‹ Histoire des CorsesChapitre 170 sur 408 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Vos cabinets sont déserts, Rimeurs, qu'il daignait entendre, A qui lirez-vous vos vers ?

Et vous qui comptiez d'avance Des cornets et de la chance Tirer immense trésor, Pleurez, brelandier célèbre, Bientôt un bûcher funèbre Va consumer tout votre or. »

Claude arrive enfin aux enfers, où des chantres viennent lui crier en chœur : « Il est trouvé ! ô bonheur ! ô bonheur ! » (c'était le cri des Egyptiens renconti^ant le bœuf Apis). On les vit accourir tous, ceux qu'il avait fait égorger, et parmi eux Polybe et ses autres affranchis. Eaque examine les actions de Claude et trouve qu'il a fait tuer trente sénateurs, trois cent quinze chevaliers et autant de citoyens qu'il y a de grains de sable dans la mer. Soudain paraît Caligula qui le réclame comme son esclave. Il produit des témoins qui prouvent que Claude, son oncle, a reçu de lui, pendant sa vie, bon nombre de coups de verge, de gifles et de coups de fouet, et comme personne ne peut le contester, Claude est adjugé à Caligula, qui le livre à son affranchi Ménandre, pour en faire un débrouilleur de procès. »

Telle est l'apokolokyntose de Claude. Sénèque, qui avait bassement flatté l'empereur vivant, le couvrit de boue à sa mort. Un cadavre, fùt-il celui d'un monstre, ne doit jamais exciter la vengeance d'un noble cœur. Il n'y a que les lâches qui insultent les morts. L'apokolokyntose est un miroir fidèle de ce monde impérial romain, tombé dans la plus isnoble trivialité.

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