‹ Histoire des couvents de Montbrison avant 1793 (volume 2)Chapitre 12 sur 69 · LES PÈRES DE L'ORATOIRB · texte numérisé non relu

LES PÈRES DE L'ORATOIRB

qu'il avait sagement administrée^ un éclatant souvenir de rintérêt qu'il portait à notre pays. Il ne laissa pour héritière qu'une seule fille, Louise-Charlotte, mariée d'abord, en 1704, au comte de Tallard, seigneur engagiste de Chambéon, son cousin-germain, tué la même année, et ensuite au comte de Pons.

Ce capital de 20,000 livres fut employé en achat d'immeubles; le 10 avril 1736, par acte reçu Poyet, notaire à Montbrison, les prêtres de l'Oratoire acquirent de Joseph Henrys, sieur d'Aubigny et de Mérigneux, écuyer et garde-duK^orps de Sa Majesté, et de dame Jeanne de Varenne, sa femme, demeurant au château d'Aubigny (Sury-le^omtal), en qualité d'héritier de Léonard-Joseph Henrys, son père, trois domaines situés aux villages de Courreaux (Saint- Bonnet), de Montet (Roche) et de Dovézy (Lérigneux). Cette vente fut faite au prix de 15,000 livres payées comptant. Il fut expliqué dans l'acte que les acquéreurs ont payé en sus 2,700 livres pour éteindre les dettes de leurs vendeurs, et que ces derniers leur en serviront une rente annuelle de 135 livres.

Ces trois domaines étaient grevés d'une rente foncière envers les religieuses du prieuré de Sainfr- Thomas en Forez- (ordre de Cluny). En 1758, cette rente appartenait au chapitre noble des chanoinessescomtesses de Saint-Martin-des-Salles (Beaujolais), auquel tous les biens du prieuré de Saint-Thomas venaient d'être réunis.

En 1748 et le 6 août, par acte reçu Arnoul, notaire, les prêtres de l'Oratoire échangèrent avec noble

Henry-Joseph Thoinet de Bigny, conseiller du roi, lieutenant en l'élection de Montbrison , y demeurant^ leur domaine appelé Rhéty, situé en la paroisse de la Celle et de TOlme, annexe de Clépé, contre un domaine que M. Thoinet possédait au bourg de Chalainle-Comtal, d'un revenu de 340 livres. Le domaine de Rhéty donné en échange par les Oratoriens avait été inondé et ravagé plusieurs fois par les débordements du Lignon; la culture en était difficile et les réparations coûteuses. C'est ce qui parait les avoir porté à cet échange. A titre de soulte, ils payèrent un capital de 2,000 livres provenant du legs de 20,000 livres fait par le comte de Verdun aux Oratoriens.

Le collège de Montbrison ne relevait d'aucune université; en conséquence, conformément à un édit royal de février 1 763 , il était administré par un bureau composé d'un prêtre délégué de l'archevêque de Lyon, du premier officier de la justice (le président du bailliage), du ministère public (le procureur du roi), de deux officiers municipaux, de deux notables âgés d'au moins 30 ans, résidant à Montbrison, y vivant noblement, et du principal du collège.

Ce conseil d'administration, d'accord avec les échpvinsdelaville, eut un instant l'espoir de s'enrichir des dépouilles du collège de Roanne. Ce collège, dirigé par les Jésuites, fut, en effet,' fermé pendant quelques mois des années 1762 et 1763, après l'abolition de cet ordre en France. Les revenus du collège de Roanne ne s'élevaient à rien moins qu'à 5,000 livres, déduction faite des charges. Après le départ des Jésuites

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qui le dirigeaient^ on rencontra tant de difficultés dans sa réorganisation qu'il fut un instant question de le supprimer et de donner aux bâtiments une autre destination. Les échevins de Montbrison^ dans un mémoire du 31 décembre 1762, firent valoir, sinon leurs droits à la succession des Jésuites, au moins les avantages qu'il y aurait à supprimer le collège de Roanne, se fondant sur l'inutilité de ce collège, « qui a n'est fréquenté que par cent dix écoliers, dont dixoc neuf seulement appartiennent à la^ ville de Roanne; » sur le tort que la multiplicité des écoles fait à l'agriculture; sur le voisinage des collèges de Montbrison et de Notre-Dame-de-Grâces. Des raisons* aussi pauvres ne devaient avoir aucun succès; c'est ce qui arriva. Roanne conserva son collège qui fut confié aux Joséphistes, et Montbrison en fut pour ses sophismes (1).

(1) Becherchet hUtoriques tur Roanne et le Roannaii, par M. Guillien, publiées par M. Coste , p. 253.

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