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942 livres pour trent&^huit procès suivis à la requête des religieuses.
Si les biens des Ursulines étaient frappés par les nombreuses rentes que nous venons de mentionner, nous n'avons retrouvé que deux rentes en leur faveur: celle de Beaudiner que le grand couvent des Ursulines prélevait à SaintJulien-d'Odes, sur les biens que possédaient les Dames de Bonlieu, et celle de la Roue que le petit couvent des Ursulines prélevait sur la paroisse de Sauvain, concurremment avec le marquis de Talaru-Ohalmazel.
Tous ces impôts, rentes, dîmes, cens, servis, lods et milods, apportaient de grandes entraves à la propriété; aussi les Ursulines, comme nous l'avons dit, préférèrent employer leurs économies en placements sur particuliers.
Parmi leurs débiteurs nous voyons figurer M. de Lesgallery et Mad*"* de Chatillon sa femme, pour un capital de 5,000 livres, en 1661; M. Imbert de Luzy pour 9,000 livres, en 1692; M. François Barailhon et Jeanne Lebaud, sa femme, pour 7,000 livres, en 1697; M. François de Fournier et sa femme poiu* un pareil capital, en 1693. Le chapitre même de Montbrison était, en 1704, leur débiteur de 2,000 livres. Il est bon de remarquer aussi que plusieurs de ces rentes perpétuelles avaient eu pour objet les dots que les pères et mères constituaient à leurs filles le jour de leur profession de foi; une autre remarque qui fait ressortir, dès cette époque, la pauvreté des familles nobles de notre province, c'est que la plupart des
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dots constituées par les familles Henry s ^ Papon^ de la Mure, d'Ailly, Lapierre de Saint-Hilaire, de Girard, Chapuis de la Goutte, Tricaud du Monceau et autres, étaient encore dues longtemps après l'admission de chaque religieuse dans la communauté.
Cette admission ou profession de foi était faite le plus souvent après deux ans de noviciat et avec beaucoup de solennité : la jeune aspirante, en présence de la communauté, de sa famille et de quelques amis, tous réunis dans le chœur de la chapelle, faisait, entre les mains d'un prêtre délégué par l'archevêque de Lyon (le plus souvent c'était un chanoine de la collégiale), la profession de foi suivante:
« Je fais ma profession, voue et promets à Dieu, c à la glorieuse Vierge Marie, à notre père saint c Augustin, à la bienheureuse sainte Ursule et à « Monseigneur l'archevêque et à ses successeurs, or obéissance, chasteté et pauvreté, selon la règle de « saint Augustin et les constitutions de ce monastère « de Sainte-Ursule, conformément au bref de notre « Saint-Père le pape Paul V, et ce jusqu'à la nxort. »
Cette profession était transcrite sur un registre et signée à la sacristie par la novice et toute l'assistance. Pendant cette seconde partie de la cérémonie, la professe déposait sur le bassin qui lui était présenté six livres de confitures. Un repas terminait ordinairement la cérémonie, pendant lequel la jeune religieuse offrait à l'aumônier du couvent une boîte de confitures et distribuait à ses nouvelles compagnes, à ses parents et aux amis de la famille, des cornets de dragées.
Chaque novice devait apporter^ outre sa dot^ un mobilier complet dont chaque partie est minutieusement détaillée :
V Un lit, une table et une chaise en noyer (on y ajouta plus tard, quand le confortable eut atteint les couvents eux-mêmes), une armoire, un prie-Dieu et un chauffe-pieds;
2"* Dix aunes étamel vert brun pour rideaux et une aune et demie bure grise pour ciel de lit;
3^ Deux couvertures en laine blanche dites de Catalogne, un matelas de laine du poids de 30 livres^ un chevet en bonne plume et une paillasse de canevas; 4" Quatorze draps;
5^ Vingt aunes de toile blanche pour le linge de jour; 6* Une pièce de chevelière blanche.
7** Trente-six chemises; 8* Trente-six serviettes; 9" Huit nappes; ff* Vingt-quatre coiffes; l"" Quarante-huit mouchoirs de poche; 2" Douze mouchoirs de col; 3'' Une chemisette en futaine blanche; 4* Douze bonnets en futaine double; 5** Six bonnets en futaine simple; .6® Vingt-quatre cornettes doubles; 7"* Vingtquatre bandeaux doubles; 8* Vingtquatre bas de toile (le métier à tricoter n'était pas encore inventé); 19"* Dix aunes de cadis noir pour l'habit;
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20^ Onze aunes de serge pour le manteau ;
21^ Huit aunes sergette grise de Nimes;
22** Neuf aunes sergette pour la cotte d'été;
23'' Deux aunes 7i de ratine pour la chemisette;
24* Une once de soie noire ^ une once de soie grise et une demi-livre de laine noire pour la ceinture;
25'' Un corps de cotte;
26* Une paire de bas;
2T Une paire de souliers;
28* Vinglrcinq livres de ciei^es;
29* Deux plats ^ deux assiettes et une aiguière d'étain.
Tel fut^ pendant tout le X VIP siècle^ la composition du trousseau de chaque Ursuline; mais^ à partir du XVIIP siècle, la dot fut élevée à 3,000 livres et au trousseau on ajouta les articles suivants :
30* Un présent pour Téglise, 100 livres;
31* Un présent pour Taumônier, 21 li\Tes;
32* Pour le repas de la prise d'habits, 130 livres;
33* Pour celui de la profession, même somme.
Jusqu'en 1650, il n'y avait eu qu'un seul repas, celui de la profession, et encore n'était-il fixé qu'à 30 livres. Le luxe et la sensualité avaient progressé jusque dans les couvents;
34* Cinquante livres de dragées;
35* Deux boîtes de confitures pour les aumôniers;
36* Six livres de confitures pour le bassin qu'on présente à la sacristie;
37* Quatre pains de sucre pour la prise d'habits;
38* Autant pour la profession.
Ce trousseau^ cette dot et tous ces accessoires formaient à la fin du compte une somme assez élevée pour l'époque. De plus il était payé au couvent 140 livres pour chaque année de noviciat.
Les statuts de l'ordre des Ursulines leur permettalent de recruter leurs membres dans tous les rangs de la société; il semble que cette facilité aurait dû éloigner les jeunes filles qui appartenaient à la noblesse^ il n'en fut point ainsi; nous avons déjà vu et nous remarquerons souvent encore que toutes les classes de la société se coudoyaient dans le cloître des Ursulines^ depuis la fille de l'artisan jusqu'à celle du grand seigneur. Nous étions loin cependant alors (1630) des théories égalitaires qui se sont fait jour à la fin du XVIIP siècle^ et je suis heureux de constater que l'Eglise enseignait et pratiquait l'égalité, alors que, dans le monde, les esprits les plus avancés
n'osaient encore s'affranchir des préjugés de la naissance. Ainsi, pendant les années 1631, 1633, 1633, 1634, nous trouvons parmi les religieuses qui firent leur profession les noms de MM'^~ Espérance Béraud de Beauregard, Nunciade Bouchant de Montolivet, Jeanne Ducasson du Crozet, Marie Papon de Gk)utelas, unis à ceux de Colombe Brutel, fille d'un médecin de Montbrison, Claudine Barieu, fille d'un apothicaire, Pernette Chapuis, fille d'un maréchalferrant. Et ce n'est pas seulement à l'époque de sa fondation que nous pouvons remarquer la fusion de toutes les classes sociales, le même mélange subsista jusqu'en 1792, époque de la suppression des Ursu-
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Unes. Vers la fin même du XVIP siècle^ alors que les sujets étaient le plus abondants au couvent des Ursulines et qu'il eût été facile de faire un choix^ nous retrouvons toujours la même fusion^ et à côté des noms de MM"* d' Arcy-d' Ailly, • de GrésoUes , de la Chaize-d'Aix^ de Rostaing^ de Saint-Priest et d'Apchon de Montrond^ nous lisons les noms de Françoise Giraud, fille d'un marchand de Saint* Bonnet-le-Château^ d'Antoinette Rotagnon^ fille d'un chirurgien de Boôn, d'Anne Groisard, fille d'un meunier de Boën^ etc. (1); et que l'on ne croie pas que ces derniers noms étaient ceux des sœurs layes^
destinées au service des religieuses^ c'étaient bien ceux des Dames de chœur^ et même plusieurs d'entre elles remplirent dignement les premières charges. Nous devons dire^ toutefois^ que le plus grand nom* bre de nos religieuses appartenait à cette riche bourgeoisie qui se transforma en noblesse dans le courant des XVir et XVIIP siècles.
(1) Voir an reste à la fin de l'ouTrage les notes généaIogi<iue8 sur les fa« milles «lui ont fonrni des religieax anz oonvents de Montbrlson.