CHAPITRE III. M
Corse était jadis une île assez inculte, dont les forêts vierges constituaient à peu près l'unique richesse. Quant aux exagérations de Sénèque, elles sont évidentes, et s'expliquent d'ailleurs par sa pénible situation. Strabon et Diodore sont d'an avis contraire sur la nature des esclaves corses. Le premier a pour lui l'histoire et le caractère constant des indigènes, qui se sont toujours montrés éminemment impropres à l'esclavage ; Strabon ne pouvait pas faire d'eux un plus grand éloge. Ce que Diodore, homme plus éclairé, dit de leur sentiment de la justice est si vrai, qu'il est confirmé par tous les temps.
Parmi les épigrammes attribuées à Sénèque, il s'en trouve une qui dit des Corses : « Leur première loi consiste )) à se venger, la seconde à vivre de pillage, la troisième » à mentir, la quatrième à nier les Dieux. » (^)
Tels sont les principaux renseignements que les Grecs et les Romains nous fournissent sur la Corse.
(1) Prima est ulcisci lex, altéra vivere raptu, Tertia mentiri, quarta negarc Deos.