‹ Histoire des CorsesChapitre 245 sur 408 · CHANTS FUNÈBRES DE LA CORSE · texte numérisé non relu

CHANTS FUNÈBRES DE LA CORSE

Pour bien comprendre les voceri corses, il faut étudier les coutumes funèbres du pays, lesquelles remontent à une haute antiquité. Un peuple à qui, plus qu'aux autres, la mort apparaît sans cesse sous les traits sanglants d'un ange exterminateur, doit aussi, plus que les autres, se distinguer dans son culte pour les trépassés.

Lorsque la mort arrive, les parents, réunis autour du lit funèbre, récitent le rosaire, puis entonnent un chant plaintif (grido). Le corps est placé sur une table (tola) appuyée au mur. La tête repose sur un coussin, et porte un bonnet. Afin que les traits du visage ne se déforment point, on passe sous le menton un mouchoir ou un ruban qui va se nouer au sommet de la tête, sous le bonnet. Les jeunes filles sont revêtues d'une robe blanche et couronnées de fleurs; les femmes d'un certain âge portent en général des vêtements de couleur, et les vieilles sont habillées de noir. Les hommes, enveloppés d'un suaire, sont coiffés du bonnet phrygien et, dans cet accoutrement, ils ressemblent bien aux morts des Etrusques, entourés de pleureuses, tels que je les ai vus représentés au musée du Vatican.

La veillée et les plaintes autour de la tola durent parfois la nuit entière, pendant laquelle on tient toujours le feu allumé. Mais le grand lamento s'élève le matin des funérailles, au moment où le corps est mis dans le cercueil et avant que

Page 1