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collège une classe de théologie^ et par son testament il leur donna un nouveau capital de 2^000 livres.
Ces libéralités firent naître des contestations judiciaires entre les Pères de l'Oratoire et son héritier universel , Pierre Chapuis de Villette, son petit neveu^ fils de Catherine Henrys, qui elle-même était fille du jurisconsulte Claude. Un procès fut entamé; mais deux avocats célèbres de l'époque, MM. Terrasson et de Riparfond, amenèrent une transaction entre les parties. Ce traité fut d'autant plus facile que a Mesa sieurs de l'Oratoire en usèrent fort bien; il serait à <c souhaiter que toutes les communautés tinssent la « même conduite; elles y gagneraient davantage; car a rien ne refroidit tant la charité que la dureté avec « laquelle les communautés en usent envers les hé- « ritiers de leurs bienfaiteurs (1). »
Un autre membre de la même famille, Claude Chapuis, un des fils de Pierre, le premier bienfaiteur des Oratoriens, à l'instigation sans doute du P. Chapuis^ son oncle, avait donné aux Oratoriens une rente annuelle de 30 livres, à la charge de célébrer dans leur église deux messes par semaine, avec apposition dans la chapelle d'une litre à ses armes (2). Cette fondation résultait d'un testament de novembre 1644, que Claude Chapuis avait déposé entre les mains du P. Chapuis, avant de partir pour un voyage à Paris
(1) Œuvres de Cl. Henrys, t. 4, p. 238.
(1) On donnait le nom de Utre à une bande d'étoffe noire tendue dans l'église, et portant les armes de la famille.
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OÙ il mourut la même année. Par le même testament^ il avait légué une pension de 200 livres à Catherine AUard^ sa mère^ et nommé pour son héritier universel Vital Chapuis^ son frère. Le prix des messes ayant augmenté^ leur nombre^ primitivement fixé par la fondation dont nous venons de parler à deux par semaine^ fut réduit^ en 1722^ à quarante-cinq par an. Cette rente de 30 livres avait été assise sur un pré et une terre situés à Pommeys (département du Rhône) y appartenant aux Chapuis de Clérimbert. En 1785, elle était encore servie par M. Claude Philibert, sieur de Clérimbert, cadet de la famille Philibert, sieur de Fontanez.
Un autre membre de la même famille, le P. Jean Chapuis, Oratorien, fit don au collège de Montbrison d'un capital de 1,000 livres, à la condition d'exécuter fidèlement l'obligation d'enseigner la théologie, et de plus de distribuer tous les deux ans un prix de 100 livres aux écoliers (1). Une note prise à la même source nous apprend que les Oratoriens reçurent des dons du P. Gabriel Chapuis, inspecteur général de l'ordre de 1677 à 1715, et du P. Jean-Baptiste Chapuis, ainsi que des Oratoriens d'Effiat (Auvergne). Cette donation par la maison d'Effiat produisait, vers 1760, un revenu de 250 livres.
Nous devons signaler ici quelques autres donations.
(1) Note envoyée de Paris par H. de la Roa, jkirée de la Bibliothôqae nationale de Paris , collège de Montbrison, n* 223.
quoique peu importantes^ faites aux Oratoriens par les habitants de Montbrison.
Le 12 avril 1646, par acte reçu Farlay, notaire, noble Jacques Chirat, sieur de la Pommière et de Montrouge, donne pour la fabrique et agencement du nouveau collège, à Pierre-Jean Vallenson, supérieur, un capital de 100 livres> produisant une rente annuelle de 6 livres 5 sols. Le 12 décembre 1658 (devant Thoinet, notaire), François Granjon, conseiller procureur du roi au grenier à sel de Feurs, demeurant à Montbrison, constitue une rente annuelle de 5 livres, au capital de 100 livres, à la condition par les Pères de rOratoire de dire une messe annuelle la veille de Saint- Antoine. Le 24 août 1664 (devant Dupré, notaire), Messire Jean Péronin, prêtre de Notre-Dame de Montbrison, fonda deux messes à dire à la chapelle des Pères de TOratoire, sous la rente annuelle de 20 sols, au capital de 20 livres. Claude Legrand, Frère de rOratoire de Montbrison, par son testament de 1691, légua au collège un capital de 300 livres, au Père philosophe (au professeur de philosophie) éa montre et son chapelet qui est fort beau^ et à M. Barrieu, apothicaire, une boîte d'argent, façon de tabatière.
Ces diverses donations, en augmentant les revenus du collège des Oratoriens, permettaient aux échevins de Montbrison de réduire à 900 livres le chiffre de la pension que la ville faisait au collège et qui avait été, à répoque de son établissement, fixée à 2,200 livres. En 1660, cette pension *fut portée par les échevins à 1,000 livres, mais à la condition expresse que les
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Pères de l'Oratoire Bupprimeront le petit pensionnat qu'ils ont depuis peu de temps établi à Notre-Damede-Grâces, « lequel ferait dans l'avenir déserter le « collège de Montbrison, j> et qu'ils renonceront au projet d'établir un collège à Saint-Etienne, c contre <t lequel les échevins forment opposition partout où « besoin sera. i>
Le couvent de Notre-Dame-de-Grâces avait été fondé en 1608, en la paroisse de Chambles, à deux kilomètres de la rive gauche de la Loire, par Vital de Saint-Pol, prieur de Saint-Germain-l'Herm en Auvergne , secondé par sa sœur Jeanne de SainIrPol, dame de Vassalieu (Chambles) et de la Guillanche (Essertines en Chatel-Neuf), femme de Jean d'Apchon de Cérézat. Le but de cet établissement était d'abord l'entretien de quelques moines Camaldules et l'éducation de quelques pauvres orphelins. Notre-Damede-Grrâces devint bientôt un lieu de pèlerinage en renom; mais le concours des pèlerins ne's'accordant pas avec la vie solitaire de ces ermites, et quelques jalousies étant survenues entr'eux et ceux de Grangent leurs voisins. Vital de Saint-Pol leur fit construire, vers 1618, dans le sauvage vallon d'Amieu (même paroisse de Chambles) , un nouveau couvent, ou plutôt plusieurs petits ermitages, auxquels il donna le nom de VaWésus. Quelques prêtres de l'Oratoire furent installés, en 1620, par le sieur de Saint-Pol dans les bâtiments de Notre -Dame -de -Grâces, en remplacement des Camaldules. Ils s'y livrèrent d'abord aux missions et plus tard à l'instruction de la
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jeunesse. C'est contre cet établissement^ rival présent ou à venir de notre collège^ que s'élevaient les plaintes assez mal fondées des échevins de Montbrison. Plus tard^ les idées jansénistes professées à Notre-Damede-Grâces ravivèrent ces plaintes. Ce collège, après avoir fleuri jusqu'en 1729, fut fermé par ordre supérieur jusqu'en 1760, où il fut ouvert de nouveau à la grande satisfaction du public (1).
C'est ici le lieu de mentionner une des illustrations foréziennes sortie du collège des Oratoriens de Montbrison : je veux parler de Jacques-Joseph Duguet, qui a été un des membres les plus célèbres de cet ordre. Né à Montbrison, le 27 février 1650, Duguet commença ses études chez les Pères de l'Oratoire de cette ville. Sa prodigieuse mémoire et la facilité de son esprit le firent bientôt remarquer de ses maîtres; devenu membre d'une congrégation qui l'avait bien jugé, il fut envoyé, en 1677, professer la théologie au célèbre collège de Saint-Magloire, à Paris. Il y fit, pendant deux ans, des conférences qui furent suivies et appréciées par tout ce qu'il y avait de plus célèbre dans cette ville. Il se lia d'une étroite amitié avec l'illustre docteur Antoine Arnaud^ une des gloires de Port-Royal, et partagea volontairement, pendant quelques années, son exil à Bruxelles. Esprit fécond, travailleur infatigable, Jacques -Joseph Duguet a laissé de nombreux ouvrages de théologie, tous un
(1) Lu Fiefs du Forez, par Sonyer do Lac, publiés et annotéa par M. d'Asaier, p. 286. -> Notice hittorique twr le$ Oratoriens de Noire-Dame^de-Grâces et let ermttei ds Vàt-Jétus, par Aug. Broatin, p. 16,
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peu entachés de jansénisme; cependant^ quoique ami d'Arnaud et de Quesnel^ il ne montra ni le fanatisme ni l'emportement ordinaire aux gens de sa secte. Ses ouvrages, parmi lesquels on remarque la Conduite d'une Dame chrétienne^ Explication sur la Genèse ou V Ouvrage des six jours j Traité des scrupules^ De V Education d'un prince, sont écrits avec pureté, noblesse etélëgance, quoiqu'un peu affectés. Il mourut à Paris le 25 octobre 1733, âgé de 83 ans, et fut enterré dans l'église de Saint-Médard , à côté du célèbre Nicole dont il avait réfuté les doctrines.
La famille Duguet fournit encore trois autres membres à la société des prêtres de l'Oratoire :
1** André, frère de Jacques-Joseph; il entra dans la maison de Paris le 31 octobre 1669, s'appliqua, d'une manière spéciale, à la prédication et obtint des succès dans plusieurs chaires de la capitale. Il mourut le 9 juillet 1726 et légua à sa maison une riche collection de voyages. On a de lui : Oraison funèbre de très^ illustre j très-^ertueuse princesse Mad^ Armande^ Henriette de Lorraine d'Harcourt, abbesse de Notre-Dame de Soissons, prononcée le 6 juillet 1684 (Paris, Petit, 1684, in-4^);
2* Jean-François, frère du précédent, entré dans la congrégation le 25 juillet 1678, à l'âge de 18 à 19 ans;
3'' Et André-Claude Duguet, neveu des précédents. Il naquit à Paris en 1682, de Guillaume, avocat au parlement, et de Gabrielle Le Petit; fut admis dans l'Oratoire le 18 septembre 1706. Il prit une part active
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aux controverses jansénistes de son temps. On a de lui^ entr'autres publications : Justification des prêtres de l'Oratoire de Marseille contre les acciLsar tiens de Vévêque de cette ville (1712, in-12) (1).
La famille de Jacque&Joseph Duguet est encore honorablement représentée à Montbrison.
Plus d'ime fois nous avons entendu dire que le célèbre Massillon avait été professeur au collège de Montbrison; toutefois, nous n'avons trouvé dans les titres de cette maison aucune trace de son séjour. Mais cette tradition est confirmée par une biographie inédite composée par le P. Bougerel de l'Oratoire, et par une note placée en tète de la première édition des œuvres du célèbre Oratorien, par le P. Joseph Massillon, son neveu, qui appartenait à la même compagnie. LtC P. Bougerel nous apprend aussi que Massillon, menacé d'être exclu de son ordre, se retira de Montbrison chez les Oratoriens de Vienne en Dauphiné, qui avaient alors pour supérieur un Forézien, le P. André Ville (2).
Parmi les élèves formés par les Oratoriens de Montbrison, nous avons lu avec plaisir les noms suivants :
1"* Jean Chapelon, le poète gagat par excellence; Jean Chapelon, le troisième et dernier poète de sa famille, était fils d'Antoine et de Jeanne Ganière. Il
(1) Manuscrit 223 de la bibliothèque nationale de Paris. (Notes envoyées par H. de la Roa, chef de division au ministère des finances.)
(2) Notes envoyées par H. de la Roa, extraites du manuscrit 223 de la bibUotbèqne nationale de Paris.
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était prétreHsociétaire de l'église de Saint-Etienne en 1672; il mourut en 1695;
2"" Le général Joseph Chapuis^ né à Saint-Etienne vers 1755, mort en 1829;
3* L'abbé CJombry, curé du Chambon-FeugeroUes, mitraillé à Lyon en 1793; il a laissé un petit poème en vers français, la Captun^nadCj satyre spirituelle et surtout pleine de courage contre les terroristes de l'époque, qui amena l'arrestation et la mort de son auteur (1).
Nous avons dit que Messieurs du présidial de Montbrison avaient pris, en 1646, l'engagement de contribuer annuellement à l'entretien du collège pour une somme de 300 livres, réduite plus tard à 200. Ce présidial ayant été supprimé en 1648, Messieurs du bailliage, se fondant sur cette suppression, ne voulurent plus, en 1670, acquitter la subvention promise par leurs prédécesseurs. Les échevins, à leur tour, refusèrent la pension de 1,000 livres qu'ils avaient payée jusqu'alors, se fondant, soit sur les revenus que les Oratoriens de Montbrison retiraient de leurs biens personnels, soit sur l'existence du collège de Notro-Dame^le-Gràces, qui continuait à subsister, et même à prospérer, en dépit de la convention de 1660. Une ordonnance de l'intendant de la généralité de Lyon, de 1676, contraignit les consuls et échevins à rétablir l'impôt de 1,000 li\Te8 pour l'entretien des Pères^ et un autre impôt pour
(0 Biogrofhiei iîéphanoitet , par Descrei^x,
acquitter les arrérages qui leur étaient dûs. Messieurs du bailliage n'en persistèrent pas moins dans leur refus; mais le 24 octobre 1688, une nouvelle ordonnance de l'intendant de Lyon condamna les échevins à payer les 200 livres promises par Messieurs du présidial, depuis 1676 jusqu'en 1686-, à peine de toutes saisies, même par corps, sauf recours contre Messieurs du bailliage.
Toutes ces contestations, qui duraient encore en 1716, devaient ralentir le zèle des Pères de l'Oratoire pour l'instruction de la jeunesse et nuire beaucoup à la prospérité du collège; mais, à partir de 1726, une importante donation faite au collège de Montbrison mit fin à ces tracasseries. Par son testament du 24 juin 1726, déposé aux minutes do M'' Le Chanteur, notaire à Paris, le 5 juin 1732 (1), Gilbert de Gadagne d'Hostun, comte de Verdun, lieutenant du roi en Forez, légua aux Pères de l'Oratoire de Montbrison une somme de 20,000 livres. Un membre de la famille d'Hostun, originaire du Dauphiné, s'était allié à une fille de Guillaume de Gadagne, sénéchal de Lyon, à la charge d'en porter le nom. Un double lien rattachait donc cette famille à notre province : son alliance avec les Gadagne de Bouthéon, qui eux-mêmes s'étaient alliés aux d'Albon de Sugny (Nervieux), et son titre de lieutenant du roi en Forez. Aussi, le comte de Verdun laissa-t-il, par son testament, à la province
(i) Les archives des Oratoriens de Notre-Dame-de-Grflces donnent à ce dépôt la date du 5 février 1732.