‹ Histoire des CorsesChapitre 255 sur 408 · VOCERO DI NUNZIOLA PER LA MORTE DEL MARITO · texte numérisé non relu

VOCERO DI NUNZIOLA PER LA MORTE DEL MARITO

(Dialetto del dilà da' monti).

0 lu me' Petru Francescu, Capu di li me' mini !

Erati voi lu me'fiori, La me'rosa senza spini ; Erati lu me' gagliardu Da li monti a li marini.

E' v'avvingu 'ncu li pedi, E v'alli.sciu 'ncu li mani.

Erati lu me' maritu, Erati lu me' spirani.

0 lu me' Petru Francescu, Principiu di li me' mali !

Vocero de Nunziola siii' la mort de son mari. (Dialecte du delà des monts).

0 mon Pietro Francesco^ — source de ma ruine ! — Vous étiez ma fleur, — ma rose sans épines ; — vous étiez mon vaillant cœur, — connu de la montagne à la plaine.

Je vous enlace de mes pieds, — je vous caresse de mes mains ; — vous étiez mon mari, — vous étiez mon espoir. — Oh, mon Pietro Francesco, — devenu la cause de mes douleurs !

CErAPITOK VII. 67

La me' navi in altu mari, Quilla clii sta per sbarcani ; Ma ni veni la burasca, E nun pô portu pigliani ; Gu li so belli tisori Si ne va a naufragani.

0 Grisciô, la me' figliola, Béni qui duv'è babani :

Dilli tu ch'in Paradisu Par te Diu bogliu pricani Chi tu abbi migliô sorti Chi quilla d'à to mammani.

Erati la me' culonna, Erati lu me' puntellu ; Erati la me' grandczza ; Erati lu me' fratellu !

La me' perla orientali, Lu me' tisoru più bellu !

Lu me' aranciu culuritu, Oh lu me' raru decoru ; Lu me' bicchieri d'arghientu

Mon navire en pleine mer, — qui est près d'atteindre le port ; — mais survient la bourrasque, — et il ne peut aborder ; — et avec ses beaux trésors, — il s'en va sombrer.

Viens, ô Grisciô ma fille, — viens ici où est ton papa ! — Dis-lui qu'au paradis — il veuille prier Dieu pour loi, —afin que tu aies une destinée meilleure ~ que celle de la maman.

Vous étiez ma colonne ; — vous étiez mon soutien ; — vous étiez ma grandeur; — vous étiez mon frère, — ma perle orientale, — mon trésor le plus beau.

Mon orange brillante, — ma noble parure, — ma coupe d'argent, —

Ripiumatu tuttu in oru ; Lu me' piattu signurili, Ma colmu di lu me' dolu !

Prima chi lu vostru nomi Mi voglia dimenticani, Bogliij chi H me' du' occhj Toniinu dui funtani :

Eo lu me' Petru Francescu Sempre lu vogliu chiamani.

La me' armi viulenti, La me' spada sopraffina !

Oh li me'tristi talenti, La me' ultima ruina !

Vo' pariati a li me' occhj Una vêla a la marina.

M'era attaccata a li voti Par francabi da la morti :

(oute parsemée d'or, — mon vase précieux, - mais rempli de mes douleurs.

Avant que votre nom — sorte de ma mémoire, — je veux que mes deux yeux — deviennent deux sources de larmes ; — et mon Pietro Francesco, je veux toujours l'appeler,

0 mon arme redoutable, — ma lame finement trempée ! — Ah, mon triste sort, — et ma dernière ruine ! — Vous apparaissiez à mes yeux — comme une voile sur la mer.

J'avais fait des vœux à Dieu — pour vous préserver de la mort ; — mais,

Page 1