PASCAL PAOLI
Il cittadin non la cilla son io.
Alfieri (Timoléon),
Lorsque Pascal Paoli eut quitté la Corse avec son frère Clément et d'autres compagnons d'infortune, il fut aisé aux Français de se rendre maîtres de File. Il ne restait plus que des bandes de guérillas isolées, qui continuèrent la lutte dans les montagnes. Un noble champion de la liberté se distingua surtout parmi elles, et mérite que l'on conserve sa mémoire. Ce fut le pauvre curé de Guagno, Domenico Leca, de l'ancienne famille de Giampolo. Il avait juré sur les Saints Evangiles de rester fidèle à la liberté, et de mourir plutôt que de renoncer à la lutte. Lors donc que le pays tout entier eut fait sa soumission, l'ennemi le somma de déposer les armes : Leca déclara qu'il ne pouvait violer son serment. Il congédia tous ceux de ses paroissiens qui étaient fatigués de le suivre, et accompagné de quelques amis fidèles, il se jeta dans les montagnes. Pendant des mois il lutta encore, mais seulement pour sa défense ; et toutes les fois que des ennemis blessés tombaient dans ses mains, il les traitait avec une humanité toute chrétienne. Jamais il ne fit de mal à pereonne que dans une guerre honorable. Les Français l'invitèrent à descendre, lui promettant de le laisser vivre tranquille