CHAPITRE VIII
« La désertion est punie de mort, s'écria-t-il ; ainsi le veut la loi. »
Le vieillard se leva, et s'éloigna en soupirant.
Il retourna aux remparts, à la place où les parents l'attendaient avec l'infortuné Joseph.
« Tout a été vain ! dit-il ; mon fils, il faut que tu meures. Meurs en brave, adieu ! »
L'enfant se mit à pleurer ; puis il se résigna. On alla chercher un prêtre pour le confesser, et lui donner les secours de la religion.
C'était justement l'heure où les deux grenadiers mouraient sous les verges. Le pauvre Joseph alla se placer avec calme contre les remparts. Les parents firent feu, et il tomba foudroyé.
Son vieux père prit alors les quatre louis qu'il donna au prêtre en s'écriant : « Allez chez le commandant, et diteslui : « Monsieur, nous sommes de pauvres et honnêtes bergers ; nous vous rendons le prix de Judas, après avoir fait justice de celui qui l'a reçu de vos mains. »
Sainte est la loi de l'hospitalité. La violer, c'est devenir, devant Dieu et devant les hommes, un Gain.
On conserve toujours à Alata et à Ajaccio le souvenir le plus vif de l'action magnanime accomplie en 1794 par une femme de la famille Pozzo-di-Borgo. Je vais la raconter aussi.