CHAPITRE XVIL
Sampiero diplomate à la cour de France. Il se rend en Corse (i 564), pour se mettre à la tête des troupes nationales; sa victoire à Vescovato sur Niccolà Negri ; il résiste à Stefano Doria ; faibles secours de la France. — Lettres de Sampiero adressées à divers souverains.
La cour de France le reçut froidement. Il dut essuyer les murmures des courtisans, qui l'évitaient et le condamnaient ne se couvrant eux-mêmes du masque de la vertu. Mais Sampiero n'était pas homme à se laisser intimider par des courtisans, et la cour de Catherine n'était pas le tribunal où pouvait se juger un crime commis par l'un des hommes les plus marquants du siècle. Catherine et le roi oublièrent le meurtre de Vannina, mais ne firent plus que des vœux stériles pour la délivrance de la Corse.
Après avoir épuisé tous les moyens diplomatiques et perdu l'espoir d'être soutenu par une puissance étrangère, Sampiero prit la résolution de ne plus chercher désormais sa force qu'en lui-même et dans son peuple. C'est pourquoi, il écrivit à ses amis qu'il viendrait délivrer sa patrie ou mourir. « C'est à nous, leur dit-il, de tenter un dernier » effort pour arriver au bonheur et à la gloire d'une com- » plète indépendance. Nous avons frappé aux portes des » cabinets de France, de Navarre et de Gonstantinople. Si » nous ne devons prendre les armes que le jour où nous » recevrons des secours de la France ou de la Toscane, » pour longtemps encore notre pays sera esclave. Et d'ail- » leurs, quel serait le prix d'une indépendance qui nous