‹ Histoire des CorsesChapitre 5 sur 408 · CHAPITRE m. Ij · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. Ij

de nos jours ; les uns sont bien conservés ; d'autres, quoique altérés, peuvent aisément se reconnaître.

Les historiens de l'antiquité nous ont aussi laissé quelques notices sur la condition de l'Ile à cette époque, ainsi que sur le caractère de ses habitants. Je les résume simplement Ici, parce qu'il me semble curieux de comparer ces jugements avec ceux des écrivains du moyen-àge et des temps modernes.

Strabon dit : « La Corse est un affreux séjour. » Comme elle est Inculte et presque totalement dépourvue » de chemins praticables, les montagnards y vivent de )) rapine et sont plus Indomptables que les bêtes fauves, j) Lorsque les généraux romains font une expédition » contre ces Insulaires et les attaquent dans leurs retran- » chements, Ils ramènent toujours à Rome un grand

» nombre d'esclaves, et l'on est alors surpris de voir leur » sauvagerie et leur complète brutalité. Ou Ils s'arrachent » eux-mêmes la vie, ou bien ils fatiguent tellement leur » maître par leur orgueil et leur stupidité, qu'on se repent » toujours de la somme dépensée, quelque minime qu'elle » soit d'ailleurs. »

Dlodore dit : « Pendant tout le temps que les Tyrrhé- » nlens possédèrent les villes de la Corse, Us exigèrent

des habitants un tribut en résine, en cire et en miel, » produits que l'Ile offre en abondance. Les esclaves corses,

d'excellente nature, semblent, pour les divers usages de

la vie, préférables à tous les autres. Cette lie Importante » est, en grande partie, montagneuse ; elle est riche en

forêts touffues et arrosée par de petites rivières. Les » habitants y vivent de lait, de miel et de viande, que le » pays fournit largement. Ils pratiquent chez eux les lois » de la justice et vivent avec plus d'humanité que les » autres barbares. Ainsi, lorsque des gâteaux de miel sont » trouvés dans les arbres des montagnes, ils appartlen- » nent sans conteste au premier occupant ; les brebis, » marquées de certains signes, restent à leur maître, sans

» que celui-ci ait besoin de les garder. Dans le reste de la » vie, chacun observe admirablement les règles de la » justice. Toutefois, je noterai chez eux un usage singulier. » A la naissance d'un enfant, le mari ne prend aucun » soin de la femme en couches ; mais, se mettant au lit » à sa place, il garde la chambre pendant quelques jours, w comme un homme souffrant, malade. (') Il y a dans l'Ile » beaucoup de buis, d'une espèce peu commune ; c'est à w cela que l'on attribue la grande amertume du miel. Le » pays est habité par des barbares dont la langue est diffi- )) cile à comprendre. Le nombre des habitants s'élève à )) plus de trente mille, o

Sénèque dit: « Va loin de ces bords, dont. le site » enchanteur et commode invite la foule ; viens sur ces » rives désolées, dans ces iles sauvages, Sciathos et » Sériphe, Gyare et la Corse : tu ne verras aucune terre » d'exil oii quelqu'un ne demeure pour son plaisir. Où » trouver un lieu plus désolé, plus inaccessible de toutes » parts que ce rocher ? plus dépourvu de ressources, » habité par des hordes plus barbares, hérissé d'aspérités » plus menaçantes et sous un ciel plus funeste '? Et cepen- » dant on y rencontre plus d'étrangers que de citoyens. »

D'après ces témoignages, il est permis de croire que la

(1) La Nuova Antologia du 15 novembre 1880 a publié sous le titre de « Le donne chr, governano » une étude de M. Attilio Brunialti, où se trouve, à la page 275, le passage suivant :

a Mentre atlraversavo nel settembre di quesl'aniio le provincie basche, mi venue proprio assicurato, corne avevo letlo ed iidito, che quei forti montanari covano i nronali, menlre la puerpera attende aile cure délia famiglia, e ricevono con fatuo orgoglio le congratulaziom del vicinato, corne se iavessero proprio partorito loro. Si sa, d'altronde, cliei Caraibi si mettono a letto appena la moglie è colla dai dolori, e gridano e fanno smor/ie, sino a che, liberaia quella, tutti complimenlano il niarito délia sua fnrtunata liberazione. Gli Algonctiini, durante il puerpcrio, slanno in dieta, e se uno straniero li visita, giurano clie il figliuolo l'hanno fatto loro ; le stesse scène ci hanno descrilto Livingstone e Stanley ed altri viaggtalori dell'Africa. u

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