‹ Histoire des CorsesChapitre 64 sur 408 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

de soulever l'intérieur ; mais à la suite d'une courte lutte, ils furent successivement vaincus. Le Sénat reconnaissant alors l'impossibilité de soumettre les Corses sans une sérieuse intervention de la France, conclut à Compiègne un nouveau traité, par lequel le roi de France s'engageait à occuper pendant quatre ans les places fortes du littoral (7 Août 1764).

Le comte de Marbeuf arriva en Corse à la tête de six bataillons, et déclara aux habitants qu'il entendait maintenir la plus stricte neutralité entre eux et les Génois, le traité ne l'obligeant qu'à occuper les places fortes maritimes. Mais pour les Corses, cette occupation, à laquelle ils ne pouvaient se soustraire, était un véritable acte d'hostilité. Cette neutralité qui leur liait les mains en les empêchant de poursuivre les travaux de siège déjà commencés, était tout à fait illusoire. Ils protestèrent, mais ils durent lever le siège de S'-Florent, au moment où cette ville était sur le point de tomber en leur pouvoir.

Les choses restèrent dans cet état d'incertitude pendant quatre ans. On voyait les Génois inactifs ; les Français indépendants de ces derniers, maîtres absolus des places fortes et en excellents termes avec les indigènes ; les Corses travaillant avec une activité infatigable à consolider leurs institutions, heureux de leur autonomie, convaincus qu'à l'expiration des quatre années ils entreraient dans l'entière possession de leur territoire et atteindraient enfin le but de leurs héroïques efforts.

Toute l'Europe admirait ce brave peuple et louait sa constitution comme un modèle de liberté démocratique. Cette constitution mérite, en effet, les plus grands éloges pour sa grande simplicité et sa vigueur ; c'est le plus beau monument que la sagesse politique du siècle ait élevé à l'humanité.

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