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IN MORTE DI CHILINA DI CARCHETO D'OREZZA

Vocero délia madré.

Este dettu lu rusariu, E mi sonu ripusata ; Sonu junte le signore Qui per bede a miô spusata.

0 Chili, cara di mamma, La miô vella e spimpillata !

Oh più biaiica di la neve !

0 più scelta di lu risu !

U so corpu è nantu a tola, E u so fiatu in paradisu.

0 Chili, cara di mamma, M'hai lecatu all'improvisu !

Sur la mort de Chilina de Carcheto d'Orezza. Vocero de la mère.

On a dit le rosaire, — et je me suis reposée ; — les dames sont venues

— voir ici mon épousée. — 0 Chili, amour de la mère, — ô ma belle et radieuse enfant.

Plus blanche que la neige, — plus précieuse que le riz ! — Son corps est sur la tola, — et son âme au paradis. — 0 Chili, amour de ta mère,

— tu m'as laissée à l'improviste !

Oh lu miô jallu di notte !

Oh culomba di matina !

Nun si desta più stamane A miô voua e paladina ; Sô finite tutte ochie Le vunezze di Ghilina.

Ella un mi mandava a legne, A mulinu, ne a funtana ; Perché a me la miô figliola Mi ténia da piuvana.

L'ha levata da stu mondu Or la morte subitana.

Indeh ! la miô mani-vella !

Oh diti-dignucculata, Quand' ella facia l'ancrocca, E l'incrocca e la curata !

Ahi, la ladra Pedanella Gusi in furia a s'ha pigliata !

Ch'eju avessi a resta sola Gusi prestu un la cridia !

Oh, quantu chi fera festa,

Mon coq vigilant ! — Ma colombe matinale ! — Elle ne se réveille plus ce matin, — ma bonne et vaillante fille ! — Elles ont toutes disparu aujourd'hui — les vertus de ma Ghilina.

Elle ne m'envoyait ni au bois, — ni au moulin, ni à la fontaine, — parce que ma fille — me traitait comme une dame. — Elle a été ravie de ce monde — par une mort seudanie.

Que l'on admirait ses mains blanches, — et ses doigts sveltes, — quand elle nouait le fil au fuseau, — ou allongeait l'étoupe de la quen'^uille !.. — Ah, la mort rapace et prompte, — elle me l'a si tôt enlevée !

Je ne croyais pas devoir — si vite rester seule ! — Oh ! combien se

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