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CHAPITRE IV

(( Les fils de ton ennemi, lui disait-il, ne sont-ils pas voués à la vendetta ? Frappe, Orso-Paolo, éteins le dernier espoir de la maison des Grimaldi. »

Orso se pencha sur la gracieuse créature : ses yeux brillaient d'un horrible désir de vengeance. Les flammes répandaient sur lui, sur l'enfant, sur la chambre une rouge lueur et semblaient les teindre de sang. Il se pencha sur Francesco qui pleurait,.... mais soudain il le souleva dans ses bras, le pressa violemment contre son cœur, le couvrit de ses ardents baisers. Puis il l'emporta hors de la chambre, et chercha encore, au milieu des flammes, un endroit où il pût s'abriter avec lui.

A peine la maison se fut-elle écroulée, qu'on entendit des conques marines retentir près du village : c'étaient les Vincenti qui s'avançaient. A la nouvelle du danger d'Orso-Paolo, tous ses parents et amis de Castel-d'Acqua étaient accourus pour le sauver. Les Grimaldi, quittant alors le théâtre de l'incendie, se réfugièrent dans la maison où se trouvaient réunis Ruggero, sa femme et son fds Antonio.

Il se passa un terrible quart d'heure.

Tout à coup, sur la Place d'Olmo, retentissent des acclamations joyeuses, et les cris mille fois répétés de Evviva Orso-Paolo ! La mère d'Antonio court à la fenêtre, pousse une exclamation de joie, et se précipite hors de la porte ; Ruggero et les femmes la suivent.

Au milieu des acclamations de la foule s'avançait Orso- Paolo rayonnant de bonheur, serrant le petit Francesco dans ses bras, couvert de cendre, noirci par la fumée, les vêtements roussis par la flamme. Il s'était sauvé avec l'enfant sous la voûte de l'escalier.

L'épouse de Ruggero vole à sa rencontre; elle se jette sur son sein ; elle enlace son fils et Orso-Paolo dans un embrassement d'un ineffable bonheur.

Ruggero tombe à genoux devant son ennemi, dont il baise

les pieds en sanglotant, et le prie ainsi que Dieu de lui pardonner.

« Lève-toi, mon ami Grimaldi, lui dit Orso-Paolo ! puisse le ciel nous pardonner comme nous nous pardonnons aujourd'hui ! Ici, devant le peuple d'Olmo, jurons-nous une éternelle amitié ! ))

Les ennemis se jetèrent dans les bras l'un de l'autre, et le peuple cria joyeusement : Evviva Orso-Paolo !

Quelque temps après, Antonio guérit de sa blessure ; et le peuple d'Olmo fut tout en fête un soir que, réunis en un banquet solennel, les Vincenti et les Grimaldi célébrèrent ensemble l'heureux événement de leur réconciliation. Leurs maisons se parèrent de paisibles rameaux d'olivier, et l'on n'entendit partout que le tintement des verres et les joyeuses détonations des fusils mêlées aux sons des mandolines et des violons.

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