‹ Histoire des CorsesChapitre 70 sur 408 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Progrès du gouvernement corse et conquête de Capraja. — Traité de Gênes avec la France {1768) ; la Corse, envahie par les troupes françaises, oppose une héroïque résistance; bataille de Borgo.

Ainsi les Corses de tout âge, de tout sexe et de toute condition, n'avaient qu'un but, qu'une pensée. Libre et vigoureux était cet esprit démocratique, ennobli par le plus pur patriotisme, par une bravoure traditionnelle, par la claire intelligence d'une constitution qui, sans rien emprunter aux raffinements des théories étrangères, était sortie des saintes traditions nationales. Pascal, le grand citoyen^ le père de la patrie, était partout accueilli par les témoignages d'amour et les bénédictions de la foule qui se pressait sur son passage ; les femmes et les vieillards soulevaient leurs enfants et leurs petits-fils dans leurs bras pour qu'ils pussent voir l'homme à qui le peuple entier devait son bonheur.

Les villes maritimes, restées au pouvoir de Gênes, désiraient, elles aussi, participer à l'heureuse constitution du pays. Il y eut quelques mouvements : Charles Masseria et son fils, deux héros, voulurent s'emparer par la ruse et la force de la citadelle d'Ajaccio, pour la livrer aux patriotes ; mais ils échouèrent dans leur entreprise. Le lils mourut en combattant ; le père, mortellement blessé et mis à la question, expira sans proférer une plainte.

Cependant les Corses devenaient de jour en jour plus

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