‹ Histoire des CorsesChapitre 311 sur 408 · ENFANCE DE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

ENFANCE DE NAPOLÉON

Je suis aussi un homme mortel — comme les autres, né — de la race du premier homme créé.

{Sagesse de Salomon).

On aime à se représenter le génie aux premières années de son existence, alors que, perdu dans la foule, il vit encore sans destinée. On voudrait reconnaître chez l'enfant les traits de l'homme ; mais l'enfance est un mystère insondable qui cache également l'ange et le démon, et nul ne saurait y découvrir la secrète puissance qui viendra plus tard arracher des profondeurs où elles sommeillent ces créations merveilleuses pour les jeter au sein du temps.

J'ai vu aux Uffizii de Florence le buste en marbre d'un enfant. Attiré par son innocent et gracieux sourire, je m'en approchai avec joie... ; le socle portait le mot : Néron.

Les premières années de Napoléon ne sont pas bien connues. Le jour de l'Assomption, sa mère, se trouvant à l'église, ressentit les douleurs de l'enfantement. Elle rentra chez elle ; mais elle n'eut pas le temps d'arriver à sa chambre, et accoucha dans un petit cabinet, sur un tapis qui représentait, dit-on, des scènes de l'Iliade. Sa belle-sœur Gertrude lui servit de sage-femme. Lorsque Napoléon vint au monde, il était 11 heures du matin.

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