena en 1837 (Bastia, Irrjprimerie Fabiani).

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