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CHAPITRE VII

Avà si ch'era lu tcmpu D'annù peima e timparinu, E se un basta italianu, Scrive franccse e latinu.

Tu pudii cullacci a Sorru, A fa u medicu a Gainu !

(Un altra cugina del dejunto venendo all'incontro interloquiscé) :

Quandu pensu a u me' cuginu, Sentu cripà lu tarrenu ; Quandu e' pensu alla so morte, Mi sentu junghie lu tremu.

Animu, i me' paesani, Ghi bo' nun benghite menu.

Era questu lu culombu In mezzu a quattru fratelli ; Era cercu da' fresteri, Caru di li puvarelli.

Quandu falava in paese, Garcavanu li purtelli.

Ah, c'était bien ici le moment — de s'armer de plume et de canif; — et si l'italion ne suffisait pas, — d'écrire en français et en latin... — Ah! tu pouvais aller là-haut à Soro — servir de docteur à Gain.

(Une autre cousine du défunt vient à sa rencontre, et prend la parole ainsi) :

Quand je songe à mon cousin, — je sens la terre s'ouvrir sous mes pieds ; — quand je songe à sa mort, — je me sens prise d'un tremblement. — Allons, mes compatriotes, — ne vous laissez point abattre !

C'était lui mon doux ramier — au milieu de ses quatre frères, — recherché des étrangers, — chéri des pauvres gens. — Quand il descejidait au village, — les fenêtres se chargeaient de monde.

Oh l'infamu di Natale !

Più d'un cane ell'era tristu, Ghi tradi lu so duttore, Cumme Ghiuda tradi a Gristu Sopra u so sangue, lu latru, Si cridia di facci acquistu.

Ma lu sangue di Matteju Inbindécu un pô passa L'avete tombu innucente ; Lu duviate lascià stà.

Se un bidissi la vindetta, Mi vurria sbatizzà.

{Ripiglia la prima donna) :

Ma lu sangue di Matteju Sarà prestu vindicatu :

Qui ci sô li so fratelli, I cugini e lu cugnatù ; E se questi un basteranu, Gi sera rimpaœntalu.

Oh, l'infâme Natale ! — Plus misérable qu'un chien, — iJ a trahi son médecin, — comme Judas a trahi Jésus. ~ Ah, le brigand s'imaginait — tirer parti de son sang.

Mais le sang de Mathieu — ne peut pas rester sans vengeance. — Vous l'avez tué innocent; — vous deviez le respecter. — Si je ne le voyais venger, — je voudrais me débaptiser.

(La première femme reprend) :

Le sang de Mathieu — sera vile vengé. — Nous avons ici ses frères, — son cousin et son beau-frère ; — et si ceux-là ne suffisent pas, — il y aura tous les parents.

CIIAl'ITUE VII. i09

{Mentre il convoglio funèbre attraversa un villaggio di quoi di Soro in su, un ahitante del luogo offre a tutti una piccola refezione ; ma la donna ripiglia) :

Or da voi da Sorru in su Un bulemmu lu cunfortu :

Noi v'avemmu rigalatu, Boi ci avete fattu toitu ; U v'avemmu datu vivu, E lu ci rendite mortu.

Or magtiate u vostru pane, E biite u vostru vinu ; Noi di questu un ne vulemmu, Ma di lu vostru sanguinu, In bindetta di lu nostru, Chi l'avemmu a lu strascinu.

Unn' è que' lu paisdcciu, Chi ténia lu me' cuginu?

Gh'ella ci scappi lu Ibcu E nun ci abiii p'ù ni mu !

(Pendant que le convoi funèbre traverse Vun des villages au-dessus de Soro, un habikml du lieu offre à tous une petite réfection; mais la femme continue) :

Ce n'est pas de vous qui habitez au-dessus de Soro — que nous voulons recevoir le conforlo ; — nous vous avons fait un [.résent, — vous nous avez fait injure; — nous vous l'avons donné vivant, — vous nous le rendez mon.

Mangez donc votre pain, — et buvez voire vin ! — Ce n'est pas ce que nous voulons: — nous demandons de voire sang, — pour venger le nôtre — qui baigne tous les senliers.

N'est-re pas le maudit pays — qui retenait mon cousin ? — Que le feu le consume, — qu'il n'y reste plus un habitant !

(Una vecchia) :

Acchitatevi, o sureile, E tînite stu rumore :

Matteju un bole bindetta :

Ghi sta in celu c'u Signore.

Or guardatela sta bara ; Mirate, sureile care, Ci sta sopra Jesu Gristu, Ghi c'insegna a perdunane :

Un spignite li vostri omnii ; Abastanza è torbu u mare ; Perch' avale emmu d'avè, E po' avriamu da dane.

{Une vieille répond) :

Paix, mes sœurs ! — Cessez ce bruit : — Mathieu ne veut point de vengeance ; — car il est au ciel avec le Seigneur.

Regardez-donc cette bière ! — Voyez, chères sœurs, — là- dessus est l'image de Jésus-Christ — qui nous apprend à pardonner. — Ne poussez pas vos hommes, — la mer est déjà assez troublée ; — aujourd'hui, nous avons à prendre; — demain, nous aurions à donner.

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