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1780^ cinquante maisons qui lui appartenaient en propre^ outre un grand nombre d'autres maisons d'éducation qu'il dirigeait mais qui ne lui appartenaient pas (comme par exemple le collège de Montbrison).
La maison de Notre-Dame-de^îrâces, en Forez, était au contraire une de ses propriétés, c'était même la onzième en importance; avant elle venaient les deux maisons de Paris (celle dite de l'Institution ou maisonmère et le collège de Saint-Magloire), celle de Juilly (diocèse de Meaux), celles d'Aix, de Marseille, de Pézenas, les deux maisons de Lyon, celle de Poligny (Franche-Comté), d'Effiat en Auvergne et de Notre-Dame-de-Grâces en Provence.
Quatre autres de leurs maisons portaient le nom de Notre-Dame : celle de Notre-Dame-de-Grâces en Forez, Notre-Dame-des- Vertus , Notre-Dame-des-Ardilliers, Notre-Dame-des- Anges .
Dans les maisons qui leur appartenaient en propre, ils avaient établi des frères de leur ordre, chargés, comme à Notre-Dame-de<jrâces en Forez, des soins de la dépense ou économat, de la pension et de la lingerie.
Deux de leurs maisons, parmi les plus célèbres, avaient le titre d'académie : c'étaient le collège de Juilly et celui de Notre-Dame-deOrâces en Forez.
En 1780 cet ordre comptait 702 membres et 114 frères servants.
Nous avons recueilli tous ces détails sur cet ordre dans un manuscrit format grand in-8^ de 80 feuilles, contenant une table alphabétique de tous les pères et
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confrères admis dans Tordre de 1704 à 1780; l'année de leur admission; leur titre de pères s'ils sont prêtres^ de confrères s'ils ne le sont pas; les fonctions qu'ils ont successivement remplies dans les diverses mai* sons d'éducation tenues par l'ordre; pour quelquesuns même l'année, le lieu ou le diocèse de leur naissance, enfin la fonction et la résidence de diacun en
Ce manuscrit, relié en maroquin rouge, à tranches, filets et ornements dorés, est timbré sur ses deux portes extérieures, d'un Jémis-Maria dans une couronne d'épines, sceau adopté par cette congrégation.
Ce beau manuscrit, aussi intéressant par le fond que par la forme, a dû être rédigé à Paris dans la maison de l'Institution; là seulement, il me semble, pouvaient se trouver les renseignements qu'il contient. Il appartenait en 1 872 à M. Chevalier, libraire à Saint-Etienne, qui me le communiqua avec beaucoup de complaisance.
Revenons au collège de Montbrison.
Comme les bâtiments de l'ancien collège étaient ou insuffisants, ou placés dans un quartier bas et peu aéré, à cause, des rues étroites qui le sillonnent encore, il fut décidé, dans la délibération de 1620, que le nouveau collège serait établi sinon dans la partie la plus haute de la ville, sur le mamelon couronné autrefois par le château de nos comtes, au moins sur un point élevé et cependant d'un accès facile. On fit dioix de l'emplacement occupé aujourd'hui par la sous-préfecture, et le soin de son agencement et de
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son installation fut confié à Pierre Henrys^ sieur de Grézieux^ lieutenant assesseur^ criminel de Forez. Ce dernier s'acquitta avec zèle de la tâche qui lui était confiée; il acheta en 1622^ de M. Caze^ une maison et un vaste jardin^ et employa à cette acquisition ou à son agencement intérieur un capital de dix mille livres dont il fit l'avance à la municipalité. Pierre Henrys acheta de plus^ au prix de mille livres^ du nommé Villate^ une maison située au soir de la rue qui conduit de la sous-préfecture à celle des Arches^ pour Tagrandissement du collège et la construction d'une chapelle. Cette petite ch^^Ue fut en effet bâtie un peu plus tard^ en 1627^ au moyen d'un emprunt de quinze cents livres que les prêtres de l'Oratoire firent des recteurs de l'Hôte^Dieu de Montbrison.
Les Oratoriens^ soit qu'ils donnassent un ensei* gnement plus complet que celui professé jusqu'à ce jour sous la direction de Messieurs du chapitre^ soit qu'il fussent plus exigeants^ ne se contentèrent pas des revenus affectés à l'ancien collège; et^ le 5 juin 1624^ devant M'' Pizols^ notaire à Montbrison^ un traité fut signé entre les échevins de la ville et les Pères de l'Oratoire de Lyon, Pierre Thiersault et Jacques Dumas. Les échevins, en sus des rentes de l'ancien collège, s'engagèrent à payer aux Oratoriens une pension annuelle de deux mille deux cents livres pour l'entretien de quatre professeurs, avec promesse d'une augmentation de deux cents livres, c en cas « d'établissement d'un deuxième cours et classe de <K philosophie. »
Cet engagement constituait une charge un peu lourde pour les finances de la ville; aussi^ les échevins cherchèrent tous les moyens possibles d'alléger ce fardeau. Ils en trouvèrent un assez efficace dans la suppression de plusieurs confréries établies à Montbrison, et dans l'application de leurs revenus au profit du collège. Il existait^ en effets dans cette ville^ dès le XV' siècle;, plusieurs confréries connues sous les noms de Saint-Esprit^ de Saint-Michel ^ de Saint- Joseph^ de la Toussaint et de Saint-Honoré. Sans connaître^ d'une manière bien certaine^ la composition et le but de ces confréries^ je crois qu'elles étaient formées d'une réunion d'artisans appartenant à divers corps de métier. Ainsi ^ celle de Saint-Joseph était exclusivement composée de maçons et de charpentiers^ et l'un d'eux, le sieur Noël Faure, maître maçon, devait à sa confrérie J en 1603, une rente d'une ânée huit semaises de vin, livrables en septembre, oc à Messieurs de la bouche, qui sont en charges dans a la confrérie. ^ Cette redevance est évaluée à 16 écus ou 48 livres.
Quel qu'ait été le but primitif de ces confréries, il est certain que leurs revenus n'étaient plus employés qu'en festins et débauches; au point que deux ordonnances royales, datées d'Orléans et de Moulins, rendues avant 1613, prescrivirent la suppression de ces confréries et l'application de leurs revenus aux besoins des municipalités. La ville du Puy, qui possédait une de ces confréries, celle du Saint-Esprit, en obtint la suppression en 1612, et^ plus tard, elle
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en appliqua les revenus à l'établissement^ dans son collège^ d'une classe de philosophie (1). Les consuls de Montbrison agirent de méme^ et^ par une délibération prise le 16 novembre 1625^ de concert sans doute avec les membres de ces confréries^ il fut décidé « que les revenus^ pensions^ rentes et fonds dépen- <r dant des confréries de la ville de Montbrison et (c lieux circon voisins^ seraient affectés à l'établissec ment d'un collège en ladite ville^ conformément « aux ordonnances. i> Toutefois^ l'ancien collège de Montbrison jouissait depuis longtemps des revenus de la rente du Saint-Esprit. Parmi les biens de la confrérie de Saint-Michel nous avons remarqué une rente annuelle de 25 livres^ due par Mathieu Bergier et Valentin Côte^ remontant à 1453; parmi ceux de la confrérie de Saint-Honoré il y avait plusieurs vignes situées au quartier de Rigaud^ dont une fut vendue, en 1625, par Pierre Henry s, sieur de Grézieux, en qualité d'un des recteurs et directeurs du collège, à François Chavassieux d'Audebert, au prix de 290 livres.
La confrérie du SainIrEsprit avait une rente noble connue sous le nom de rente du Saint-Esprit, établie par de nombreux terriers. En 1748, la possession de cette rente fut revendiquée par M. Jean de Lesgallerie, conseiller au bailliage de Montbrison ; mais une sentence rendue par ce tribunal, le 7 février de la même année, maintint le collège dans la possession de cette
(1) CBuTTOd de Cl. Henrys, t. t, p. 241.
rente. Les confréries du Saint-Esprit étaient très-répandues dans notre province. On croit qu'elles furent établies à l'occasion du deuxième concile général tenu à Lyon en mai 1274; ce concile eut pour principal résultat de mettre un terme ^ provisoire au moins ^ au schisme qui divisait alors les églises d'orient et d'occident> relativement à l'égalité du Saint-Esprit dans le mystère de la Trinité (1).
Le but de ces confréries du Saint-Esprit était la prière et l'aumône collectives. Une d'elles fut établie à Lyon l'année même du concile (1274) . Celle de Montbrison fut établie quelques années après dans l'église de Notre-Dame^ ainsi que le prouve un acte du 22 juin 1323^ par lequel le comte Jean^ pour la reconstruction de son étang de Messillieu (paroisse de Prétieux)^ s'empara de quelques terres appartenant à cette confrérie^ et lui donna en échange quelques territoires situés au cret d'Ecotay avec la seigneurie directe (2). En 1330^ le même comte Jean fit encore de nouvelles acquisitions de cette confrérie (3).
Cette confrérie est encore mentionnée dans le testament d'Arthaud Payan^ chanoine de Montbrison. Par cet acte de 1370^ il donne à la confrérie du Saint- Esprit de Notre-Dame de Montbrison six deniers
(1} Qrandê tounenirt de V£gU$e de Lyon, par Meynla, 2* édition, p. 172.
(2) . Notée manvflcritaB d'Aog. Beioaid lur rezamplaiie à son luage de son Histoin du Forez , dont il a fait don à la ville de Saint-Etienne. — Iwoentaire det titrei du comté de Forez, publié par Aag. C3iayerondier, p. 643. ^
(3) Biitovre du dua de Bcurbon et dee comtee de Forez, par La Mure et Chantalause, t. 1, p. 367.
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viennois et un carton de seigle^ en rente annuelle. (Chronique de Notre-Dame de Montbriêon, par l'abbé Renon^ p, 93.) Une confrérie du Saint-Esprit existait aussi à Saint-Bonnet-lo-<3hâteau en 1348 (1).
Le collège de Montbrison fut solennellement installé^ en 1626^ dans son nouveau local et sous une nouvelle direction par Pierre Henrys; mais ce dernier ne jouit pas longtemps de Tœuvre à laquelle il avait consacré ses soins; il mourut à la fin de 1627.
Une peste affreuse, qui désola Montbrison en 1629 et 1630, nuisit beaucoup à la prospérité du collège naissant. Elle sévit si cruellement que les principaux habitants désertèrent la ville, et les curés et vicaires étant morts, ou ayant abandonné leur poste, un Père de rOratoire de Montbrison, le sieur Courtin, fut préposé pour assister les malades et recevoir les testaments. La ville emprunta de grosses sommes d'argent pour nourrir et soigner ses malades pauvres atteints de la peste. Ces sommes, s'élevant à 8,793 livres, étaient encore dues, en 1669, à MM. Pierre Béraud de la Jarlette et Hugues Châlons, tous deux consuls de la ville en 1630 (2).
La cruelle épreuve que Montbrison venait de supporter avait jeté le désordre dans ses finances, et la ville ne put servir la rente de 2,400 livres qu'elle devait aux Oratoriens.
Pqur traverser, sans trop de privations, ces époques
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(1) Revue Fo/rézieitnê, année 1870, p. 60.
(?) Voir notre BÎÊMn 4ê Femn, p. 252,
de gêne inséparables d'un nouvel établissement^ les Oratoriens vendirent au sieur Jean de Chazaud^ marchand à Montbrison^ les maisons^ .cours ^ jardin^ bâ* timents et pressoir de Tancien collège^ situés en la rue d'Ecotay, inhabitéSj vagues et en ruine depuis longtemps. Cette vente, faite aux enchères, le 24 juillet 1637, devant M* Granjon, notaire, produisit un capital de 390 livres.
Le collège de l'Oratoire était alors dirigé par MM. DesmoUins, supérieur, Jean-Maœie Labbat, Gaspard Bourre, et Nicolas le Sieur. Il enseignait depuis la cinquième jusqu'au dernier cours de philosophie.
Dans la première édition de cette notice sur le collège de Montbrison, insérée dans la Revus Forézienne^ année 1868, nous avons attribué à tort (page 95), aux Oratoriens de Montbrison un legs fait aux Oratoriens de Notre-Dame-de-Grâces par Mad' Marguerite Célarier de la Roche, femme du sieur de la Tour du Plaix, par son testament du 13 avril 1639. Dans la notice historique que nous avons publiée en 1871 sur Notre-Dame-de-Grâces et Val-Jésus (p. 47), nous avons déjà rectifié cette erreur.
Ce testament reçu par M"* Buhet, notaire à Saint- Nizier-de-Fornas, le 13 avril 1639, contenait des legs importants aux Camaldules de Val-Jésus, aux Oratoriens de Notre-Dame-de-Grâces, aux églises de Saint-Rambert et de Saint- Just- sur-Loire, aux neveux, filleuls et filleules de Mad"* de la Roche et à ses nombreux domestiques et fermiers. Il contenait notamment un legs de 500 livres en faveur des Pères
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Capucins de Saint -Bonnet -le -Château, pour être employé à la fabrique de leur couvent. Ce dernier legs nous a fait connaître la date de rétablissement de ces Pères à Saint-Bonnet.
M"* Isabeau Célarier de la Roche, veuve de noble Hugues Dupuis, sœur et héritière universelle de M"' de la Tour du Plaix, ne put ou ne voulut acquitter tous les legs et charges de ce testament.
Ce refus donna lieu à de nombreux procès; les grands biens de Mad"^ de la Roche furent vendus par décret en 1667. L'un d'eux, le fief de Lurieu, fut acquis par un membre de la famille Gonin , de Saint- Rambert, qui en prit le nom, et devint plus tard seigneur du Palais-les-Feurs.