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CHAPITRE Vli

{Una compagna dcUa dcfunta risponde)

Bulemmu falà alla messa, Or che l'altare è paratu Di cironi e di candele, E di neru è circundatu ; Perclïii vabu la so dota Questa manc l'ha stimatu.

Questa mane alla parocchia Ci ha da esse un bellu vede :

G'è la dota di Maria Di cironi e di candele....

(U)i'altra compagna prosegiie) :

0 Signora, u vostrii maie Eo cunoscelu vuria :

Eo nun so s'è stata t'ebre, 0 veramente etisia. Oh, chi malc incunuscmtu, Ch'una volta un si vidia !

(Une compagne do la morte répond) :

Nous voulons descendre à la messe, — maintenant que l'autel est orné — de cierges et de chandelles, — et tout tendu de noir ; — car c'est sa dot que son père — y a mise ce matin.

Ce malin, à la paroisse^ — on verra un beau spectacle : — il y a la dot de Marie — en cierges et en chandelles.

{Une autre compagne continue) :

Madame, votre maladie, — je voudrais bien la connaître : — Je ne sais si ce fut une fièvre, — ou réellement une phthisie. — Ah ! quel mal inconnu, — qu'on ne voyait point autrefois.

Duve mai l'ete pigliata Voi la morte, o mia Signora?

Sempre stavate in carrega, 0 usciate a spassu fora ; Ed a voi la vostra mamma Nun vi facia mette tola.

(Ripiglia la Madré)

Questa mane a Sant'Elia Un bel flore eo li presentu Un bel mazzulu li donu Caricu d'ogni ornamentu :

Gon un donu cusi bellu Credu restera cuntentu.

Pregà bogliu la Maria, Pregà bogliu lu Signore, Ghi stamane eo mi ne vada Abbracciata a lu mio flore.

0 Mari, cara di Mamma, Ghi mi crêpa lu mio core !

Mais où donc l'avez-vous pris, — ce mal mortel, ô madame ? — Vous étiez toujours en fauteuil, — et ne sortiez que pour vous promener ; — et ce n'est pas vous que votre mère — aurait laissé mettre la nappe.

(La Mère reprend :)

Ce matin, Saint-Elie — recevra une belle fleur : — je lui offre un beau bouquet, — chargé d'ornements précieux ; — avec un si beau présent, — il sera satisfait, je crois.

Je veux prier la Vierge Marie, — je veux prier le Seigneur — de me laisser partir ce malin — attachée à ma fleur. — 0 Marie, ara- ur de ta mère, — je sens mon cœur se briser !

CIIAPITRK VII. 61

Le to dodcci strapunte Cun le viïitiquattru anelle, Quai è chi le guderà, Flore di le giuvanelle ?

Nun ci resta piu nisunu, Ne fratelli, iiè surelle.

Duve si ne sonu andate Le to giiance culurite, Ch'eranu culor di rosa, Ed or sonu impallidite ?

Oh la ladra di la morte, Ghi l'ha eus! stramurtite !

Morte fammiti venire, E fa ch'ella sia finita :

Eo ti pregu per pietà Chi tu mi tolga la vita, Ghi stamane eo mi ne vada Gu la miô figliola unita.

Lu paese di la Petra Stamane è in cunfusione :

Tes douze matelas, — tes vingt-quatre bagues, — qui donc en jouira, — ô toi tleur des jeunes filles? — Il ne reste plus personne, — ni frères, ni sœurs.

Que sont devenues — tes joues si fraîches? — Elles avaient l'éclat de la rose, — et niaintenant elles sont décolorées ! — Ah ! c'est la mort cruelle — qui les a pâlies !

0 mort, appelle n oi, — et termine mes peines : — je te prie en grâce — de m'ôter la vie, — afin que ce matin je m'e:: aille — en compagnie de ma fille.

Le village de la Pieira, — est, ce malin, plein de confusion : — des

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Pienghienii dirottamente Tutte quante le persone ; E tu, cara di la mamma, Ne si tutta la cagione.

Nun bedi le to cumpagne ?

Per te sô cusi amurose, Chi ti lavanu lu visu Di lagrime dulurose ; E tu le voli lascià Cusi meste ed afFannose !

Chi è andata a coglie i fiori ; Chi è andata a piglià a rosa :

Ti tessenu la ghirlanda Per curunatti da sposa ; Et tu ti ne voli andà Dentru di la cascia chiosa î

Quandu tu surtii di casa, Tu spargevi moltu odore Cu li to voni custumi, Chi lampavanu splendore.

La morte ti s'ha pigliatu In lu to piîi bellu fîore.

torrents de larmes coulent des yeux — de fous ses habilants ; — et c'est toi, amour de fa mère, — qui en es seule la cause.

Ne vois-tu pas tes compagnes? — Elles ont tant d'amour pour toi, — qu'elles te baignent le visage — de larmes douloureuses ; — et toi lu veux les laisser — si tristes et pleines n'angoisse !

Les unes sont allées cueillir les fleurs des champs, — les autres soni allées prendre des roses ; — elles tressent une guirlande, — pour le couronner comme épouse ; — et loi lu veux parlir, — enfermée dans le cercueil !

Quand lu sortais de la maison, — lu répandais un grand parfum, — le parfum de les bonnes mœurs, — qui rayonnaient aulour de loi.^ — Lu mort l'a enlevée — dans la plus belle Heur.

CIIAPITHE VII. 63

Quantii ci sera suspiri, Oh, qiiaiitu ci sera pienti, Quand'elli la senteranu Tutti li nostri parenti !

Ma mm la pieiighimmu più ; Surtimmu di stii dulore ; Chi la nostra Mariuccia Or è sposa d'u Signore :

Sera ricevuta in Gelu Stamane cun tant'onore.

Seiitu di ora pro ea Intornu a Santa Maria ; Perché avale arriva in piazza, Figliola, la cumpagnia, E ti volenn purtïi In chiesa di SanfElia.

Or eo vu r ri a fa là

Cun tutte a lu campu santn :

Ma nun ci possu arriva,

Chi nun possu reghic a tan tu :

Solu ti vogliu manda

Dairocchi un fiume di pian tu.

Combien il y aura de soupirs, — combien il y aura de larmes, — quand celle nouvelle — arrivera à nos parenis!...

Mais ne la pleurons plus ! — Faisons Irève à cette douleur, — car noire petite Marie — est maintenant l'épouse du Seigneur; — elle sera reçue au ciel — ce malin avec grand honneur.

J'entends dire ora pro ea — autour de Sainte-Marie ; — cor maintenant la confrérie — arrive sur la place, ô ma fille; — et ils veulent te porter — à l'église de Saint-Elie.

Et moi je voudrais descendre — avec elles au cimetière ; — mais je ne pourrais y arriver, — je n'en aurais pas la force. — Seulement je veux l'envoyer — de n;os yeux un iorrenl de larmes.

VOCERO D'UNA GIOVINEÏTA PER L'OMICIDIO DEL PADRE (Dialetto del di qua da' monti)

Eo paitii dalle Galanche Circa quattr'ore di notte :

Mi ne falgu eu la teda A circà per tutte l'orte, Par truvallu lu miô vabu :

Ma l'avianu datu morte.

{Sopravviene un'altra giovine, che cerca un parente ticciso, e scorgendo il cadavere, lo crede quello del mo caro, e si ferma per incominciare il lamento ; ma la prima le dice) :

Gullatevene più in su, Ghi truverele a Matteju ; Perché questu è lu miô vabu, E l'aghiu da pienghie eju

Vocero d'une jeune plie sur la mort de son père assassiné (Dialecte du deçà des monts).

Je pars des Calanche — vers onze heures du soir, — je descends avec un flambeau de pin, — et visite Ions les champs — à la recherche de mon père : — mais ils lui avaient donné la mort.

(Survient une autre jeune fille, qui cJmche un parent assassiné ; en apercevant le cadavre, elle croit que c'est celui de son parent, et s'arrête pour commencer son lamento ; nuiis la première lui dit) :

Allez vous en plus haut, — et vous trouverez Mathieu ; — car celui-ci est mon père, — et c'est moi qui dois le pleurer

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