LES PÉNITENTES DE SAINT-AUGUSTIN
ligieux, et par les fondations pieuses dont elle a doté plusieurs couvents de cette ville (1).
En 1294, Clément Rosset, chanoine de Montbrison, par son testament du jeudi avant l'Assomption, fit don aux Pénitentes de Saint-Augustin de dix sols tournois dont elles devaient donner douze deniers à leur chapelain pour un anniversaire du testateur (2) .
Cette dernière donation nous apprend que le couvent des Pénitentes de SaintrAugustin était assez important pour avoir un chapelain.
Le chanoine Rosset mérite ici une mention spéciale à cause des legs nombreux qu'il fit par son testament aux pauvres de Montbrison , et notamment à Thôpital de cette ville pour l'admission des femmes en couches.
Quelques années auparavant, en 1285, un autre prêtre, Etienne de Boysel, avait légué une maison au mêipe hôpital, sous l'obligation de distribuer tous les ans une rente de dix sols viennois aux pauvres accouchées (3). N'est-ce pas une chose à noter que la sollicitude de ces prêtres pour les femmes en couches.
Le chanoine Rosset avait aussi fondé, dans l'église de Notre-Dame de Montbrison , une chapelle ou prébende qui devait être desservie par trois prébendiers, dont la nomination était réservée au doyen du cha-
(1) Voir nos notices sur les Cordeliors, les Ursulines et les Oratoriens de Montbrisçn.
(2) Notes manuscrites d'xVug. Bernard, dons son Histoire du Forez, t. 1, p, 253.
(3) hiveniaire det titres du comté de Forez , par Aug. Chaverondier, p. 398.
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pih^e, et, à son défaut, au comte de Ferez (1).
Clément Rosset appartenait à une famille de Saint- Etienne; c'est du moins ce que permet de croire une clause de son testament, par laquelle il donne cinq sols au chapelain de La Tour (en Jarrez?) et cinq sols au chapelain de Saint-Etienne de Furan, pour Fanniversaire de ses père et mère, auquel sera convoqué le chapelain de Saint-Priest, qui rece^Ta neuf deniers, et son clerc, trois, et auxquels on donnera à diner (3).
L'abbé Renon, dans sa Chrordque de Notre-Damed/ Espérance de Moiitbrison , page 1 1 , fait mention de Clément Rosset parmi les premiers chanoines nommés dans ce chapitre, en 1224, par le comte de Forez, son fondateur; en sorte que, s'il n'y a pas erreur dans les dates. Clément Rosset, mort en 1294, d'après le Livre des Comppsitions, a rempli ses fonctions de chanoine pendant soixante et onze ans.
Ces quelques renseignements sur les Pénitentes de Saint- Augustin ne nous apprennent rien sur l'importance, la situation et les revenus de ce couvent; nous savons cependant, par des notes trouvées dans les titres du prieuré de Savignieu, qu'il possédait^ outre les enclos qui , d'ordinaire, entourent les couvents, un vaste champ situé sur les bords du Vizézy et joignant aux Cordeliers de Montbrison. Cet im-
(J) Livre des Compositions du Forez (bibliotliùque de la ville de Saint-Etienne), !!• 89, r 51 . — Inventaire des titres du comté de Forez, par Aug. Cliaveroudier, p. 634.
(2) Notes manuscrites d'Aug. Bernard dans son Histoire du Forez / t. iî, p. 553.
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meuble leur appartenait en 1304; noaîs il é^it chargé d'une rente de quinze sols viennoiB donnée ^ en 1300^ par M* Jean Réginal,.au prieuré de Savignieu^ pour la fondation d'une messe anniversaire pour lui^ pour sa mère et pour son' clerc Astorge. Une reconnaissance de cette rente ^ passée en 1304^ nous appread que le couvent des Pénitentes de Montbrison était alors sous la direction d'une prieure nommée Marguerite (peut-être la même que Marguerite Chapuie dont nous venons de parler), et qu'au nombre dee religieuses on comptait : Luce Arnaud, Huguette Floria, Agnès de Saint- Antoine, Guarine de Saint- Jean-de- , Garanton, Daleyre et Guarine sa sœur.
Par La Mure, nous savons encore que sous le, gouvernement du comte do Forez, Jean I" (1290 à. 1332), les Pénitentes de Saiat-Augustîn furent frappées d'une maladie contagieuse qui fit parmi elles de nombreuses victimes et les força d'abandonner leur couvent. Mais le fléau ayant disparu, elles se remirent en communauté.
Le même comte Jean I"^, par son testament du 16 août 1324, leur fit don d'une rente aniiuelle et perpétuelle de vingt sols viennois qui devaient être distribués, chaque année, entre chacune des religieuses (1).
Un autre comte de Forez, Guy VII, augmenta la dotation que ses prédécesseurs avaient faite à ce couvent. Par une charte du 30 décembre 1342, il lui
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(1) Hiik>irt éei dnade Sùurbfm* par Ii» Mureet Ghaaielause, t. 3, p. 93.
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assigna une nouvelle pension de quatre septiers de seigle et de quatre livres* tournois^ le tout assis sur la chatellenie de Chambéon (1).
Le même comte, par son testament du 16 décembre 1357, leur légua une nouvelle rônte de cent sols viennois au capital décent livres, pour cinq anniversaires à dire chaque année, pour lui et ses ancêtres, le jour de son décès et les quatre jours suivants. Cette rente devait être distribuée entre les religieuses et non employée ailleurs (2).
Cette dernière clause semble indiquer que cette association religieuse n'était pas très-prospère, et que le donateur appréhendait, par ce motif, que ses exécuteurs testamentaires donnassent à son legs une autre destination.
En effet, ni le bon vouloir des religieuses, ni la générosité de Guy VII ne purent rendre la vie à cette communauté ravagée parla maladie. Elle végéta encore quelques années jusqu'en 1362, que le comte Jean II, ou plutôt Renaud, son tuteur et son oncle, supprima ce couvent qui n'avait plus de religieuses, et en donna les revenus au chapitre de Notre-Dame (3).
Une reconnaissance de rente, du 8 mars 1420, passée devant Grassi , nous apprend que Barthélémy Morelli servait à l'hôpital de Montbrison une rente
(1) Histoire des ducs de Bourban, par La Mure et Cbantelauze, t. 1, p. 401 . >— Notes manascrites d'Aug. Bernard dans sod Histoire Au Forez, 1. 1, p. 307.
(?) Histoire des ducs de Bourbon, par La Mure et Chanlelauze, 1. 1 , p. 401 .
(3) 'Notes manuscrites d'Aug. Bernard dans son Histoire du Forez, t. 1, p. 33 j.