‹ Histoire des couvents de Montbrison avant 1793 (volume 3)Chapitre 11 sur 37 · Tome · texte numérisé non relu

Tome

Le 10 mars 1646, devant Barrieu, notaire à Montbrison, la dîme d'Ecotay fut vendue par Guillaume Roux, sacristain de Savignieu, à Messire Christophe de Talaru, marquis de Çhalmazel, baron d'Ecotay, moyennant une redevance fixe et annuelle de vingttrois bichets de seigle.

Cette rente fut servie, plus ou moins exactement, jusqu'en 1793, par Louis- Anne de Saint-Martind'Aglié, comte de Rivarol, seigneur d'Ecotay en 1750; par François- Joseph Gaëtan de Saint-Martin, marquis de Saint-Germain, son neveu et son héritier, et par Charles-Emmanuel de Saint-Martin, son fils; ce- dernier était major des gardes du roi de Sardaigne et son premier écuyer. Ce fonctions le retenaient à la cour de Turin, et ses intendants oubliaient ou négligeaient le service de la rente due à Savignieu ; mais le prieur savait réclamer ses droits; et vers 1770, il faisait saisir la baronnie entière d'Ecotay, pour obtenir le payement de ses vingt-trois bichets.

Les moines de Savignieu, soit à cause de leur éloignement de la ville de Montbrison (environ un kilomètre), soit plutôt par suite de la jalousie que leur portaient les autres églises de la ville, ne paraissent pas s'être beaucoup attiré la sympathie des habitants; du moins elle ne s'est pas manifestée par de nombreuses donations en leur faveur. Ces moines bénédictins, retirés au fond de leur cloître, vivant d'une vie toute intellectuelle, avaient, à coup sûr, moins de rapport avec nos populations que les humbles disciples de Saint-François, les Cordeliers, qui vinrent s'établir

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à Montbrison, vers 1237. Les moines de Saint-François vivaient, en effet, de la vie du peuple; c'était un ordre démocratique, si l'on peut parler ainsi, et qui ne devait guère sympathiser. avec l'aristocratie intellectuelle des Bénédictins. Aussi, avons-nous relevé peu de donations, ou fondations pieuses, faites au prieuré de Savignieu; les pieux comtes de Forez, eux-mêmes, ne paraissent pas avoir porté uù grand intérêt à une fondation qui cependant émanait de l'un d'eux. Le couvent des Cordeliers de Montbrison, au contraire, quoique fondé par un vicomte de Lavieu, était choisi pour la sépulture des comtesses de Forez et des plus grandes familles de la province; la noblesse, la bourgeoisie, le peuple, les artisans, tous aimaient ces moines mendiants et avaient foi dans leurs prières.

La fondation des Cordeliers dans la ville de Montbrison dut être , selon nous, le principal obstacle à l'épanouissement du prieuré de Savignieu, et nous n'oserions affirmer que l'opposition que firent nos Bénédictins à la fondation du chapitre de Montbrison, l'œuvre de prédilection du comte Guy IV, n'ait pas été pour quelque chose dans la préférence qu'eux et les comtesses accordèrent aux (Jordeliers de Montbrison sur les Bénédictins de Savignieu. Quoi qu'il en soit, les 'donations qui leur furent faites étaient peu nombreuses, et la source en était tarie dès le commencement du XVP siècle.

En 1239, notre pieux comte, Guy IV, leur légua, dans son testament, une rente annuelle de 10 sols.

payable à la Toussaint, pour le service de son anniversaire (1),

En octobre 1265, le comte Renaud affranchit de tout impôt les hommes qui demeuraient in villa et parochia Savigniaci, Montisbrisonis, de Cromay-rieUj Loveil et Berbignieu. On remarquera que la paroisse de Savignieu est citée avant celle de Montbrison , ce qui prouve encore la prééminence de Savignieu; quant aux localités de Cromérieux (paroisse de Prétieux), Berbignieu (près de Savignieu), Loveil (cette dernière nous est inconnue), elles dépendaient immédiatement de la justice de Savignieu (2).

Le même comte Renaud, par son testament de 1270, donna à chacun des prieurés conventuels de son comté une aumône de 100 sols viennois pour sa subsistance. Le prieuré de Savignieu fut compris dans cette distribution.

Antérieurement à 1300, AP Jean Réginald fit donation à notre prieuré d'une rente de 15 sols viennois pour son anniversaire, celui de sa mère et de son clerc Astorge. Cette rente était assise sur une terre située à Montbrison, entre le couvent des Cordeliers et la rivière de Vizézy. Cette terre appartenait, au Xlir siècle , au couvent des sœurs Pénitentes de Montbrison, et leur prieure, Marguerite, passait, en 1304, un renouvellement de cette rente en faveur de notre prieuré.

(1) Histoire des diics de Bourbon, par La Mure et de Ghantelauze, t. 3, p. 50.

(2) Id. id. id. id. t. 3, p. 59.

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En 1322, un nommé Thomas Doceti, de Montbrison, remit au prieur, AymardCherzala, un capital de 100 livres, dont la rente était destinée à la fondation d'un anniversaire dans l'église de Savignieu au jour de son décès.

Nous avons vu dans les pages précédentes que deux membres d'une grande famille forézienne, Louis du Ver net, en 1300, et Barthélémy du Vernet, en 1347, firent des donations importantes au prieuré.

En 1348, Pierre Puy, de Montbrison, créa en faveur du prieuré une rente annuelle de 3 sols, devant Jacquemet de Vinols, notaire à Montbrison.

Le 6 septembre 1 363, par acte passé devant le même notaire, Pierre-Georges de Péligot et Andrée Poncet, sa femme, firent donation de tous leurs biens au prieuré de Savignieu. La note qui nous a fourni ce renseignement ne mentionne ni la situation ni l'importance des biens donnés; mais elle nous apprend que Philippe du Tronchet remplissait alors la charge de prieur ; que ce couvent avait un sous-prieur, Jacques N..., et trois moines nommés Jean Chardin, Jean Gerland et Durand Girin ; et que les fonctions de curé étaient remplies par Jean Senol.

En 1394, Arthaud de Boisvair, d'une des plus grandes familles du Forez de cette époque, créa une rente, dont le chiffre nous est resté inconnu, en faveur du prieuré, gouverné alors par M'* Etienne de la Grange, bachelier en droit et lettres, prieur de Savignieu. Ce dernier était, en 1399, juge de la Cour de Forez,

Le !•" août 1404, M" Robert de Bonneval, de Charlieu, licencié en lois, ancien juge de la même Cour et juge particulier des terres dépendantes du chapitre de Montbrison, fit son testament devant Mouret, notaire à Montbrison. Par cet acte, il élut sa sépulture dans l'église de Savignieu, en la chapelle de la bienheureuse Marie, dans laquelle il avait fait faire trois vitraux (ïres vitreasj; pour l'entretien de cette chapelle, il donna son grand pré, de douze sétérées ou environ , situé à Foris (paroisse de Savignieu), dont le revenu appartiendra par moitié à frère Jacques Bocheti, moine et sacristain du couvent, et au curé de Savignieu, présent et à venir.

Par le même testament, et par un codicile du 8 août de la même. année, il fonda deux prébendes dans réglise de Saint-Pierre de Montbrison, sa paroisse, dans la chapelle qu'il a fait dernièrement bâtir en l'honneur de la Sainte- Vierge et de saint Luc. La première de ces prébendes fut dotée des maisons, jardin et colombier qu'il possédait à Montbrison, vers Saint-André, dans la rue appelée Stolarum, et d'un pré situé au Breuil; à la seconde prébende il donna une maison située en la même ville, rue de Cordoneria; la collation de ces prébendes fut attribuée au doyen et chapelain de l'église de Notre-Dame de Montbrison; et pour la fourniture à ces deux prébendiers de chandelles et autres choses nécessaires à la chapelle (candelds et alia necessaria), il donne à la luminaire de l'église de SaintrPierre et Saint- Paul la moitié des rentes qu'il possède à Berbignieu

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(paroisse de Savignieu), et à M" Jean Thoinon, curé de Saint-Pierre, son bréviaire, à la charge de le vendre et d'en acheter, avec le prix en provenant, un missel pour le service de ses deux prébendiers (1).

Parmi les autres legs pieux contenus dans ce testament, nous remarquons une rente au chapitre de Notre-Dame de 27 livres tournois ou francs d'or; aux Frères Mineurs de Montbrison (les Cordeliers), un legs de 100 sols, une seule fois; au chapelain de Saint-Jean-des-Prés, dix francs d'or, en sus de. ce qu'il lui a déjà donné, et au curé actuel ou futur de l'église de Saint-Pierre et de Saint-Paul la pension annuelle d'un barrai de vin, de 7 sols tournois et une rente directe acquise d'Arthaud de Blins (ou de Bluis) dit de Lézignieu. Son clerc Jean Bothéon reçut, pour les nombreux services qu'il lui avait rendus, une coupe d'argent et une cuve ou tine placée dans son pressoir au château de Montbrison. Enfin, il institua pour son héritière universelle sa parente (cogiiatam suant), Jeanne de Belmont, femme d'André Audebert, bourgeois de Montbrison.

Robert de Bonneval mourut en 1408. Il avait choisi sa sépulture dans l'église de Savignieu, en souvenir d'autre Robert de Bonneval, un de ses ancêtres sans doute, qui était prieur de ce couvent en l'année 1154. Nous n'avons pu savoir quelle fonction ecclésiastique

(1) Ua bréviaire était à cette époque, avant l'invention de l'imprimerie , un objet rare; peu de prêtres en possédaient; mais chaque église en avait un , retenu par une chaîne au lutrin qui le portait.

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Robert de Bonneval, le testateur, avait remplie; si même il était engagé dans les ordres, comme semble l'indiquer le legs qu'il fait de son bréviaire. L'abbé Renon en parle dans sa Chronique de Notre-Dame-d* Espérance de Montbrisonj p. 532.

Auguste Bernard ("Histoire du ForeZj 1. 1'', p. 343) fait aussi mention d'un Robert de Bonneval, procureur général au bailliage de Forez, en 1372; il était en même temps membre du conseil privé de Louis II de Bourbon, comte de Forez, et de la comtesse douairière Jeanne, alors que tous les deux se disputaient l'héritage du comte Jean II, mort sans enfant. Cette confiance des deux prétendants dans Robert de Bonneval est une preuve de son mérite et de la haute position sociale qu'il occupait dans le Forez. En 1379, il était juge de Forez (1).

Anne-Dauphine, comtesse de P'orcz, par son testament du 15 décembre 1415, fit donation au prieuré de Savignieu d'une rente annuelle de 26 livres tournois, à prendre sur la recette de Chatelnouf, à la charge par les moines de célébrer un annîvei'saire de six messes basses de Requiem le lendemain de Saint- Martin d'hiver.

Cette rente était la seule que recevaient nos moines du trésorier de Forez, encore ne la touchaient-ils pas toujours exactement. En 1583, ils durent, pour en obtenir le payement, présenter requête à Jean Papon, conseiller du roi, lieutenant-général au bailliage de

(1) Revue Forézienne, année 1870, p. G6.

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Forez, qui la leur fit payer sur Tavis conforme dq Philippe Ganieu, avocat du roi. Le payement de cette rente leur fut encore contesté en 1715, et de nouveau en 1730. Toutefois, les titres de nos moines furent reconnus valables, grâces aux soins qu'ils avaient eu de les faire enregistrer à la Chambre des comptes de la généralité de Lyon, conformément à un arrêt du 14 mars 1730.

A cette époque , la Chambre des Comptes fut assaillie de demandes en payement de rentes constituées autrefois par les comtes de Forez en faveur des curés des paroisses de Saint-Pierre, de la Madeleine et de Saint-André de Montbrison, de Sury-le-Bois, des prébendiers de Saint-Galmier et de Néronde, des Sainte-Claire de Montbrison et autres. Leurs prétentions étaient aussi élevées que peu justifiées pour la plupart. Aussi la Chambre des Comptes ajourna toutes ces demandes jusqu'à l'enregistrement des titres et la production des certificats de la célébration des services dont ils réclamaient le payement. En 1741, les prêtres et les religieuses n'avaient pas fait cette justification^ nous ne savons s'ils la firent plus tard.

En 1417, une nommée Izabelle Rapaille fonda une rente annuelle de quinze sols pour chanter un Salve Regina devant l'image (la statue) de Notre-Dame de Chartres.

Le 30 juin 1429, honnête femme Blanche Meyssonier fit donation au couvent de Savignieu de cent écus d'or; nous n'avons pu savoir sous cruelles con-

ditions. Cette somme ^ très-forte pour l'époque, fut prêtée à honnête Pierre de Grézieu, clero-juré de la Cour de Forez, et à Jean de Salina, par vénérable Jean de Dye, prieur. L'acte qui constate ce prêt nous a conservé les noms des six autres moines qui habitaient alors le couvent, ce sont : les frères Mathieu Durieu, sacristain, Pierre Galopin (1), Jean Bouchot, Jean Symon, Jacques Bénéon et Guy de Chabet. Cet acte renferme une particularité : c'est le titre que prend Jean de Dye de prieur de Montverdun et de Savignieu; ce qui semblerait indiquer que hiérarchiquement le prieuré de Savignieu était sous la dépendance de celui de Montverdun.

Le 15 décembre 1462, noble homme Poncet de Marzieu (2) , damoiseau , seigneur do Vaures ( Savignieu) , fit don au couvent d'une rente de 3 livres pour la fondation d'une messe par semaine, qui devait être célébrée par un des moines ou par le curé-vicaire de Savignieu.

En 1466, noble Jean de Barges (3), seigneur de Merlieu et de Vaures (Savignieu), voulut être enterré dans l'église du prieuré, dans sa chapelle de Notre- Dame de Chartres et au tombeau de ses prédécesseurs, Par son testament, il fonda une prébende dans cette

(t) En 1 536, on retrouve le nom de Pierre Galopin porté par un des consuls de Montbrison qui tenaient le poêle à l'entrée de François I*' dans la ville.

(2) En 1224, Thomas de Uarzieu était bailli de Forez (ff^mie Forizienne^ 1870, p. 10). En 1306, Dalmace de Marzieu l'était aussi. ( ïd. id.

id, p. 11).

(3) Les de Barges étaient, dès 1314, seigneurs de Sainte-Agathe et de Merlieu.

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chapelle et la dota de tous les biens qu'il possédait dans le château de Chandieu. Il était marié à noble Claudia-Brunarde Deyssal, dame do Vaures; mais il ne parait pas avoir laissé d'enfants^ puisqu'il nomma pour son héritière universelle Françoise sa sœur (1). Le même testament nous apprend qu'il avait une autre sœur nommée Béatrice^ religieuse à l'abbaye de Saint-Pierre de Lyon.

M. Etienne Demeaux, lieutenant-général au bailliage de Forez, étant devenu seigneur de Merlieu, par son mariage, vers 1715, avec Jeanne-Louise Puy, se crut en droit de réclamer la jouissance de la chapelle fondée par les de Barges; mais le prieur de Savignieu résista à cette prétention; il soutint que le patronage d'une chapelle n'est pas attaché au fief, mais à la famille du seigneur, et obtint gain de cause.

Brunarde Deyssal, dame de Vaures, veuve de Jean de Barges, voulut reposer à côté de son mari, et par son testament de 1505, elle y fonda une rente annuelle de quinze deniers tournois, pour la célébration d'une messe chaque dimanche. La dame de Vaures institua pour ses héritières universelles, Claudine et Marguerite du Ver net, filles de feu François du Ver net, seigneur de la Garde (Saint-Thomas-les-Nonnains). Un titre de la fin du XVIP siècle nous apprend que ces quinze deniers tournois étaient payés par une rente de trois livres cinq sols; et cette rente était alors assise sur un domaine appelé La Chanat, situé à Saint-

(i) C'est elle qui, mariée à un TréméoUes, lui apporta le fief de Mçrlieq,

Paul-d'Uzore, appartenant encore à la famille du Vernet.

En 1497, par acte du 25 mars, reçu par Vende, notaire , un nommé Raymond , de Montbrison , fonda huit anniversaires dans Téglise de Savignieu, sous la rente annuelle de quatre livres tournois.

Le 31 mars 1513, par acte passé devant M' de Farges, une nommée Antoinette Grossiac, de Montverdun (paroisse de Saint-Paul-d*Uzore), fonda une grand'messe à dire par le prieur, les religieux ou le curé de Savignieu, sous la rente annuelle de cinq sols tournois assise sur un pré situé au grand bois à Montverdun.

La dernière fondation pieuse dont nous ayons retrouvé ime trace fut faite au prieuré, en 1518, par Claude Vauberet et sa femme , de Montbrison , pour la célébration d'une messe annuelle à haute voix, la veille de la Toussaint, sous la rente de quinze sols.

On dirait que les guerres de religion qui ensanglantèrent le XVP siècle, tarirent les sources déjà faibles des donations qui avaient été faites en faveur de notre prieuré; car il est à remarquer qu'à partir de cette époque nous n'en avons plus trouvé de traces.

Le prieuré de Savignieu, par sa situation en dehors des remparts de Montbrison, dut être en effet rançonné plus d'une fois par les soldats de tous les partis, qui, sous les noms de catholiques ou de protestants, ravageaient notre province dans la seconde moitié du XVP siècle; mais il ressentit plus particulièrement la fureur des réformés, augmentée de la résistance

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qu'ils rencontrèrent sous les murs de Montbriçon le 14 juillet 1562. Toutefois, les mémoires contemporains ne nous ont fourni aucuns détails spéciaux à Savignieu; mais dans les archives de ce prieuré, nous avons trouvé une analyse des titres du couvent faite vers la fin du XVIP siècle, dans laquelle nous lisons ce qui suit : « Il conste par l'histoire du Forez et par * « la tradition que la ville de Montbrison fut mise au a sac et au pillage par les hérétiques, qui y com- « mirent les plus inhumaines et barbares cruautés a des tirans du paganisme; particulièrement dans le a monastère de Savignieu qui fut ruiné*et brûlé de a fond en comble, avec tout ce qu'il y avait de plus a précieux, comme ornemens d'église, reliques et a papiers. Cela arriva l'année 1563. »

Remarquons d'abord que notre chroniqueur se trompe d'un an dans cette dernière date (Montbrison fut pris et ravagé par les protestants le 1 4 j uillet 1 562) ;

que les papiers ne furent pas tous brûlés, puisque le

chroniqueur en fait lui-même l'analyse, et que les plus vieux titres se trouvent encore aux archives de notre département; enfin que l'église, au moins, ne fut pas complètement détruite, puisqu'elle existait en 1820.

Ces réserves faites, nous croyons sans peine aux ravages que les soldats du baron des Adrets exercèrent dans le couvent de Savignieu. Leurs cruautés envers les Cordeliers et les Sainte-Claire de Montbrison confirment l'analyse que nous venons de rapporter (1).

(1) Voir sur la prise de Montbrison, en 1562, les Articles consacrés aux Cordeliers et aux Sainte-Glaire.

Nous avons dit que le prieuré de Savignieu, mieux doté que plusieurs autres qui rayonnaient autour de lui, comportait trois bénéfices : celui du prieur, celui du sacristain et la vicarie de Saint-Tht>mas. Le prieuré de Savignieu étant en commande au moins depuis le XV* siècle, le prieur commandataire ne résidait pas au couvent; il percevait la plus grosse part des revenus, laissant au prieur claustral le devoir d'acquitter les fondations pieuses, de maintenir la règle entre les moines, et

A des chantres gagés le soin de louer Dieu.

Le sacristain de Savignieu avait dans ses revenus la jouissance de la moitié du grand pré de Foris donné par Robert de Bonneval, et une terre de quatre cartonnées, située aux Purelles de Montbrison. Cette terre, après être restée longtemps inculte, était affermée, en 1570, par Marc de Charnaux, alors sacristain, dix livres tournois par an. En 1597, elle était vendue, à titre d'abennevis, à Jean Papon, prieur de Marcilly; plus tard, en 1735, elle était plantée en vigne, le sacristain en avait repris la jouissance et y avait fait construire une loge ou maisonnette.

Quant à la prébende de Saint-Thomas, c'était un bénéfice assez convenablement doté pour exciter la convoitise de plusieurs prétendants. De ses revenus dépendait une vigne située à Montbrison, au territoire de Pierre-à-Chaud , de la contenance de sept fortes journalées.

Vers 1650, noble Vital Pupier, pourvu de cette

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prébende, la résigna en faveur de Jacques Pupier, son neveu, encore mineur et non entré dans les ordres. Le pape avait approuvé cette mutation ; mais le prieur, de son côté, après le décès de Vital Pupier, avadt nommé à cette prébende Dom Guillaume Roux, déjà pourvu de la charge de sacristain, et l'avait mis en pleine possession et jouissance; noble Louis Pupier, conseiller au bailliage de Montbrison , père du jeune titulaire, prit en main la défense de son fils. Il appuyait ses droits sur le bref du pape, et sur la qualité de sacristain qui empêchait Guillaume Roux de cumuler deux bénéfices dans le même couvent. Dom Roux, de son côté, soutenait que cette prébende étant presbytérale ne pouvait être confiée qu'à un prêtre; que le prieur en était le vrai patron et avait eu le droit de l'y nommer. Je ne sais ce qu'il serait advenu de ce procès, mais il ne'fut pas jugé par le bailliage; deux procureurs de Montbrison, MM~ Pierre Bochetal et Etienne Ronat, firent transiger les parties devant M* Béraud, notaire, le 22 juin 1656; Guillaume Roux se désista de toutes ses prétentions. Le traité ne mentionne aucune finance; il est probable cependant que Jacques Pupier dut en payer une; mais stipuler un prix eût été acheter ce qu'il croyait lui être dû.

Plus tard , cette même chapelle de Saint-Thomas , ou vicarie comme on l'appelait quelquefois, donna lieu à de nouvelles contestations. Vers 1677, sous l'administration de M'" Jacques Manis, chanoine de Saint-Paul et prieur commandataire de Savignieu , la collation de la vicarie de Saint-Thomas, qui apparte-

nait autrefois au prieur de Valfleury, fut attribuée à celui de Savignieu par transaction passée à Saint- Chamond. Après la mort du titulaire de cette époque, Dom Aymard de Floris, qui arriva longtemps après la transaction de 1677, on avait mis en oubli le résultat de ce traité, et un prêtre de Tordre de Saint- Lazare obtint des Lazaristes, successeurs des Bénédictins à Valfleury, sa nomination à cette prébende ou vicarie. Mais on ne tarda pas à Savignieu de s'apercevoir de Terreur; le Révérend Père Dom Benoit d'Aurelle eut quelques velléités de protestation, mais il s'arrêta devant le fait accompli. Après sa mort, vers Tannée 1700, Tabbé de la Chaize-Dieu protesta contre une nomination faite au préjudice des droits acquis à son ordre, et, depuis lors, la vicarie de Saint-Thomas fut irrévocablement unie au prieuré de Savignieu.

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