PARMI LES CHEVRIERS DU MONTE-ROTONDO
. . . tomô un puno de bellotas en la rnano, y mirandolas atentamente sollô la vozasemejantes razones : Dichosa edad y siglos dichosos aquellos a quien los antiguos pusieron nombre
de dorados
Cervantes (Don Quichotte).
Je m'étais proposé de faire l'ascension du Monte-Rotondo. C'est la montagne la plus haute de la Corse (1) : située à une journée de voyage au sud-ouest de Corte, elle est pour ainsi dire le point central de l'île. Quoiqu'on m'eût représenté l'excursion comme très pénible, je me décidai à l'entreprendre, comptant bien trouver, par un temps clair, un ample dédommagement à mes fatigues. Je tenais surtout à jeter un coup d'œil dans les mœurs primitives des bergers.
Je louai donc un guide et un mulet et, muni de pain et de quelques gourdes de vin, le 28 à l'aube j'enfourchai ma monture, et m'enforçai dans les montagnes. Le chemin, qui n'est autre qu'un sentier de bergers, traverse la vallée de la sauvage Restonica, depuis l'endroit où la rivière débouche dans le Tavignano, tout près de Corte, jusqu'à sa source, au sommet
(1) D'après les dernières mesures, ce serait le Monte-Ginto.