CHAPITRE VII
0 figliola, lu to visu Cusi biancu e rusulatu, Fattu pc lu paradisu, Morte cumme l'ha cambiatu !
Quand'eo lu vécu cusi,
Mi pare un sole oscuraLu.
Eri tu tra le migiiori E le più belle zitelle, Cumme rosa tra li fiori, Cumme kina tra le stelle :
Tant' eri più bella tu Ancu in mezzu a le più belle.
1 giovani d'u paese Quandu t'eranu in presenza, Parianu fiaccule accese, Ma pieni di riverenza.
Tu cun tutti era curtese, '
Ma cun nimmu in cunfidenza.
Nu la jesa tutti quanti Dall'ultimu fniu a u primmu, Guardavanu solu a te,
0 ma fille, ton visage — si blanc et si rose, — fait pour le paradis, — combien la mort l'a changé ! — quand je le vois ainsi, — il me semble un soleil voilé.
Tu étais parmi les meilleures — et les plus belles jeunes fdles, — comme la rose parmi les fleurs, — comme la lune parmi les étoiles : — tellement tu étais belle, — même au milieu des plus belles.
Les jeunes gens du village, — quand ils élaient en ta présence, —semblaient des flambeaux allumés, — mais se montraient pleins de respect; — et toi, tu étais courtoise envers tous, — mais familière avec personne.
Dans l'église, tous, — du premier jusqu'au dernier, — ne regardaient
Ma tu nun guerdava a nimmu ;
E appena dettu la messa,
Mi dicii : « Mammà, pertimmu !
Eri tu cusi stimmata, E cusi piena d'onore, E poi cusi adduttrinata Nelle cose d'u Signore, Altru che divuzïone Nun ti si truvava in core.
Chi mi cunsulerà mai,
0 speranza di a to mamma,
Avà chi tu ti ne vai
Duve u Signore ti chiamma ?
Oh ! perché u Signore anch'ellu
Ebbe di te tanta vramma ?
Ma tu ti riposi in Celu, Tutta festa e tutta risu, Perché unn'era degnu u mondu D'avè cusi bellu visu.
Oh quantu sarà più bellu Avale lu paradisu !
que toi seule. — Mais toi, tu ne regardais personne; — et à peine la messe finie, — tu nrïe disais : « Maman, parlons ! »
Tu étais si estimée, — et si pleme d'honneur, — et puis si instruite — dans les choses du Seigneur ! — On ne trouvait que dévotion — au fond de ton cœur.
Qui donc me consolera, — ô espoir de ta mère, — maintenant que tu t'en vas — où le Seigneur t'appelle ? — Oh ! pourquoi le ^.eigneur luimême — eut-il de toi un si grand désir?
Mais tu te reposes au ciel — au milieu des ris et des fêtes, — car le monde n'était point digne — de posséder un si beau visage. — Oh, combien maintenant — le Paradis sera plus beau !