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CHAPITRE IV

Stipulé dans les clauses de l'élection. Cependant les Corses lui restèrent deux ans fidèles. Dans son désespoir, ce brave peuple avait demandé un roi, comme les Juifs l'avaient fait jadis pour être délivrés des Philistins. Lorsque Théodore quitta l'île pour la première fois, ils publièrent la proclamation suivante :

a Nous, Don Louis Marquis de Giafferri

et

Don Hyacinthe Marquis Paoli,

Premiers ministres et généraux de sa Majesté

le Roi Théodore, notre Souverain.

» A peine avons-nous reçu les lettres du Roi Théodore notre Souverain que, pour obéir à ses ordres, Nous avons appelé à Corte toutes les populations des provinces, des villages et des châteaux du Royaume pour tenir une Consulte générale. L'assemblée se composait des représentants du deçà et du delà des Monts. Tous ont accueilli avec plaisir et soumission les ordres de Sa Majesté, à qui ils ont renouvelé d'un commun accord le serment de fidélité et d'obéissance dû à leur maître et souverain légitime. Ils ont également confirmé, pour lui et ses descendants, son élection au trône de Corse, suivant les clauses irrévocablement fixées dans la convention d'Alesani.

» C'est pourquoi, Nous faisons savoir à tous ceux qu'il appartiendra et au monde entier. Que Nous garderons toujours une fidélité inviolable à l'auguste personne de Théodore 1er, et que Nous sommes décidés à vivre et à mourir comme ses sujets, et à ne point reconnaître d'autre maître que lui et ses héritiers légitimes. Et de nouveau Nous

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jurons sur les Saints Evangiles de maintenir notre serment

de fidélité en toutes ses parties, au nom du peuple ici

assemblé.

» Et afin que le présent acte ait toute sa force et l'autorité nécessaire, Nous l'avons fait enregistrer à la chancellerie du Royaume, l'avons signé de notre propre main et muni du sceau du Royaume.

)) Donné à Gorte, le 27 décembre 1737. »

Des déclarations analogues se reproduisirent en 4739, au moment où Théodore débarqua de nouveau en Corse au miheu de la foule joyeuse accourue sur le rivage pour l'acclamer. Dans cette circonstance le roi faillit être brûlé vif. Le capitaine de son navire (un Allemand du nom de Wigmannshausen), corrompu par l'or des Génois, avait promis à ces derniers de faire sauter le vaisseau ; et déjà il prenait des dispositions pour mettre le feu aux poudres, lorsque Théodore, qui s'était réveillé plusieurs fois la nuit à l'idée qu'il périssait dans les flammes, songea à pénétrer avec ses domestiques dans la cabine du capitaine. Wigmannshausen, surpris au milieu de ses préparatifs, fut condamné au supplice du feu qu'il voulait infliger aux autres ; puis le roi, revenant sur sa première décision, ordonna qu'on pendît le coupable aux vergues du navire, ce qui fut exécuté sur le champ. Pendant son règne éphémère, Théodore eut donc lui aussi à subir un attentat.

Nous savons quel sort l'attendait dans son royaume. Après avoir vainement essayé de reconquérir le trône, il retourna en Angleterre, laissant derrière lui, comme un rêve, les années merveilleuses qu'il avait passées dans son île sauvage, la couronne sur la tête, le sceptre à la main, entouré de chevaliers, de marquis, de comtes et de barons, avec un chancelier et un garde des sceaux à ses côtés. Et tout d'un coup il

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