DÉDICACE
Entends-je vos deux voix chéries, — ô vous dont les fraîches tombes surgissent à mes yeux ? — Lorsque, sur le paisible rivage de cette île, — le chantre fait doucement vibrer les cordes de la cetera, — oh ! comme son lamento réveille — les notes plaintives de mon cœur !
Cygnes envolés là-haut avant moi, — bons génies de ma course errante, — dans les montagnes, sur les mers, — votre voix me salue tout bas ; — vous me saluez sur cette île déserte
— par les sons d'une funèbre complainte.
Ce qui palpite dans ce chant lugubre, — je l'ai éprouvé, il a retenti en moi-même ; — c'est un écho de mon âme, — un cri échappé à ma douleur. — Que ces rimes éplorées
— soient comme un vocero que j'entonne pour mes morts.