‹ Histoire des CorsesChapitre 325 sur 408 · DERNIERS ÉVÉNEMENTS DE LA VIE DE NAPOLÉON EN CORSE · texte numérisé non relu

DERNIERS ÉVÉNEMENTS DE LA VIE DE NAPOLÉON EN CORSE

En 1791, deux bataillons de garde nationale s'organisèrent dans l'île. Napoléon concourut pour une place de commandant ; et il est curieux d'observer quel grand prix le futur empereur attache à sa nomination, qu'il regardera comme un bonheur inespéré. Les difficultés étaient grandes : il avait à lutter contre les hommes les plus considérables de la ville, Cuneo, Lodovico Ornano, Ugo Peretti, Matteo Pozzo-di-Borgo et l'opulent Mario Peraldi. Ce dernier le tourna même en ridicule, et le plaisanta sur sa taille et sur ses faibles chances de succès. Napoléon, furieux, lui envoya un cartel qui fut accepté ; puis, il se rendit à la Chapelle des Grecs, lieu du rendez-vous, où il resta jusqu'au soir en arpentant le terrain avec impatience ; mais son adversaire ne parut point.

Près de cette Chapelle s'élève un petit temple ionien ; comme j'en demandai la signification, on me dit que c'était le tombeau de Mario Peraldi. C'est donc là qu'est enterré le rival de Napoléon ! Il n'a eu d'autre gloire que d'avoir appartenu à l'une des familles les plus riches de la Corse.

Madame Letizia sacrifia la moitié de sa fortune pour obtenir à son fils chéri ce grade de chef de bataillon. Sa maison était toujours ouverte, sa table toujours mise pour ses nombreux amis ; la nuit, on étendait des matelas dans les chambres pour les recevoir. Tous étaient armés : on vivait en état de vendetta. Jamais Napoléon ne fut aussi agité qu'à ce

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