‹ Histoire des CorsesChapitre 195 sur 408 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Le lierre formait autour de la porte grise — un arc de triomphe ravissant ; — un vieil olivier se tenait à l'entrée :

— c'était le gardien du couvent.

Avec son rameau de paix, — il me fit signe de pénétrer à l'intérieur, — comme un aimable custode, — qui invite l'étranger à boire ou à prier.

La vigne avait tracé d'une main légère — des inscriptions agréables à lire ; — ces lettres vertes qui tapissaient les murs — me dirent à quel ordre appartenait le couvent.

Le crucifié (chose étrange ! on aurait dit un Christ dans la céleste joie de la Pentecôte), — le crucifié était tombé de sa croix de douleur, — tombé au milieu des pampres verts.

Et je vis une vigne flexible — enlacer les pieds du Seigneur ; — c'était la blonde Madeleine — avec son doux baiser de pécheresse.

Et Jean (c'était une rose), — à genoux près de la tête du Seigneur, — levait au ciel ses yeux en extase et disait — à une plante pleureuse, à Marie :

« Ah ! ne tords pas tes mains de désespoir î — Qu'y a-t-il de mieux sur la terre — qu'une mort chaudement pleurée,

— après une courte vie d'amour ? »

Et la blonde vigne murmurait : — « J'ai épanché toutes mes douleurs, — et le plaisir qui dormait dans mon sein,

— mon cœur l'a versé à pleins bords. »

Et je méditais en silence sur le saint mystère, — sur le christianisme, aujourd'hui tristement voilé. — Et la Rose me regarda en disant : — « Homme ! au commencement était l'amour. 3>

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