‹ Histoire des CorsesChapitre 333 sur 408 · POZZO-DI-BORGO · texte numérisé non relu

POZZO-DI-BORGO

La maison où Murât fugitif alla autrefois se loger à Ajaccio est devenue un palais ; et l'armoirie qui en surmonte le portail nous apprend qu'il appartient aux Pozzo-di-Borgo. Il se trouve dans la Rue du Roi de Rome. Après les Bonaparte, les Pozzo-di-Borgo sont les plus illustres personnages que cette ville ait produits : appartenant à une noblesse ancienne, ils s'étaient, bien avant les premiers, fait un nom dans l'histoire de leur île. Au seizième siècle ils se distinguèrent au service des Vénitiens. Le poète corse Biagino di Leca qui, dans un poème épique, L'Ornano Marte, a célébré les exploits d'Alphonse Ornano, parle avec éloge de plusieurs Pozzo-di-Borgo et prédit à leur lignée une gloire immortelle.

Cette famille a acquis une importance européenne par le comte Carlo Andréa, l'ami de Paoli, l'implacable adversaire de Napoléon. Il était né à Alata près d'Ajaccio. Comme Charles Bonaparte, il avait fait ses études à l'université de Pise, et s'était signalé en Corse d'abord par ses idées démocratiques et révolutionnaires, puis par son attachement à Paoli. Elu en. 1791 député d'Ajaccio, il devint plus tard procureur syndic dans son pays, le bras droit de Paoli. Lorsque la Corse se fut unie à l'Angleterre, cet habile diplomate arriva à la présidence du Conseil d'Etat sous le vice-roi Elliot ; et en cette qualité, il chercha, dit-on, à grandir son

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