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construit en 1735^ après un incendie dont nous parlerons plus tard.
Les débuts de cette communauté, naissante ne furent pas heureux; en 1629^ une peste terrible ravagea notre province^ et Montbrison en particulier fut cruellement éprouvé. C'est ce que nous apprend Marie Chapuis^ la jeune fondatrice du couvent^ dans un testament olographe qu'elle fit le 20 septembre 1629 pour confirmer aux Ursulines de Montbrison le don de 5^000 livres qu'elle leur avait fait (ians son premier testament daté de SaintCîhamond : « A pré- « sent, écrit-elle, que cette ville (Montbrison) est a tellement affligée que les notables et presque tout « le peuple en ont quitté et abandonné la demeure, a désirant déclarer ma dernière volonté, car je pour- <t rais moiu:ir sans tester, faute de notaire et de té- <c moins, j'institue à mes biens, au lieu et place de « mon frère Claude Chapuis, décédé depuis peu de « la maladie contagieuse, Michel Chapuis, mon noce veu, fils aine de mon défunt frère, suppliant Dieu a de me faire miséricorde et à cette pauvre ville. »
Le fléau sévit, avec avec plus ou moins de rigueur, jusqu'en novembre 1630. Un registre tenu officiellement, en 1669, par Arnould du Rosier, écuyer, sieur de Thaix, conseiller du roi et premier élu en l'élection de Montbrison, pour la liquidation des dettes de toutes les communes du Forez, contient quelques détails aussi intéressants qu'authentiques sur cette peste. On y lit que, en 1630, les consuls Pierre Béraud, sieur de la Jarlette, et Hugues Chalons res-
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tèrent courageusement à leur poste et consacrèrent au soulagement des pestiférés pauvres et leurs soins et leur argent. Ils firent à la communauté des habitants une avance de 8^793 livres qui leur était encore due en 1669. Dans remploi de cette somme, on remarque les détails suivants :
1* Celle de 757 livres payées au révérend père Courtin, prêtre de l'Oratoire, confesseur des pestiférés depuis le 1" janvier jusqu'au 30 septembre;
^ Celle de 91 livres employées en achat d'étoffes pour habiller ledit Père Courtin;
3'' Celle de 650 livres payées à Philippe Bourdière, chirurgien de la santé, pour soins et pansements aux pauvres malades contagieux de la ville;
4** Plus 371 livres payées aux Galopins ou Courbeaux de la ville , employés à enterrer les morts de ladite maladie contagieuse, pour leiœs gages depuis février jusqu'en novembre 1630;
5** Plus 71 livres 13 sols, employés en provisions de vivres fournis aux Pères Cordeliers de la ville, qui en avaient nécessité à cause de la maladie;
6* Plus 317 livres 10 sols payés à divers particuliers, pour leurs gages d'avoir gardé les portes de la ville;
7* Plus 214 livres 10 sols, payés aux particuliers qui furent employés à parfumer et désinfecter les maisons de la ville;
8* Plus 93 livres 8 sols 6 deniers, employés en marchandises pour faire les présents résolus par le vœu des habitants à Notre-Dame de l'Ile-Barbe.
En dépit du fléau, les Ursulines restèrent coura-
geusement à leur poste^ et trois de leurs novices firent leur profession^ savoir : Marie Chapuis^ la fondatrice du couvent^ le 29 septembre 1629, et le 4 décembre 1630 Maria Faure, âgée de 17 ans, fille de feu Israël Faure, bourgeois de Saint-Rambert, et Jeanne Giraud, fille de feu M. Claude Giraud, avocat au bailliage de Forez (1). La même année, 22 juillet
1630, vit aussi les portes du noviciat s'ouvrir devant Yolande du Montai, fille de noble Jean du Montai, seigneur de la Maison-Forte et de Marclop. Cette jeune novice mourut le 7 mai 1632, avant sa profession de foi. En sus de sa dot qui fut portée à 2, 100 livres, elle légua par son testament une somme de 1,000 livres à la communauté naissante.
La nouvelle communauté ne conserva pas longtemps au milieu d'elle la jeune fille à qui elle devait son existence; Marie Chapuis mourut au milieu de ses compagnes à peine âgée de 21 ans, le 16 mars
1631. Elle était professe depuis le 1" avril 1630. S'il ne lui fut pas donné de voir la grande prospérité qu'atteignit son couvent jusqu'au milieu du XVIIP siècle, elle laissa à ses compagnes le souvenir de ses vertus, à sa famille le titre de fondatrice et les honneurs qui y étaient attachés et enfin à ses concitoyens un établissement de première utilité pour la jeunesse. Son corps fut déposé dans un caveau construit au milieu de la chapelle du couvent et destiné à la
(I) Voir notre notice historique sur l'hôpital de Fears^ p. 3.
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famille de la fondatrice; nous verrons dans le cours de cette notice ce tombeau se rouvrir plusieurs fois pour recevoir les autres membres de cette famille.
La feonille Chapuis venait d'être cruellement frap« pée par le décès de Claude Chapuis^ mort de la peste de 1629^ et par celui de Marie ^ sa jeune sœur^ emportée au printemps de sa vie. Soit pour calmer les rigueurs du sort qui semblait s'appesantir sur cette famille^ soit par mépris des biens terrestres^ soit enfin pour achever l'œuvre commencée par Marie Chapuis^ un autre de ses frères fit une nouvelle et importante donation aux Ursulines. Noble Claude Chapuis^ sieur de Villette^ donna ^ de son vivant^ vers 1633^ une somme de 6^000 livres à cause ^ dit la note qui nous a conservé ce souvenir^ de sa sceur, Marie, enterrée dans ledit couvent. Ce don important eut lieu à la charge expresse par les religieuses de prier Dieu pour la prospérité de la famille du donateur. Cette condition me parait un peu entachée d'orgueil féodal; toutefois^ soit qu'elle n'ait pas été fidèlement remplie^ soit plutôt à cause de l'inconstance de la fortune et des destinées humaines^ la prospérité de la famille Chapuis a eu un terme ^ et une note de 1792^ signée par Mad"^ Luce FiaUn^ supérieure des Ursulines^ nous apprend que deux jeunes filles pauvres étaient à cette époque nourries^ logées et instruites gratuitement par les Ursulines; l'une était la fille du représentant du fondateur de leur maison , lequel en mjourant Va laissée mns ressources; nous avons été heureux de retrou*
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ver ce précieux souvenir de reconnaissance^ et nous sommes plus heureux encore de le conserver.
Non-Seulement la famille Chapuis avait droit de sépulture dans le caveau de la chapelle du couvent ^ elle obtint encore un autre privilège^ celui qui fut accordé le 23 février 1635 par le cardinal Alphonse du Plessis de Richelieu^ archevêque de Lyon^ à Mademoiselle Marie Raymond^ veuve de noble Claude Chapuis, en considération de sa piété, dévotion et de ses libéralités au couvent des Ursulines, d'être admise dans Tintérieur du couvent aux prises d'habits des religieuses et aux fêtes de Pâques, Pentecôte et No^, mais seulement pendant le jour /sans encourir les. censures ecclésiastiques. De plus, la même ordonnance lui confère la qualité de fondatrice, à elle, à tous les chefs de cette famille Chapuis ou au chef de la famille collatérale portant mêmes armes et même nom. — Il fallait être dans le siècle des privilèges pour attacher quelqu'importance à de pareilles futilités.
Marguerite Chapuis, sœur de Claude et de Marie, marcha dans la même voie, et le 6 août 1636, à peine âgée de 18 ans, elle fit profession de foi aux Ursu* Unes, sous le nom de Sœur des Apôtres, et fit don à la communauté d'un capital de 5,000 livres.
Toutes ces donations nous expliquent pourquoi, dans les titres relativement modernes, qui parlent des UrsulinQs de Montbrison, on mentionne toujours la famille Chapuis comme fondatrice du couvent.
Une autre sœur de Marguerite Chapuis, nommée Catherine, était vers le même temps religieuse au prieuré de Joursey (près de Saint-Galmier) .