‹ Histoire des couvents de Montbrison avant 1793 (volume 3)Chapitre 20 sur 37 · EN HABIT DE FRÈRE MINEURS; POUR LESQUEULX VOUS PLAISE · texte numérisé non relu

EN HABIT DE FRÈRE MINEURS; POUR LESQUEULX VOUS PLAISE

DIEU PRIER QU'aYE D*EULX MISERICORDE. AMEN.

Le titre original de cette fondation nous apprend qu'elle fut faite en 1444. Antoine de Sugny prêtait en 1441 foi et hommage pour sa maison forte de Sugny, et en 1442 pour sa maison forte de Lasalle-lea- F'eurs (l). Une note de 1751 rappelle qu'Antoine de

(f) Histoire des ducs de Bourbon ^ t. 2, p. 185.

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Sugny et Isabeau de Montagu avaient en effet donné au couvent plusieurs pièces d'or de reûte pour une messe à dire chaque jour de Tannée; que cette rente cessa d'être payée en 1695, à Tépoque où la terre de Sugny fut vendue par décret, et le service des messes interrompu jusqu'en 1755, où M. Cliapuis de la Salle, nouveau possesseur d'une partie de la terre de Sugny, consentit à payer la rente du septier de froment. Une autre note sans date, qui parsût être de la même époque, contient l'observation suivante : « Le service « est trop pénible pour la rétribution, il faut bien se <c garder de faire reconnaître cette rente. > Cette réflexion, qui certainement n'était pas destinée à la publicité, nous montre que nos moines avaient depuis longtemps oublié le fondateur de leur infirmerie, de la salle du chapitre^ delà chapelle de Saint-Claude et du saint sépulcre, et qu'ils vendaient leurs prières comme une marchandise cotée.

L'église des Cordeliers n'avait qu'une seule nef et un seul rang de chapelles à droite en entrant; à gauche étaient les petits oratoires ou confessionnaux dont nous avons parle.

L'une d»t5es chapelles portait le nom de Toussaint. Elle fut construite^ vers 1375, aux frais de frère Mathieu, de Firminy, ancien gardien du couvent de Saint-Bonaventure de Lyon, « comme il se voit, dit le a P. Fodéré, dans une pierre posée en la muraille de a ladite chapelle. y>

Cette inscription subsiste encore de nos jours, incrustée dans le logement du fermier do la Grenette,

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contigu à Tanclenne église des Cordeliers. Elle est en caractères minuscules gothiques de la fin du XIV* siècle, a 48 centimètres de hauteur sur 37 de largeur. En voici le contenu, d'après la traduction donnée dans VHistoire des dvx^s de Bourbon j par La Mure et Chantelauze, t. l'*', p. 470, note 2\ Les italiques représentent les lettres omises par abréviation.

f FBater Matheus , de

FiRMINIAGO, QUOnDam CUSTOS LuGDtiNemÙ ST GOriFESSOR DOmiNE

comiTissE Yo^ensis, de bonis

SUIS A DeO Sl6l DATIS FE-

GIT FIERI ISTATM CAPELLAm AD HONOREm Dci ET OWNIUM

SanclORum. Cps {Chrisius) PcrPETUE sifti

ET BeNe FACTORIBtiS SUIS DET GAUDIA VITE. ÂMen.

. C'est encore à M. Henry Gonnard que nous devons la découverte de cette inscription, et à son crayon la réduction qu'il a bien .voulu en faire pour nous.

Frère Mathieu, de Firminy, en sa qualité de confesseur de la comtesse Jeanne, était on même temps le dispensateur de ses bienfaits, comme nous l'apprend le premier testament de cette comtesse, fait à Clépé par Guédon de Mont-Chalm fde Monte^ChalmoJ, le 22 octobre 1382, par lequel elle donne à Frère Mathieu, de Firminy, pour le couvent des Cordeliers, cinquante livres de rente assises sur les recettes do Feurs et do Donzv.

Notre vieil historien de La Mure fait aussi mention d'un docte et dévot Cordelier de Montbrison, confesseur de la comtesse Jeanne; mais il le nomme, par erreur sans doute, Jean au lieu de Mathieu.

La famille d'Entragues avait son tombeau dans cette chapelle de tous les Saints. Une bulle du pape Raymond, du 14 janvier 1597, accorde cent jours d'indulgence à ceux qui prieront pour Tâme de Jean d'Entragues, juge de Forez, et de Jeanne d'Entragues, sa femme, judicdB ForensiSj suivant les termes de la bulle, et qui jetteront Teaû bénite sur le tombeau en pierres qu'ils ont fait ériger à leurs frais pour eux et leurs parents.

Nous n'avons pu découvrir la date de l'érection de ce tombeau ; mais nous savons que Jean d'Entragues, damoiseau, sieur de Montarey, était premier écuyer de Monseigneur le duc de Bourbon (XV* siècle) , et qu'il avait donné aux Cordeliors quatre-vingts livres tournois pour la fondation d'une messe à dire sur son tombeau tous les vendredis de l'année. Etienne d'Entragues, un de ses ancêtres, était trésorier de Forez de 1377 à 1398 (1).

L'autre chapelle, dédiée à saint Louis, évoque de Marseille, fut construite, vers 1337, par les soins d'Isabeau de Forez, dame de Mercœur, enterrée dans le tombeau des comtesses de Forez. Elle donna, de plus, un capital de quarante livres pour achever la construction de la chapelle Saint-Louis.

(1) BUtoire du Forez, par Aug. Bernard, t. 2, page 5. — Hùtoire det duc9 de Bourb(m, par La Mure et Cbantelauzo, t. 3. Supplément p. 28^

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C'est dans cette chapelle que chaque année on exposait à la vénération des fidèles les relique de saint Louis de Marseille, évêque de Tordre des Cordeliers, données au couvent par la comtesse Jeanne de Bourbon, comme nous le dirons au chapitre suivant.

Une troisième chapelle, sous le vocable de Sainte- Claire, fut construite, vers 1380, par noble Jean de Crozaj seigneur de Curraze (Curraize). Ce seigneur était sans doute le même que Jean du Cros (Ue Crozaj j juge de Forez et membre du Conseil de la comtesse Jeanne de Bourbon en 1373 (1).

Ces trois chapelles étaient voûtées en pierres; aussi elles eurent peu à souffrir des incendies de 1643 et 1731, qui causèrent de si grands dégâts au reste de l'église. Placées d'abord sous le vocable de Saint- Claude, de Saint-Louis et de tous les Saints, elles changèrent plusieurs fois de patrons. On les retrouve plus tard sous les noms de Saint-Michel, des Jatins, du Saint-Esprit et de Sainte-Claire.

La première de ces chapelles, à droite en entrant, dite des Jatins, appartenait au XVP siècle à la famille de Thélis, seigneur de Chatel, de l'Orme et de Saint- Aubin, qui y avait son tombeau. Etienne de Thélis était lieutenant-général au bailliage de Forez, de 1597 à 1608 (2). Jacques de Thélis, son fils, retenu à Paris par ses fonctions de trésorîer^énéral de France, céda

(1) Hiitoire du Forez, par Âag. Bernard, t. l*"*, p. 342.

(2) Bévue Forézienne, année 1870, p. 112.

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Bes droits sur cette chapelle, vers 1650, à la famille de La Rochefoucaud , marquis de Rochebaron, qui la conserva jusqu'en 1720.

L'autre chapelle à la suite de la précédente, s'appelait de Chabet, en 1732, du nom de la famille Chassain, sieur de Chabet, qui la fit restaurer après l'incendie de 1731.

Toutes ces chapelles étaient séparées par des pilastres en pierres qui s'élevaient jusqu'au plafond de l'église et supportaient les arceaux en bois de la voûte.

En face, du côté des petits oratoires, il y avait des pilastres pareils, contre lesquels étaient adossés de petits autels dédiés à saint Crépin, saint Vincent et à d'autres patrons des diverses corporations de la ville. De pareils petits autels existaient aussi dans l'église des Cordeliers de Saint-Bonaventurc de Lyon, adossés aux douze piliers qui supportaient les nefs et dédiés également aux patrons des nombreuses corporations d'ouvriers (1).

Au-dessus de la porte principale de l'église, Pierre II, duc de Bourbon, fit construire à ses frais, en 1492, une élégante tribune, « au devant de laquelle paraît oc encore aujourd'hui l'écusson do Bourbon couvert a de la couronne ducale et entourné de l'ordre du roi, « qui était alors celui de Saint-Michel (2) . »

Ce même écusson était reproduit dans le vitrail de

(I) Detcription de la ville de Lyon, par***, 1741, p. 65. — Fêtes à Voccasion de la canonisation de saint Jean de capistran, par le P. Jean-Baptiste Bazin. 1693, p. 18.

(•2) Histoire des dvrs de Bmirhon, par U Mure et Chantelauze, t. 2, p. 433.

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?a rosaœ placée au-des&ue de la 'grande porte. Il « y « <î9t accompagné^ ajoute La Mare, de <ieux hîéro- (c glyphes que prenait le dwc, à eaaroir ttleux globes, « en l'un des quelle est peprésenté un oerf ailé d'or et ^t langue de feux de gueules, sortant d'*»ne nuée « d'azur, marquée de la devise du mot Espérance « en lettres d'or, et un sartre où est figuré un chardon « entrelaçant avec «es feuilles les deux lettres majus- « cules Pet A, 'initiales de son ^nom et de celui de la a duchesse son épouse » (Anne de France, fflledu roi Louis XI) (1).

A la suite de la description que nous ^venons de "faire de l'intérieur de l'église des Oordeliers, nous mentionnerons encore un tombeau qui existait, en 4693, suivant le P. Bazin dont nous venons de citer l'ouvrage, dans le chœur de l'église, proche 'l'airtdl du côté de l'évangile. Ge tombeau, suivailt cet auteur (2"* partie, p. 100), était celui d'un évêque de l'ordre •des 'Oordeliers.

C'est la seule mention que nous ayons rencorrtr^e •de ce tombeau, à moins que le P. Bazin ne l'ait conifondu avec celui de la comtesse Jeanne • de Montfort, qui était, il est vrai, du même côté, mais enfoncé sous une arcade du chœur. Au reste, comme le trouvent des Cordeliers possédait les reliques de sairit Louis, évêque de Marseille et Cordelier -lui-même, onpourrait admettre qu'une châsse en formede^tombeau leur ait été élevée dans le chœur de l'église.

(1) BUtoire ida ducs de Bourbon, pafLaMare et Gbantelaoze, t. '2, p. 433.

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