SE N EGA MORALE
e vidi OrfeOj
Tullio e Livio e Seneca morale.
Dante.
Sénèque a tiré bien des fruits de son exil, et peut-être quelques-unes de ses observations élevées sur le monde, il les doit à la solitude corse plutôt qu'aux leçons d'un Attalus ou d'un Socio. Dans sa consolation à sa mère Helvia, il dit en terminant :
« Voici l'idée que tu dois te faire de moi : Je suis content et joyeux comme dans les meilleurs jours ; or, ce sont les meilleurs de nos jours, ceux où l'esprit, libre de tout souci, reprend à loisir ses travaux, et tantôt trouve plaisir à des études plus légères, tantôt, avide de vérité, s'élève pour contempler sa nature et celle de l'univers. D'abord il examine les terres et leur position, ensuite les lois de la mer répandue à l'entour, ses flux et ses reflux alternés ; et puis il considère cet intervalle entre le ciel et la terre, asile de l'épouvante, et cet espace où roulent avec fracas les tonnerres, les foudres, le souffle des autans, et les nuages qui lancent et la neige et la grêle : alors, après s'être promené aux régions inférieures, il s'élance au plus haut des cieux, jouit du magniflque spectacle des choses divines ; et, se rappelant son