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CHAPITRE VII

Quanta clii fera allegria Annadoa, pegnii di mamma, Ghi Ji mandu cumpagiiia.

Duv'cU'ha d'aiidà Ghilina Or este un pessimu locu :

Gulà un ci nasce mai sole, Un ci s'accende mai focu.

0 Ghili, cara di Mamma, Un ti videraghiu in locu.

Tu nun anderai più a messa, A rusariu, ne a duttrina, 0 Ghill, cara di mamma, A miô vella e paladina.

Oh quantu chi mi dispiece Ghi mi lechi dummatina !

{Una donna entrando nella sala ov'è la dcfunta) :

0 via rizzati, o Ghili, Gh'a jumeiita este insellata:

Gullemmucine a Garchetu

réjouira, — combien montrera d'allégresse — Annadea, mon enfant chérie, — à qui j'envoie une compagne !

Le lieu où ira Chilina — est un lieu plein de tristesse : — le soleil n'y luit jamais ;— jamais on n'y allume du feu. — 0 Chili, amour de la mère, — je ne te reverrai plus nulle part.

Tu n'iras plus à la messe, — au rosaire, au catéchisme. — 0 Chili, amour de ta mère, — ma belle et vaillante fille. — Oh ! combien je regrette — que tu me quittes demain matin !

{Une femme entrant dans la salle où est la morte) : Lève-toi donc, (ihilina ! — la jument est sellée. — Montons à Carchefo —

lU

Diive tu sarai spusata :

Ghi le publiche sô faite, E pronta è la cavalcata.

Un ti movi, un dici nunda, Ed a nimmu più nun bedi ?

Thanu liatu le mani, T'hanu liatu li pedi ; Disciuglimmuli, o surelle, Ch'ella merchia Milinteri.

{Uualtra donna) :

Zitta, zitta, o Maddalè, Gh'eo li vogliu fa una chiamma Ella rispunderà a me, Forse più ch'a la so mamma, Ghi pienghiendu a lu so capa Gusi dulente si lagna, ecc. ecc.

où tu dois te marier ; — les publications sont faites, — et la cavalcade est préparée.

Tu ne bouges pas, tu ne dis rien, — et ne vois plus personne ? — On t'a attaché les mains, — on t'a attaché les pieds. — Délions-les, mes sœurs, car elle aime bien à marcher.

{Une autre femme) :

Chut, Chut, ô Magdeleine ! — c'est moi qui vais l'appeler ; — et elle me répondra — plus volontiers peut-être qu'à sa mère, — qui p'eure là à son chevet, — et si tristement se lamente, etc., etc.

CflAPITRK VII. AAK

Je trouve une grande analogie entre le dialecte corse et cem du Traastevere de Ron.e. Mais un caractère commun à tous les dialectes italiens, c'est la suppression de la désinence « de l'mfmitif des verbes et aussi le fréquent changement do 1/ en r. On dit même quelquefois en Corse si,Jra au heu de sorella. Le Corse remplace, en général, la voyX onore« par la sourdes. Certains philologues pensent que ce d.alecle est l'un des plus purs de l'Italie. C'est en particulier 1 opinion exprimée par Tommaseo dans son recueil de chants populaires toscans, corses et grecs, où figurent aussi

uLZ"\r" 'u TT ''■^P"'^'^"™^' «-ais passablement t onques II y appelle le Corse un idiome puissant et l'un des plus Italiens de l'Italie. Ce dialecte me semble de l'or pur compare aux patois piémontais, lombard et bolonais Parles complaintes que je viens de citer, on aura vu que la langue vulgaire des Corses ne manque pas non plus de grâce ni de uoucGur.

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