CHAPITRE IX
Le Génois Tridano délia Torre rétablit pour quelque temps la paix dans Vile. — Guerres d'indépendance ; Arrigo délia Rocca. — Gênes cède la Corse à une société d'actionnaires {1378). — Arrigo meurt empoisonné par les Génois {1401).
Après le dépai't de Boccanera, le peuple, réduit au désespoir par les seigneurs, alla jusqu'à s'adresser à Gênes pour obtenir des secours. La République lui envoya Tridano délia Torre (1362) ; celui-ci soumit les barons, et pendant sa vigoureuse administration, qui dura six années entières, la paix ne fut point troublée.
C'est alors que parut le second homme remarquable de la famille Cinarca ou Rocca, Arrigo délia Rocca, jeune homme plein de fougue et d'énergie, né pour le commandement, opiniâtre comme Giudice, comme lui fécond en ressources au sein du conseil, et terrible dans les combats. Déjà Guglielmo, son père, avait lutté contre Gênes ; mais il avait été vaincu. Le fils reprit fièrement les armes. Malheureux d'abord, il quitta son pays pour aller offrir ses services à l'Espagne ; là il excita la maison d'Aragon à revendiquer sur la Corse des droits que le Saint-Siège avait d'ailleurs reconnus.
Durant l'absence d'Arrigo, Tridano avait été tué, les seigneurs avaient levé l'étendard de la révolte et l'ile, divisée en deux partis, les Caggionacci et les Ristagnacci, était devenue le théâtre des plus sanglants désordres. Arrigo délia Roccaj avec peu ou point d'armes, et ne