‹ Histoire des CorsesChapitre 399 sur 408 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

mon voyage. A gauche, s'élèvent les hauteurs de Borgo, arrosées du sang des patriotes : c'est là que les Corses ont remporté leur dernière victoire sur les étrangers.

Au-delà brille le paisible étang de Biguglia, que domine le village de ce nom, l'ancienne résidence des gouverneurs génois. Son château est complètement détruit.

Avant d'arriver à Bastia, on rencontre un dernier village : c'est Furiani. Sa noire forteresse n'offre plus que des débris où le lierre et la blanche clématite étendent leur tapis de luxuriante verdure. De là le regard se porte encore vers l'aimable plaine du Golo, et vers les montagnes bleues qui de l'intérieur de l'Ile semblent avec leurs voiles de brume me donner le signal du départ.

Une belle excursion est maintenant terminée. Le voyageur s'arrête pensif, et remercie joyeusement la divine Providence de l'avoir guidé et soutenu dans ses pérégrinations. Et pourtant, mon cœur se serre au moment de dire adieu à cette île merveilleuse. Elle est devenue pour moi une amie. Ses vallées paisibles avec leurs grands bois d'oliviers, ses golfes enchanteurs, ses montagnes éthérées avec leurs sources fraîches et limpides et leurs vertes couronnes de pins, ses villes et ses villages avec leurs habitants hospitaliers ont laissé à mon esprit et à mon cœur des souvenirs ineffaçables et me rattachent à eux par les doux liens de l'hospitalité.

Un Corse couché là-bas à l'ombre d'un antique olivier me présente encore une fois l'image de son peuple et de son pays.

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