‹ Histoire des couvents de Montbrison avant 1793 (volume 3)Chapitre 23 sur 37 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Blenfaitean du couvent des Gordellen : Guy de Fores, 1274. — Jeanne de Montfort, 1280 — Renaud de Forez , 1270. — Isabeau de Forez, 1332. — Jean I*' de Forez, 1334. — Guy Vil de Forez, 13&7. — Louis II de Bourbon, 1370. — Marguerite de Savoie, 1371. — Jeanne de Bourbon, 1381 — Anne de Forez, 1415. — Jean de Bourbon, 1485. — La chapelle de Saint-Âubrin et la messe du palais. — Autres bienfaiteurs du couvent des Gordeliers : Guillaume, 1265.— Guillaume du Yemet^ 1800. — Roman de la BÂtie, 1300.

— Guillaume de Montverdun, 1304. — Jean-Hugues d'Acre, 1346. — Enarde d'Ampuls, 1348. — Paule Magnln, 1360. — Jean Brochet, 1379. — Jean du Groz, 1379. — Madeleine de la Creuse. — Robert de Bonneval, 1404. — Alix de Beai^eu, 1419. — Guy de Gouzan, 1423. — Jean Vemin^ 1432. — Amédée Verd, 1441. — Jean Cachîbo, 1480. — Jean Bollier, i486. — Jacques de Puy- Glamaud, 1501. — Pierre Dussac, 1507. — Jean Tapeau, 1507. — PometTavemier, 1517. •— Laurent Mouton, 1517. — Jacques de Jas, vers 1500. — Claude de Toumon, 1538. — Colombe de Tournon, 1578. — Colombe de Jaligny, 1540. — Marguerite de Four nier, 1545. — Madeleine de Fournier, 1626. — Claude Uvet du Colombier, 1664. — Le maréchal de Saint- André, 1550. — De la Grue, 1559. — Marguerite Sarrazin, 1564. — Christophe Bouchetal, 1571. — Jean Charrey, 1572.-- Jean Papon, 1572; Etienne Papou, 1581 ; Gilbert Papon, 1592 ; Françoise du Verdier, sa femme, 1613; Louis Papon, 1593. — Benoîte Pourrette, 1575. — Louise de Cuzieu, 1576. — Pierre Dumas, 1582. — Catherine Cleppier, 1592. — Madeleine Bolet, 1^93; Jean Champier, 1609. — Antoine Chalons, 1593. — Christophe de Talaru, 1594. >- Periine Bois, 1 564 ; Pierre Bois, 1 565 ; Pierre Bois, 1 595 ; Jacques Bois, 1597. » Antoine Vallanson, 1597. — De Beauplan, 1598. — Jacques Ghenevier, 1600. — Madeleine Philippe, 1609. — de FuBsimagnea, 1604. — Jean Tranchand, 1606. — Jean Reynard de Beaureverd, 1607. — Jacques du Rosier, 1615. — Charles d'Apchon, vers 1600.— Collette Chevillon, 1613. — Hnbert Paire, 1616.— Michel Duclouz, 1616 ; Emerande Duclouz, 1649 ; JeanTholier, 1650; Michel Punctis, 1653.— Gabrielle de la Barge, 1620.— Marthe Avlzard, 1626. — Bôraud de la Jarlette, 1638. — Antoinette Tourillon, 1641.

— Rose de Ja Roëre, 1643. — Jeanne de Paultrieu, 1647.— Guillaume

Ronzeau, 1650. — Jacques de Rostaing, 1650. — Marie Faton, 1668. <— Catherine Giraud, 1C68 ; Claude Giraud, 1687.— Antoine Daudieu, 1672. — Antoine BttBsiôre, 1673. — Bonnet Petit, 1674.— Charles-Ignace delà Rochefoucaud et Madeleine d'Escoubleaux de Sourdis, se femme, 1696. — François Chassaing, 1706.— Philippe Duby, 1707; Michel-Bonaventure Daby, 1731, 1753. — Jeaa Ténot, 1710.— Michel Pouderoux, 1715. — Denls-Francois de Lesgalierie, 1729.— Jean Morel, 1713.

Après le fondateur du couvent des Cordeliers, que nous croyons être un membre de la famille de Lavieu, nous devons mentionner les comtes de Forez et leur famille comme en étant les principaux bienfaiteurs.

Nous avons déjà parlé d'une donation faite par Guy VI, en 1275, ainsi que celles de Jeanne de Montfort, sa veuve, en 1280, 1285 et 1293, dont le tombeau fut érigé dans le chœur de Téglise, du côté de l'évangile.

C'est à cette comtesse que le couvent était redevable de ce beau calice en vermeil dont nous avons dit quelques mots au chapitre premier. La Mure nous en a laissé une description détaillée; cette description augmente les regrets que doit faire naître la perte d'un objet d'art aussi remarquable. <3c La coupe de ce « calice, dit notre vieil historien, est fort large, à la « façon de celle des anciens calices, et semble venir a d'une grande tasse ou coupe convertie à cet usage « sacré, selon la disposition testamentaire de cette « douairière. La patène, qui est aussi fort large et en ce forme d'assiette, a, dans son fond et au milieu, « gravée la figure d'une Notre-Dame tenant son divin « enfant, et plus baa celle de cette douairière même

LES GORDELIBHS. 155

« étant à genoux et ayant les mains jointes, et revêtue a de l'habit du tiers-ordre de Saint-François tel qu'il a se portait en ce temps-là, comme on le vérifie par « d'autres figures qui se sont trouvées peintes en « l'église des Cordeliers de Villefranche. Elle parait « donc en cette gravure, selon la forme de cet habit a pieux, avoir une longue veste ou soutane sans « aucune couture, avec un grand manteau au-dessus, oc et en la tête un couvre-chef lui serrant le front et les « joues et lui tombant sur l'épaule et se terminant en a pointe en guise de capuce (1). Voilà pour ce qui se d remarque en la patène de ce dévot calice. Mainte- « nant pour ce qui est du calice même, le nœud qui a en soutient la coupe est, tout à l'entour, orné des « figures des saints apôtres en relief, et sur le pied <c qui appuyé le tout quatre écussons paraissent a émaillés, qui regardent cette illustre douairière.

« Le premier écusson est celui du comte de Forez, et son défunt et premier mari, dans lequel, sur un

(1) Hittoire det ducs de Bourbon ^ par La Mure et Ghantelaaze, 1. 1, p. 293. — M. Ghantelauze, l'éditeur de La Hure, a reproduit, d'après ce dernier, un dessin de Jeanne de Montfort ; mais il pense que le costume que La Hure a pris pour celui du tiers-ordre de Saint-François n'est rien autre que le costume des femmes du temps de Jeanne. Nous ne somme< pas du même avis, et nous pensons que Jeanne de Hontfort, en donnant ce calice aux disciples de Saint- François, aura voulu se faire représenter sous l'habit du tiers-ordre de ce fondateur. Beaucoup de femmes à cette éiioque se faisaient admettre à ce tiersordre, en prenaient même quelquefois l'habit, sans être assujéties à la vie du cloître, mais au contraire en continuant à vivre dans le monde. Si le costume attribué par La Hure à Jeanne de Hontfort n'est pas celui du tiers-ordre de Saint-François (et nous pensons que le capuce en est la marque distinctive), ce costume est, à coup sûr, trop simple pour être celui d'une comtesse de Forez.

a fond de gueules est émaillé un dauphin d'or, « oreille, barbelé, écaillé et miré de gv^eules.

« Le deuxième écusson porte d^or à l'aigle

« de sable membre de gueules ^ chargé d'un lam- « bel de méms de cinq pièces, et est celui de son « second mari, Louis de Savoie, seigneur de Vaud, a qui, comme cadet, brisait ainsi l'ancien écu de « Savoie.

(E Le troisième écusson, blasonné en émail

ce sur le pied de ce calice, est celui de cette dame « même qui était fille de Philippe de Montfort, puîné « de cette maison. C'est pourquoi elle y porte de « gu^^ules au lion d'argent la qu£ue fourchue ou « passée en sautoir, ledit lion chargé en chef d'un (( lambel d'azur à cinq pièces.

« Enfin le quatrième écusson qui parait

ce émaillé sur le pied de ce calice est parti de Forez , « blasonné comme dessus, et de Mercœur qui est de a gueules à trois faces de vair; il dénote Isabeau ce de Forez, fille aînée du comte Guy VI et de ladite ce Jeanne de Montfort, laquelle fut mariée en ladite ce maison de Mercœur.

ce Autour du bord de ce calice sont relevées

a et figurées en lettres anciennes et de façon goa thiques ces dévotes paroles, par lesquelles cette ce pieuse douairière suggère aux prêtres qui se serce viront de ce calice au saint autel le souvenir qu'ils ce auraient d'elle, en leur mémento, et de la famille ce que Dieu lui avait donnée en Forez : Mémento, ce Domina, Johanfias de Montfort, comitissœ Fo*

LES CORDELEERS. 157

« risiij et Johannis comitis ForisUj habellis et « Laurad, filiarum ^uarum, »

Jeanne de Montfort avait de plus, par son testament de novembre 1293, prescrit qu'avec ses coupes d'argent on fit six calices de la valeur chacun de dix livres viennoises, pour être distribués Tun à l'église où reposeront son cœur et ses entrailles, un autre où sera enterré le reste de son corps, et les quatre autres à de pauvres chapelles désignées par ses exécuteurs testamentaires. Enfin, elle fit un don de vingt livres de cire aux Frères Mineurs de Montbrison (1), sans doute pour les cérémonies de sa sépulture.

En 1270, Renaud, comte de Forez, seigneur de Beaujeu, donna à l'œuvre de l'église des Cordeliers vingt livres viennoises, autorisa les moines à transporter sur un autre de leurs immeubles les servis (ou rentes) qu'ils devaient à l'hôpital de Montbrison et qui étaient assis sur une vigne que Renaud leur avait donnée antérieurement. C'était sans doute pour faciliter la vente de cette vigne et leur permettre d'en appliquer le prix à la reconstruction de leur église (2) .

Le 13 mars 1332 (1331, suivant V Histoire des ducs de Bourbon^ t. 3, preuves p» 77), Isabeau de Forez, fille de Jeanne de Montfort, et veuve de Béraud de Mercœur^ donne aux Cordeliers une rente annuelle de vingt livres à prendre sur la leyde de

(1) Hiitoire des duci de Bourbon, par La Mure et Gbantelauze, t. 3, preuves p. 74.

(2) Id. id. t. 3, pièce»

supplémentaires, p. 61.

Feurs, à la charge de célébrer, chaque semaine, les services divins pour son âme, celle de ses parents et de ses prédécesseurs, en présence de tous les moines réunis, et de faire, chaque année, une procession solennelle avec messe, le jour de son anniversaire, et une autre le jour de Saint-IIilaire.

De plus, elle leur donne un capital de quarante livres pour aider à la construction d'une sacristie et d'une chapelle en l'honneur de saint Louis de Marseille, et veut être enterrée au tombeau de sa mère.

Par son testament du 16 août 1324, Jean P', comte de Forez, mort le 3 juillet 1334 et enterré en l'église de Notre-Dame de Montbrison, au tombeau de ses ancêtres, placé au milieu du chœur, fit don aux Cordeliers ou Frères Mineurs, comme on les nommait alors, d'une rente annuelle de trente sols viennois pour un repas (plus confortable sans doute que ceux habituels) à faire par les moines le jour de son anniversaire, et d'un capital de trente livres viennoises pour l'œuvre de leur église (1).

Le 16 décembre 1357, Guy VII, par son testament, donna au même couvent un capital de trente livres viennoises et une rente de dix livres, à la charge d'une messe à haute voix à dire au grand-autel chaque jour de l'année et à perpétuité, pour le repos de son âme et de ses prédécesseurs (2) .

Le 10 juin 1370, Louis II, duc de Bourbon^ en

(1) Hùtoire de» ducs de Bourbon, par La Mure et Chantclaoze, t. 3, preuves p. 93.

P) Id. id. t. 3, preaves.

LES GORDËLIERS. 159

qualité de curateur du comte de Forez Jean II, exempta de tous droits féodaux une maison située dans l'intérieur du château de Montbrison, qui leur avait été donnée par Plotard du Verney, chevalier, (c pour s'y retirer en sûreté et échapper aux pillards a et ennemis du royaume, ce qu'ils n'ont pu faire « jusqu'à ce jour, ce qui a été cause qu'ils ont été « souvent ravagés en leur couvent (1). »

Plotard du Verney avait le titre de chevalier, titre affecté alors à la plus haute noblesse, c'était un familier de Louis II. Il fit partie du conseil de famille convoqué à Montbrison le 6 mars 1369 pour nommer un curateur au comte de F4)rez Jean II, que son état d'imbécilité rendait incapable d'administrer le comté.

Le même comte Louis II, duc de Bourbon et comte de Forez, par son mariage avec Anne-Dauphine, fit encore don aux Cordeliers d'un capital de vingt livres par son testament du 20 février 1375 (2); et en 1395 il leur fit un nouveau don pour leur aider à recouvrir leur église (3) .

Auguste Bernard, dans son Histoire du Forez j t. 1, p. 338, dit qu'en 1371, Marguerite de Savoie, femme de Renaud de Forez, oncle de Jean II, a fut « enterrée dans l'église du couvent des Cordeliers a dont elle était une des bienfaitrices. Sa tombe fut

(1) HiMUÂre de» ducs de Bourbon, par La Mure et Chantelauze, t. 3, preuves p. 132.

(2) Id. id. t. 3, preuves

(3) Id. id. t. 2, p. 24, note.

« placée entre celle de Bourbon et de Cîouzan. t> Sans vouloir contester ce que dit sur ce tombeau Aug. Bernard, dont nous avons toujours apprécié la fidélité historique, nous devons déclarer que les titres actuels des Cordeliers ne font aucune mention des bienfaits de Marguerite de Savoie. Le seul acte où nous avons rencontré son nom est le testament de la comtesse Jeanne de Bourbon, du 13 février 1400, par lequel elle donne aux Cordeliers un capital de 25 francs d'or pour la célébration chaque année d'une messe au jour anniversaire du décès de Marguerite de Savoie sa belle-sœur.

Quant à l'emplacement de sa tombe, <t entre celle de Bourbon et celle de Couzan, » nous pensons qu'Aug. Bernard a voulu désigner le tombeau de Jeanne de Bourbon (dont nous parlerons bientôt), élevé sous un arceau du côté de l'épitre. Celui de la famille de Couzan était en effet placé dans le chœur, vers l'épitre (comme on le verra plus loin).

La Mure (Histoire des ducs de Bourbon, t. 1", p. 372) fait mention d'Eléonore de Savoie, seconde femme du comte Jean F', qu'il croit être enterrée dans le tombeau appelé dans les anciens titres du couvent : Tombeau de Mesdames les comtesses de Forez.

Nous devons répéter ici que les nombreuses archives des Cordeliers n'ont conservé aucun souvenir de cette sépulture ni d'aucune fondation anniversaire à l'intention d'Eléonore de Savoie.

Jeanne de Bourbon, comtesse de Forez, veuve de Guy VII, après la mort de son fils Louis, tuéjen 1362

LES GOBBELIERS. 161

à la bataille de Brignais^ avait eu la pensée d'établir à Montbrison un couvent de Chartreux, qu'elle devait doter do 200 livres de rentes assises sur les terres de Chambéon, du Verdier, de Villeret et du Vernet; elle en avait même obtenu Tautorisation par lettres du roi, de novembre 1362 (1). N'ayant pu réaliser ce projet, par un motif qui nous est inconnu, elle reporta ses générosités sur les Cordeliers de Montbrison , et leur fit les donations que nous allons mentionner.

Par acte passé à Clépé, le 8 février 1381, elle créa en leur faveur une rente annuelle de trente livres assise sur les recettes de Chatelneuf et de Saint- Galmier, à la charge d'une messe à dire chaque jour de l'année, et d'une autre messe à note (à plain-chant, sans doute) à dire le troisième jour de chaque mois, et à la condition expresse par le prêtre et le diacre, au moment de Vasperges^ de faire l'absoute sur les tombeaux des comtesses de Forez et de Marguerite de Savoie.

La même comtesse, dans un autre acte du 22 octobre 1382, passé aussi à Clépé, devant les notaires Jean de Mays et Guy de Montchalm, donna au même couvent et à Frère Mathieu , de Firminy, son confesseur, dont nous avons rapporté l'inscription commémorative, une nouvelle rente de cinquante livres tournois à prendre sur les recettes de Feurs et de Donzy, à la charge de célébrer chaque jour de l'année

(1) fnventatre des titret du comté de Forez, publié par Aug. Chaverondier, p. 137.

Tomel. il

une messe conventuelle au grand autel de leur église, à laquelle devaient assister tous les Frères du couvent et prier Dieu pour elle, ses prédécesseurs et ses successeurs.

Par le même acte, elle prescrivit encore au Père gardien du couvent de prélever sur cette rente de cinquante livres une somme suffisante pour donner à l'avenir du pain de froment aux moines chaque jour de Tannée, et de leur distribuer le jour des anniversaires fondés par cette comtesse du vin pur et de la pitance en quantité suffisante (jridencia competenterj.

Par son testament fait à Saint-Galmier, le i3 février 1400, elle confirma les donations qui précèdent, donna un capital de quarante francs d'or pour réparer l'église du couvent, et un autre capital de vingt-cinq francs d'or pour fonder, comme nous l'avons déjà dit, un anniversaire en faveur de Marguerite de Savoie, sa belle-sœur; de plus, elle distribua les ornements qui composaient sa chapelle particulière entre les églises de Notre-Dame et des Cordeliers de Montbrison, celle du Saint-Esprit à Moind et celle du couvent de Bonlieu. Enfin elle élut sa sépulture dans l'église de Notre-Dame de Montbrison, au tombeau de son mari et de ses prédécesseurs, érigé à droite devant le grand autel (1).

La Mure, qui paraît ne pas avoir, connu ce testa-

(i) Histoire des ducs de Bourbon, par La Mure et Ghantalauze, t. 3, preuves 114 bU.

LES GORDELIERS. 163

ment, dit dans son Histoire des ducs de Bourbon, publiée et annotée par M. Chantelauze, t. 1, p. 471, que la comtesse Jeanne de Bourbon « fit construire « et enfoncer en la muraille du chœur de Téglise des a Cîordeliers, vis-à-vis du grand autel, du côté de a répître, une petite arcade en voûte sépulcrale, en « laquelle elle voulait être inhumée, et où son corps ce eut, en effet, après son trépas, une honorable sé-

« pulture , et au-dessus de cette arcade furent

« peintes ses armes sur ladite muraille du chœur, « contre-parties à celles du Forez^ en deux grands ce écussons qui se touchaient. Mais cette peinture, « qui paraissait encore de nos jours, a été couverte « et effacée par le nouveau blanchissage qui s^est fait «c du chœur de cette église. »

M. Chantelauze, l'éditeur de VHistoire des ducs de Bourbon, dit que La Mure s*est* trompé en avançant que Jeanne de Bourbon fut enterrée dans Téglise des Cordeliers de Montbrison. Quant à nous, nous serons moins affirmatif. En effet, La Mure parle d'un tombeau qui existait encore de son temps, dans le chœur, du côté de Tépître, sous une arcade sépulcrale, tombeau surmonté des armes de la comtesse accolées à celles de Forez; l'existence de ces armoiries sur ce tombeau nous paraît une preuve certaine de la sépulture dans l'église des CordeUers sinon du corps entier de Jeanne de Bourbon, au moins de son cœur ou de ses entrailles, comme il avait été fait pour Jeanne de Montfort, la veuve de Guy VL

Les notes précieuses du P. Duby, que nous avons

plusieurs fois citées, écrites en 1753, nous apprennent que les Cordeliers (levaient à la comtesse Jeanne de Bourbon' a la précieuse relique de saint Louis de Mara seille, comme il parait par un titre en parchemin « qui est dans le tiroir des autres titres du couvent. »

Nous n'avons pas retrouvé dans les archives des Cordeliers le titre dont parle le P. Duby; mais V Histoire des ducs de Bourbon^ t. 1*', p. 469, nous apprend en effet que « la comtesse Jeanne de Bourbon, c( veuve de Guy VII, fit cadeau aux Cordeliers de c< Montbrison d'un* grand reliquaire d'argent doré, « où sont représentés deux anges portant un cristal ce dans lequel paraissent et reposent deux ossements ce du bras de saint Louis de Marseille, l'un des grands ce ornements de l'ordre de Saint-Prançois, sorti de la

« maison de France, mort évêque de Toulouse ,

« et surnommé de Marseille, parce que son corps, (c après son décès, suivant son ordonnance testacc mentaire, fut porté au couvent des Cordeliers de

« Marseille Or, cette princesse avait eu les osse-

cc ments de ce Saint, qu'elle déposa en ce reliquaire, « parce qu'elle était de sa parenté, vu qu'elle était (L arrière-petite-fille du roi saint Louis, duquel ce a Saint était propre neveu. Sur le pied de ce reliquaire « étaient les armes de la comtesse Jeanne. »

Anne de Forez, duchesse de Bourbon, par son testament du 3 décembre 1415 (1), créa en faveur des

(1) VHUioire det ducs de Bourbon (t. 3, p. 179) assigne à ce testament la date du 16 septembre 1416 (nouveau style sans doute).

LBS GOBDBLISBS. 165

CordelîerB une rente de vingt-six livres tournois^ pour la célébration de six messes à la chapelle Saint-Michel.

Le 20 septembre 1485, par acte reçu Jean Vimard, vicaire apostolique, Jean de Bourbon, évêque de Valence, fit donation aux Cordeliers d'un capital de mille livres tournois pour la c^ébration chaque jour de Tannée d'une messe en l'honneur de la Vierge.

La Mure, qui sans doute n'a pas connu cette donation, parle d'une seule messe fondée par Jean de Bourbon (1).

Jean de Bourbon était fils naturel de notre comte Jean V^. Il prit l'habit de Saint-Benoit à l'abbaye de Saint-André-les-Avignon^ refusa en 1443 l'archevêché de Lyon, et accepta la même année l'évêché du Puy; en 1457 il était abbé général de l'ordre des Bénédictins, et en même temps prieur de Saint-Rambert en Forez ; il y mourut en 1 485 et fut enterré à Cluny le 2 octobre suivant l'historien de Notre-Dame du Puy, le 2 novembre suivant la chronique de Cluny, le 2 décembre suivant La Mure.

C'est sans doute par erreur que l'acte du 20 septembre 1485, existant aux archives des Cordehers, donne à Jean de Bourbon le titre d 'évêque de Valence, tous nos historiens lui donnent celui d'évêque du Puy.

Il est encore une fondation que nous croyons devoir attribuer à la piété de nos comtes, par la raison que le montant, qui arrivait à quinze livres par an, était

(\)lHiftoiTt de$ duc$ de Bourbon, t. 2, pages 156 ec 163.

payé dès le XV' siècle par les receveurs du domaine de Forez. Cette rente était servie aux Cordeliers en payement de la messe qu'ils allaient dire tous les jours d'audience en la chapelle du palais^ en présence de Messieurs du bailliage.

Une note du P. Duby nous apprend que les conseillers étaient obligés de fournir le calice ^ les ornements^ le linge et le vin. « M. Poncet, syndic du corps, a ajoute le P. Duby,. a tout acheté à neuf en 1752, oc excepté le calice qui manque ; on se sert en attendant « de celui du prébendier des prisons. »

Cette petite chapelle, où se célébrait la messe d'audience, était située, en effet, près de l'auditoire du bailliage en face du portail de la prison actuelle. Elle était dédiée à saint Aubrin, patron de Montbrison, * et avait été construite, vers 1230, en remplacement d'une plus ancienne consacrée à la Vierge.

Cette chapelle dédiée à saint Aubrin , patron de la ville^ a subsisté jusqu'en 1792, où elle fut vendue comme bien national. A cette époque elle était encore desservie par M. Charles- Alexandre Prodon, curé de Saint-Pierre. Il ne faut pas la confondre avec celle dite du Calvaire, construite à une époque plus récente sur le versant opposé de la même montagne. Ces deux chapelles ont subsrsté simultanément, ainsi que le prouve un inventaire dressé, le 10 novembre 1792, du mobilier de toutes les églises de Montbrison (1).

(1) Archives moderiies du département Je la Loire.

LBS GORDBLIBRS. 167

Il ne reste de nos jours aucune trace de la chapelle de Saint- Aubrin ; quant à celle du Calvaire^ ombragée naguère par un bel ormeau, souvenir d'Henry IV, ce n'est plus aujourd'hui qu'une ruine.

Tout auprès de la chapelle de Saint- Aubrin, à l'endroit occupé par le portail de la gendarmerie actuelle, était une des portes du château; elle avait été construite, vers la même époque que les remparts de la ville (1428), pour mettre en comnumication le vieux château de nos comtes avec la nouvelle enceinte de Montbrison.

La porte et la chapelle n'existent plus, mais on voit encore de nos jours une partie du vieux bâtiment où se tenaient les audiences.

Ce bâtiment avait été construit à la fin du XIV* siècle, par Louis II duc de Bourbon, sur un terrain situé près de la barrière du château, acquis de l'hôpital le 27 avril 1395 (1). C'est peut-être en souvenir de cette construction que l'on donna le nom de porte Bourbon à celle qui existait en face du bâtiment des audiences.

C'était, il me semble, une bonne pensée de placer la justice humaine sous l'inspiration divine. Encore de nos jours, dans un siècle qui ne brille pas par la foi, on voit les tribunaux de France ouvrir l'année judiciaire par une messe au Saint-Esprit.

Les Cordeliers n'eurent pas toujours le privilège d'aller dire la messe du palais; car noil^ lisons dans

(1) Histoire des ducs de Bourbon p t. 2, p. 84, note.

168 LES GOUVBIfTS DS MOMTBRISON.

le testament de Jean Papon^ surnommé le grand juge^ du 20 avril 1582^ que cette messe, appdée alors messe du prince ou du donjon, était dite par M** Balthazard de Glalne, habitué du chapitre de Montbrison ; il avait même le titre de prébendier de la messe du prince. Jean Papon, qui lui avait peut-être procuré ce bénéfice, lui venait en aide, et par son testament il recommande à ses enfants de continuer (1).

Ces messes du palais étaient probablement les mêmes que celles fondées par Anne dudiesse de Bourbon, par son testament du 3 décembre 1415, dans la chapelle du donjon, sous la rente annuelle, en faiveur du prébendier, de sept livres tournois, assise sur la prévôté de Montbrison. Cette messe devait se dire les lundi et vendredi de chaque semaine (2). Un prébendier était attaché à cette chapelle dès le commencement du XIIP siècle, et le comte Guy IV, dans son testament de 1233, lui fit un legs.

Toutes les fondations pieuses dont nous venons de parler, faites aux Cordeliers par nos comtes ou leur famille, arrivaient ensemble à la somme totale de 141 livres de rente annuelle. Toutefois, nous voyons par les registres des Cordeliers qu'ils recevaient chaque année des mains des receveurs généraux du Forez une rente de 148 livres. Cette légère différence provenait ou d'une fondation qui nous est restée inconnue, ou d'une variation dans la valeur des monnaies.

(1) Bemte Forézienne, 1869, p. 79, article de M. Viooeat Durand.

(2) Histoire du ducs de Bourbon^ t. 3, p. 179.

LBS GORDBUBRS. 169

« Encore, ajoute le P. Duby, il nous reviendrait bien « davantage si nous n'avions perdu d'anciens titres « dont on ne veut pas nous tenir compte. »

A l'époque de la trahison du connétable de Bourbon, dernier comte de Forez, ses biens furent confisqués et le service de cette pension fut suspendu. Les moines adressèrent à ce sujet une requête au roi de France et, le 27 mars 1524, François V" écrivait . une lettre à son cousin (style de répo,que) le maréchal de Chabannes, Jacques II, son lieutenant-général et gouverneur au pays de Lyonnais, Forez et Beaujolais, lui prescrivant de faire payer six vingt douze livres (132 livres) dues aux Cordeliers de Montbrison pour aumônes et œuvres pies autrefois fondées par les comtes, a quoique M" Charles de Bourbon, conné- « table, se soit retiré par devers le roi catholique « (Charles-Quint), mon ennemi déclaré. Donné à Blois

<c le 27 mars (1) Signé François, contresigné

a Robertet. »

Le vidimics de cette pièce est de 1595, signé par Létoille et Pugnet, notaires à Montbrison.

Cette rente, spécialement assise sur quelques-unes des châtellenies royales de Forez, resta encore impayée pendant les années 1645 à 1652.

Comme par suite d'un accord entr'eux, les sei-

(1) Le nom de Tannée manque à cette lettre , nous la reportons à 1524, par la raison, suivant une observation judicieuse que noua a faite M. Ghantelaaze', que le connétable avait pris la fuite à la fin de 1523, et que le maréchal de Chabannes, môle à la réclamation des moines, fut tué à la bataille de Pavie en 1525.

gneurs engagistes de ces chatellenies^ M°"* Françoise Lacour, pour celle de Donzy, M" Gilbert de Rivoire, pour celle de Feurs, M. Girard de Veaugirard, pour celle de Chatelneuf , M" Henry Mitte de Chevrières, pour celle de Montbrison , et M*"' Marguerite de Flar geac^ duchesse d*Uzez, pour celle de Saint-Galmier, refusèrent, jusqu'en 1652, le payement de cette rente. Nous n'avons pu découvrir la cause de ce refus.

Pour ce qui regarde les autres fondations ou donations faites par de simples particuliers, nous suivrons autant que possible Tordre chronologique. Cette nomenclature paraîtra peut-être longue et stérile, on y trouvera cependant le souvenir de quelques usages de nos pères et des renseignements sur de nombreuses familles foréziennes.

Par son testament du mois de mai 1255, Guillaume, chapelain de Sury (le-Comtal ou le-Bois?), fit aux Cordeliers >de Montbrison un legs de quarante sols pour leurs besoins, et un autre de cinq sols aux Pénitentes de la même ville (1).

Vers 1 300, Guillaume Duvernet, doyen du chapitre de Montbrison, donna au couvent des Cordeliers une rente annuelle de trente sols viennois, pour une messe à dire chaque année dans leur église par le prêtre qui desservira la prébende qu'il a fondée dans Téglise de Notre-Dame.

On voit encore dans cette église le tombeau et la statue de ce doyen.

(1) Notes manuscrites d'Âug. Bernard dans son exemplaire de VUistoire du Forez donné à la ville de Saint-Etienne, t. 1, p. 253.

LES GOBDBLIBRS. 171

Vers la même époque , Roman de la Bâtie (de Baâtlcia)^ chanoine de la même église^ fonda aux Cordeliers une messe annuelle sous la rente de vingt sols viennois.

1304. Un autre chanoine de Montbrison^ Guillaume de Montverdun^ qui était en même temps juge de Forez ^ fit donation d'une rente de vingt sols viennois pour être employés en une réfection ou repas donné aux Frères Mineurs de Saint-François.

1346. Jean-Hugues d'Acre fonde une messe anniversaire des trépassés au prix de vingt sols viennois. La famille d'Acre, alliée à celle des comtes do Fore?, était seigneur de Magnieux-Haute-Rive, par la donation qui lui fut faite, en 1250, par le comte Guy V à son retour de la croisade.

6 août 1348. Enardc, dame d'Ampuis (de Amputheo), élit sa sépulture dans l'église des Frères Mineurs et leur donne une rente annuelle de cent sols viennois. Ce testament fait à Roche, près du pont de Saint-Rambert(l), dans la maison qu'habitait Hugues Durgel, eut pour témoins Ponce Verd, seigneur de Valprivas, Humbert Durgel, frère Joseph Durgel, sacristain de Saint-Romain-le-Puy , et Jean de la Goutte.

Roche était un fief de la famille Durgel, dont le chef Humbert Durgel, sire de Roche, fit partie d'une ligue conclue par la noblesse du Forez avec celle de

(1) Dans les basses eaux on aperçoit quelque reste de ce pont. Plusieurs historiens loi attribuent une origine romaine.

Champagne^ le 11 février 1314, contre le roi de France Philippe-le-Bel , à l'occasion des nouvelles monnaies et des nouveaux impôts qu'il venait de créer (1). En 1311, une émeute sérieuse avait éclaté à Saint-Galmier pour les mêmes causes (2) .

1360. Codicile de dame Paule, femme d'Arthaud Magnin, de Montbrison, par lequel elle donne aux Frères Mineurs un florin d'or pour son anniversaire, et deux lits garnis; comme elle a autrefois fondé dans l'église du couvent une prébende qu'elle a donnée au frère Guillaume Clarérii, elle en attribue la collation à venir au Père gardien du couvent.

1379. Jean Brochet fonde une messe annuelle à dire dans une chapelle située au-devant de la porte de l'église; sans doute la chapelle Sainte- Anne dont nous avons parlé.

Vers le même temps noble Jean du Croz (de Croza), seigneur de Curraize, constitue une rente de six livres tournois (une livre ou cinq sols tournois valant un franc d'or), à la charge d'une messe basse à dire chaque jour de l'année, dans la chapelle de Sainte- Claire qu'il a fait construire.

En 1365, 1373 et 1375, on trouve Jean du Gros (de Groso), seigneur de Curraize, professeur ez lois, juge ordinaire de Forez (3) et membre du Conseil du

(1) Histoire des dtics de Bourbon, par La Mure et Ghantelaoze, t, 3, preaves p. 83.

(2) Id. id. id. t. 1. p. 334, note.

(3) Revue Forézienne, 1870, p. 61 et 63.

LB8 GORDEUBIUS. 173

comte. C'est sans doute le même personnage que Jean de Crozo^ seigneur de Curraize^ qui était en 1382 un des témoins de l'acte important par lequel Jeanne de Bourbon, comtesse douairière de Forez, fit abandon à sa petite-fille Anne, femme de Louis II duc de Bourbon, de tous les droits qu'elle prétendait sur le comté de Forez (1).

En 1405, ^on fils, noble AUegret du Croz, seigneur de Curraize, ratifie cette fondation.

Nous mentionnerons ici, quoique sans date certaine, et à cause de la similitude de nom, une fondation de 25 livres de rente par Madeleine de la Creuse, à la charge d'une messe à dire chaque vendredi de l'année. Madeleine de la Creuse était, selon toutes probabilités, dame de Curraize; car nous voyons que le capital de cette rente de 25 livres, soit 420 livres, fut remboursé plus tard par M. Lévis de Chateaumorand^ seigneur de Curraize.

Par son testament du 1*' août 1404, M" Robert de Bonneval, juge de Forez, dont nous avons mentionné les fondations pieuses à l'article consacré au prieuré de Savignieu, n'oublia pas les Cordoliers, et leur fit un legs de 100 sols, une seule fois. Robert de Bonneval était avocat du comte de Forez; il fut après sa mort, arrivée vers 1406, remplacé dans ses hautes fonctions par Etienne de la Grange.

1419, 21 août. Alix de Beaujeu, troisième femme de Guy II de Couzan, par son testament passé au

(1) HUtoire du dua de Bourbon, par La Mure et Cbantalaoze, t. 3, p. 141.

château de Rochefort, fait don de 100 francs d'or aux Frères Mineurs de Montbrison et élit sa sépulture dans leur église au tombeau de ses parents de'Lavieu.

1423. Par son testament du 9 janvier, reçu par Galmier, notaire, Guy III de Couzan, seigneur de Couzan, de La Perrière et du Plessis, voulut être enterré dans Téglise des Cordeliers où sa famille avait son tombeau près de Tautel du côté de Tépitre, à côté de celui de Marguerite de Savoie. Il fit don à ce couvent de 300 écus d'or pour la célébration à perpétuité d'une messe à haute voix chaque lundi de l'année, pour le repos de son âme et de celle de ses aïeux et prédécesseurs, à la charge encore par les Frères Mineurs dudit couvent de célébrer tous ensemble à haute voix, chaque année, un office des morts, et de faire autour de son tombeau, avec la croix et l'eau bénite, la procession d'usage.

Cette dernière clause nous montre que le tombeau de la famille de Couzan formait comme celui de Lavieu un petit monument élevé au-dessus des dalles du chœur. Par une autre clause de ce testament, Guy de Couzan prescrivit à s'es héritiers de servir une rente annuelle de 15 livres le jour anniversaire de sa sépulture, jusqu'au payement du capital, et le tout fut assis et imposé sur son château de Chalain-d'Uzore. Cette rente de 15 livres était encore servie en 1789 par la famille de Lévis, possesseur de ce château.

1432. Donation d'un capital de cent écus d'or par Jean Vernin, abbé de Saint- Andr^, près d'Avignon. Il était fils de Pierre Vernin nommé juge de Forez en

LBS GORDELEBRâ. 175

1388, et petit-fils de Claude qui était chancelier de Forez en 1317, suivant une note manuscrite d'Aug. Bernard dans son Histoire du Forez (t. l**", p. 291), donnée par lui à la ville de Saint-Etienne. Claude Vernin est Tauteur le plus ancien d'une famille connue sous le nom de Vernin de Cremeaux, une des plus illustres du Forez.

1441. Donation par Amédée Verd CViridisJj seigneur de Chenereilles (VhanaleillarumJ et bailli de Forez, d'une vigne appelée Dubouchet,''pour la dotation d'une prébende par lui fondée à Tautel de la Vierge.

1480, 16 mars. Par acte passé devant Paparin, notaire, M* Jean Cachibo fonde une rente de cinq livres, assise sur le domaine de Maubou (on écrivait autrefois Maubost). Elle était servie plus tard, en 1580, par M** Louis Chalancon; en 1620 par noble Gaspard Chalancon, seigneur d'Aubigny, et en 1733 par Pierre Chapuis de la Goutte, écuyer, sieur de Jonzac. La famille Chapuis possédait aussi le fief de Maubou dont un de ses membres, Pierre Chapuis, prenait le nom en 1 793 .

1486, 4 avril. Fondation par Jean BoUier, notaire royal et bourgeois de Montbrison, de deux messes annuelles à dire le lundi et le vendredi à la chapelle de SaintJean-Baptiste qu'il a fondée en l'église dudit couvent. Nous n'avons pu trouver la place de cette quatrième chapelle, il est probable que c'était seulement un de ces petits autels adossés aux pilastres qui ornaient l'église du côté gauche. Le fondateur de

cette chapelle était sans doute un^descendant d'autre Jean Bollier, juge de F'orez au XIV* siècle.

1501. Donation de six livres de rente par Jacques de Puy-Clamaud, élu de Forez; un notaire de ce nom Cde Podio-Clamaudi) vivait en 1383. Cette famille s'est fondue dans celle des Papon, par le mariage, du 7 octobre 1507, de Jacqueline de Puy-Clamaud avec Jean Papon, conseiller du roi et procureur-général au bailliage de Forez (1).

1507. Donation d'une rente de huit livres au capital de 160 livres, par Pierre Dussac, cordonnier à Montbrison, en faveur des Cordeliers et des trois paroisses de Saint-André, de Saint-Pierre et de Sainte-Madeleine.

1507. Jean Tapeau, de Montbrison, fait doii aux Cordeliers d'une maison située à Moind, sous la réserve d'une rente viagère de 55 sols.

1517, 2 mai. Pomet Tavernier élit sa sépulture dans l'église des Cordeliers, au caveau de ses prédécesseurs, et donne un capital de 100 sols tournois pour la fondation d'un messe le jour de son anniversaire en la chapelle de Saint-Côme et Saint-Damien. iDc plus, il donne un capital de 25 livres pour faire la chaise du prédicateur.

1517. Par son testament du 9 février, Laurent Mouton, de Montbrison, institua les Cordeliers pour ses héritiers universels. D'abord pauvre moine de

(1) Note communiquée par M. Vincent Durand , et extraite^des archives de la famille Papon.

LES CORDSLIBRS. 177

Saint-Francois^ Laurent Mouton gouverna en qualité de gardien le couvent de Montbrison pendant les années 1486 à 1503. Il devint un des suffragants de révêché de Clermont sous le nom d'évêque in par^ tibtta de Laodicée; mais devenu vieux ^ il revint aux Cordeliers de Montbrison^ son premier asile ^ où vivait son neveu Louis Faud, Cor délier lui-même (1).

Vers 1500^ noble Jacques de Jas^ sieur de Jas et de Marcilly, avait créé en faveur du couvent plusieurs rentes arrivant ensemble à 15 livres^ au capital de 300 livres. En 1517, Claude de Jas, sieur de Jas, damoiseau, et sous son autorité Jean de Jas, son fils, vendirent à Marguerite de Tournon, veuve de Jean de Jaligny, trésorier de Forez, des immeubles situés à Boissailles (paroisse de Valeilles), à la charge de payer la rente de 1 5 livres dont nous venons de parler.

1538. Par son testament du 30 août, passé devant Louis Dalmos, notaire à Montbrison, Claude de Tournon, ancien conseiller au parlement de Dijon, donna aux Cordeliers un capital de 100 livres tournois pour réparer leur couvent, et créa en leur faveur une rente annuelle de 12 livres 10 sols, qui devait être portée à 25 livres après le convoi ou le décès de sa femme, Catherine de Bilhon. Cette rente était spécialement destinée à Ventretiennementj à Tuniversité de Paris, d'un jeune minoré, natif de Montbrison, qui devait être préféré aux étrangers.

Le collège de Montbrison, héritier de M. de Tour-

(1) La Hure, Âtirée Savate, p. 313.

Tomel. 12

178 LES G0UVBNT3 DB MOmBRISON.

non, refusa une première fois, en 1614, de payer cette rente aux Cordeliers; mais un jugement de cette époque, rendu par le bailliage de Montbrison, condamna M** Philibert du Colombier, chanoine de Montbrison et recteur du collège, au payement de la rente.

Les Pères de l'Oratoire, héritiers de Tancien col* lége de Montbrison, refusèrent à leur tour; mais un nouveau jugement de 1629 le? y condamna.

Les droits des Cordeliers étaient cependant parfaitement établis par une délibération prise, en 1581, dans une assemblée municipale, dans laquelle il fut arrêté : « que ledit collège, à qui la ville a cédé les c biens dudit fondateur, payerait annuellement les « 25 livres de pension créée par M. de Tour non. i^

1572. Un autre membre de la même famille^. Colombe de Tournon, femme de Claude-Benoit Ray«mondon, avocat au bailliage de Montbrison, par son testament du 24 mai, créa en faveur du même couvent une rente de 5 livres. Cette rente était encore servie, en 1740, par Gaspard du Rosier, sieur de la Bâtie, demeurant à Saint-Germain-Laval, et Françoise Martinet sa femme.

Nous parlerons avec plus de détails de la famille de Tournon dans notre article sur les Oratoriens de Montbrison.

1540. Par acte du 12 septembre reçu par André Tournon, notaire. Colombe de Jaligny (la fille peutêtre du trésorier de Forez) fonda une messe annuelle à dire en Tèglise des Cordeliers, le jour de Sainte- Colombe.

1545 (environ). Par son testament^ Marguerite de Fournier ou de Fornier, femme de Philibert de la Bessée, et fille de Thomas de Fournier, de son vivant juge ordinaire de Forez, et de Madeleine de Laire, élut sa sépulture dans l'église des Cordeliers, au vaz de ses prédécesseurs. Elle voulut être enterrée revêtue de rhabit des religieuses de Sainte-Claire. Elle appela à son enterrement huit prêtres, dont deux devaient être pris au chapitre de Notre-Dame, deux en la paroisse de Saint- André, deux aux Cordeliers et deux autres au couvent de Sainte-Claire, tous de bonne vie et conversation honnête ^ et choisis par ses exécuteurs testamentaires.

Après de nombreuses fondations de messes, elle prescrit que le jour de son enterrement il soit fait une aumône dé sel, jusqu'à valeur de 20 livres, qui sera distribuée généralement à un chacun le demandant jusqu'à concurrence de trois deniers; autre aumône à douze pauvres femmes veuves^ à chacune un bichet de froment, un bichet de seigle, trois quartes d'huile et quinze deniers de sel. Elle donne aux Cordeliers pour la chapelle de la vierge j)orta cœli une chasuble et deux habits pour diacre, avec deux carreaux, le tout en bon satin blanc avec une croix de satin bleu.

Elle fait ensuite de nombreux legs particuliers : à son neveu Claude de Bellièvre, président au parlement de Grenoble, fils de Françoise de Fournier sa sœur et de Barthélémy Bellièvre, notaire à Lyon, secrétaire et intendant du cardinal de Bourbon, archevêque de Lyon; à autre Barthélémy Bellièvre,

180 LBS COUVENTS QB MQNTBRISON.

aieul de Claude^ procureur^néral du cardinal; à Madeleine de la Bessée^ sa fille^ religieuse aux Sainte* Claire de Montbrison ; aux enfants de sa fille Catherine^ qui était mariée à feu M. Carrier; à ses fils François et Gabriel de la Bessée; et enfin elle institue pour son héritier universel son fils Charles de la Bessée.

Quelques mots sur les familles de la Bessée et de Bellièvre trouveront ici leur place*

La famille de la Bessée est originaire de Ville^ franche en Beaujolais. Edouard^ seigneur de Beaujeuj, enleva publiquement, vers la* fin du XI V* siècle, une jeune fille de cette famille. A titre de réparation, il anoblit tous les de la Bessée présents et à venir. Comme s'ils eussent été fiers de cette cause d'anoblissement, ses descendants en consacrèrent le souvenir dans un vitrail de leur maison de Villefranche, ou l'on voyait Edouard jouant aux échecs avec la fille de la Bessée.

Une branche de cette famille s'établit à Saint^ Etienne en Forez vers le milieu du XVP siècle, et y contracta des alliances avec les familles de Roissieu et d'AUard (1).

Vers 1580, noble Pierre de la Bessée, chanoine de Paris, oncle d'Hélène de Roissieu, fut un des prin*<^ cipaux bienfaiteurs de l'hôpital de Saint-Chamond : souvenir plus honorable que l'enlèvement de la fille de la Bessée (2) .

(1) Armoriai et Généalogies, par de la Tour- Varan , p. 200. — Revue foré' tknM, année 1870, p. 42.

(2) SiiwUion du hâpitam ei hûtpicêi d^ l'em^re. 1 869, 1. 1**, p. 58.

LES GORDELŒRS. 181

Quant à la famille de Bellièvre^ elle a été une des ilustrations lyonnaises. Claude, le neveu de Margue* rite de Pournier, président au parlement de Grenoble, a laissé de nombreux manuscrits sur l'histoire de Lyon. Il était père de Pompone Bellièvre premier du nom, chancelier de France, mort en 1607. Pompone eut quatorze enfants, dont deux, Albert (1601) et Claude (1605) furent archevêques de Lyon, et Nicolas qui fut père de Pompone IP, premier président du parlement de Paris, fondateur principal de l'hôpital général des pauvres de Paris, devenu Thospice de la Salpétrière, te plus vaste hôpital de l'Europe.

A la famille de Poumier se rattachent deux autres donations que nous allons analyser :

1626^ 3 février. Testament de Madeleine de Four*nier, femme de Claude Livet, écuyer, seigneur du Colombier, conseiller du roi et lieutenant particulier au bailliage de Forez, qui fonde trois messes annuelles sous la rente de 15 livres en faveur des Cordeliers, et pareille rente, sous la même charge, en faveur des religieuses de Sainte-Claire de Montbfi^on. En 1625, cette rente était servie par Marguerite de Muzino, veuve de Pierre de Fournier, lieutenant particulier au même bailliage, héritier d'André de Poumier dont nous allons parler.

1664, 11 août. Devant Barrieu, notaire à Mont* brison, Claude Livet, sieur du Colombier, fit son testament; il élut sa sépulture en l'église des Cordeliers, au tombeau des de Fournier, a où ses deux femmes sont enterrées; » donna au couvent un capital

de 4000 livres et aux religieuses de Sainte-Claire celui de 2000 livres, et enfin institua pour son héritier universel André de Fournier, son beau-frère, conseiller du roi, lieutenant en Télection de Montbrison.

Ce capital de 4000 livres, somme très-importante pour l'époque, ne fut employé à aucune réparation ou amélioration dans le couvent; l'intérêt qu'il produisait devint un des revenus des Cordeliers. En 1720 il était prêté, à 2 7o^ à M. René Relègue, sieur de la Plagne, écuyer, et à Marie de Chazelles sa femme. En 1753, ce même capital était prêté à M. de Boubée qui en servait la rente à 3 72 pour cent.

On voit par ce que nous venons de dire de la famille de Fournier qu'elle était aussi distinguée par les fonctions judiciaires ou administratives qu'elle avait occupées à Montbrison que par ses alliances avec les de la Bessée et les de Bellièvre.

Un membre de cette famille, Claude-François. de Fornier, écuyer, chevalier de Saint-Louis, ancien commandant du régiment de Provence, était marié à Montbrison, en 1769, à M""" Marguerite Duguet. Les de Fornier étaient, en 1791, seigneurs de Changeac.

Vers 1550, Le maréchal de Saint- André fit donation aux Cordeliers d'une masure avec étables a rui- « nées par les guerres civiles, tout auprès de leur a couvent. » Le 17 janvier 1601, ils la revendirent au sieur Monteil, sous la rente annuelle de 40 sols.

En 1559, Jacques FayoUe, gardien du couvent, réclamait à Marie Jurieu, veuve du sieur de la Grue, une pension de 7 livres 10- sols, créée par son mari

LBS GORDEUBRS. 183

et assise sur une maison située à Feurs^ place Grenette(l).

1564. Testament de demoiselle Marguerite Sarrazin^ citoyenne de Lyon, par lequel elle donne 40 livres aux Cordeliers de Montbrison pour acheter un calice d'argent. L'achat de ce calice permet de supposer avec quelque vraisemblance que le beau calice de vermeil^ donné en 1280 par la comtesse de Forez Jeanne de Montfort^ avait été volé par les protestants^ en 1562^ lors du sac de la ville.

M"* Sarrazin était parente aux de Montchanin^ bonne famille forézienne.

1571. Testament de Christophe Bochetal^ avocat en parlement à Montbrison^ qui crée une pension de 7 sols. Quelques années plus tard^ Marie Béraud^ veuve de Jacques Bochetal^ aussi avocat^ créa une autre rente de 30 sols. La famille Bochetal^ dont quelques membres ont pris le nom de Bouchetal^ n'a cessé depuis lors de remplir des charges judiciaires à Montbrison ou à Saint-Bonnet-le-Château; elle est représentée aujourd'hui par un conseiller en retraite de la Cour de Lyon et par le maire actuel de Saint- Bonnet.

1572^ 11 novembre. Testament^ devant Duguet^ notaire à Montbrison^ de vénérable Messire Jean Charrey^ chanoine^ par lequel il donne un capital de 120 livres aux Cordeliers pour célébrer un anniver-

(1) Le fief de U Grae était aitaé.à Givens, sur les bords de U Loire; il appartenait au XVII* siôcle à la famille Pqion de Oontelas. Aqjourd'hai ce n*est plus qu'une humble ferme.

saire au grand autel du couvent ^ avec la prose dies irœ a qui sera chantée par tous les clerjons au pied « du tombeau du comte de Lavieu au milieu du chœur, a comme il est fait à l'anniversaire du seigneur Guy, et comte de Forez, en présence de tous les chanoines ce qui assisteront en personne, et non autrement; et « sera distribué à chcu^un une quarte de mn et « un pain, pour en faire à leur plaisir. »

Par son premier testament du 22 octobre 1572, Jean Papon, lieutenant-général au bailliage de Forez, l'auteur des Arrêts, connu sous le nom de grand juge, fit donation aux Cordeliers de seize écus deux tiers pour vêtir les mal vêtus du couvent (1). M. Vincent Durand, dans un article très-intéressant de la Revue Forézienne, 1869, p. 5, sur le testament de Jean Papon, croit, et nous sommes de son avis, que la date véritable de ce testament est le 22 octobre

Dans ce premier testament, Jean Papon se plaint amèrement de l'inconduite d'Etienne Papon, son fils aine, et des chagrins domestiques qu'il lui causait. Ce qui ne l'empêcha pas, tellement était grande la réputation du père, de faire nommer ce fils aux fonctions délicates de lieutenant criminel au bailliage de Montbrison.

Par ce même testament, Jean Papon prescrivit à ses héritiers de fournir au prêcheur du carême à

(1) PorUraiiè d'ouieur» foréziem, par R. Gbantolatize, bous le pseudonyme de Ouy de la Grye.

I^S GORDELIERd. 185

Montbrison le pain et le vin de chaque jour, ^ du meilleur qvs Von pourra trouver y suivant les fon* dations qui avaient été faites par Marie Bizoton sa femme et Louis Papon , sieur du Montet^ trésor!^ et chanoine de Montbrison^ son oncle.

Le prêcheur du carême était choisi en assemblée municipale; on lui allouait une indemnité en argent; jusque vers la fin du XVP siècle il fut toujours pris parmi les Cordeliers^de Montbrison; mais à partir de cette époque cette fonction fut souvent remplie pai' les Capucins, les Récollets, quelquefois même par les Oratoriens.

Jean Papon fit, le 20 avril 1582, un second testament modifiant les dispositions du premier. Ce dernier testament fut confié, en 1584, par Jean Papon luimême à Tabbesse des Sainte-Claire de Montbrison, entre les mains de qui il demeura caché (nous n'avons pu connaître pour quel motif) jusqu'en 1605, bien que Jean Papon fut mort en 1591.

Lorsqu'en 1605, ce testament fut enfin produit au grand jour, son fils Melchior l'arracha des mains du greffier chargé d'en faire l'insinuation au bailliage, et fit de vains efforts pour ranéantir(l).

Etienne Papon, sieur de BuUion (Mornand), fils aîné du grand juge, était en 1581 , année de son décès, lieutenant criminel au même bailliage. Par son testament du 22 juin de cette même année, passé devant

(1) Aeoue Foréximnej article de M. Vincent Durand, 1869-

Vidal^ notaire à MontlMisoo, il donna aux CordelierB une rente de 22 livres 10 sols.

Le 5 mars 1592^ Gilbert Papon, conseilla du roi et son procureur général au bailliage de Forez^ fonda une messe annuelle, sous la rente de 3 livres qui devait être payée par demoiselle Germaine Dalmais, sa fenune, et par Etienne Ps^n, son fils.

En 1613, Françoise Duverdier, mariée en 1599 à Etienne Papon, fils du précédent, créa en Ëiveur du même couvent une autre rente de une livre 10 sols.

Françoise Duverdier, suivant Claude Henrys (t. 3, p. 818, édition de 1738), mourut en 1613 en donnant le jour' à un enfant mort. Etienne Papon, son mari, supposa que son enfant avait siu*vécu ; il hérita ainsi des grands biens de la mère et de Tenfant. Il se remaria avec demoiselle Rival du Soleillant (Verrières).

On voit par ce que nous venons de dire sur les Papon que cette famille du grand juge, qui a laissé dans nos annales un si beau souvenir, avait à cette époque plusieurs de ses membres d'une probité plus que douteuse.

Les trois rentes ci-dessus, arrivant ensemble à 27 livres, étaient encore dues au couvent en 1733; elles étaient alors reconnues par Jean Papon, de Saint- Georges-Hauteville, comme tuteur des enfants mineurs de Jean Papon ^ lieutenant-oolonel au régiment de la Bour. Ce dernier était fils d'autre Jean Papon, lieutenant de juge en la châtellenie de Montbrison.

Le 28 avril 1593, devant Vidal, notaire à Montbrison ; Louis Papon, autre fils du grand juge, sei-

LBS GORDEUERS. 187

gneur de Marcoux et de Goutelas^ prieur de Marcilly, fit son testament par lequel il créa une rente de 40 livres en faveur de deux novices Cordeliers, et 8 livres à titre d'aumône au Père gardien du couvent, plus une autre rente de 40 livres « pour un prêcheur de « Tordre et de la robe de Saint-François^ pour ne « divertir Tordre qui a été établi de si longue main « en ladite église des Cordeliers. d Et dans le cas où il ne plairait pas aux échevins de Montbrison de prendre un Cordelier pour prêcher le carême, cette rente de 40 livres devait être payée moitié aux Cîordeliers et moitié aux Sainte-Claire. Ces pensions étaient assises sur une rente dite de Saintr Victor, possédée alors par la famille Papon.

Ce Louis Papon, prieur de Marcilly, est Tauteur de poésies dont quelques-unes, notamment VEpitre à M^ Pamphilej sont assaisonnées de sel erotique qui m'ont fait souvent comparer le prieur de Marcilly au spirituel Rabelais, prieur de Meudon. M. Yéméniz, de Lyon, a publié à ses frais, il y a quelques années, les poésies de Louis Papon.

1575, 26 décembre. Benoîte Pourrette, femme de Jean de France, fonde cinq messes evcharistialeSj

moyennant la rente annuelle de assise sur une

maison située à Montbrison en la rue des Halles. Cette rue conduisait du marché (la partie basse de la rue Tupinerie) à Thôpital Sainte- Anne, où se tenait la grenette jusqu'en 1691.

1576. Par son testament du 9 mars, devant Breyard, demoiselle Louise de Cuzieu, dame dudit lieu et

Id8 LES GOUtSNTS i)6 HONîISRISON.

femme du sieur de Flageac, fonda une rente d'un septier de seigle, à la charge de chanter tous les lundis tes vêpres des morts. Cette rente fut assise sur la terre de Cuzieu, qu'elle donna à son fils et héritier noble Pierre de Flageac, à la condition de porter le nom et les armes de Cuzieu. Elle était servie, en 1686> paf Armand de Crussol, duc d'Uzès, comte de Cuzieu, héritier de Marguerite de Flageac isa mère; par le sieur Presle, par le sieur Pupil, lieutenant-générsi au présidial de Lyon en 1717, et par MM. ^Kaizè ^ Benoit Denis en 1736, tous seigneiu*s successifs de Cuzieu.

1582, 29 janvier. Testament de M* Pierre Dumas, chirurgien de Montbrison , par lequel il élit sa sépulture dans l'église des Cordeliers et leur donne une rente de 10 sols pour une messe chaque année.

1592. Paj" son testament du 11 mai, passé devant Monate, notaire à Montbrison, dame Catherine Clé*pier voulut être enterrée dans l'église de Saint- François (des Cordeliers), au tombeau de ses prédécesseurs, et fonda une messe annuelle de 15 sols qui devaient être payés par l'hôpital de la charité» Cette clause nous porte à croire que cet hospice avait hérité de Catherine Clépier.

En 1617, un autre membre de la même famille, Guillaume Clépier, avocat à Montbrison, par son testament du 5 septembre, voulut aussi être enterré dans l'église des Cordeliers, au vaz de ses prédéces-^ seurs.

1594, 9 juillet. Testament devant Pocheville, no-

U» GORDBUBM. 189

taire^ de Madeleine Botet^ veuve de Jean Champier^ par lequel elle fonde une rente de 30 sols^

1609. Nous croyons devoir interrompre Tordre chronologique pour mentionner ici le testament de M* Jean Champier^ passé devant Vauberet^ notaire à Montbrison^ par lequel il veut être enterré au tombeau de ses ancêtres^ dans l'église de SainlrPrançois^ où il fonde plusieurs messes et une rente de 12 livres 10 sols au capital de 200 livres. Les témoins de ce testament furent Pierre de Montloup^ gentilhomme ordinaire de la maison du roi; Claude Girard^ substitut du procureur du roi^ et Philibert du Colombier^ curé de Sainir André.

1593. Testament de M^ Antoine Châlons^ chanoine à Montbrison^ qui fonde quelques messes et une rente annuelle de 40 sols. Cette rente était servie plus tard par M. Claude Ramey^ fils de Jean et de Made* leine Châlons.

1594^ 14 mars. Testament de Christophe de Talaru^ seigneur du Freyssinet^ par lequel il donne aux Cor-* deliers une rente de 30 livres^ et aux rehgieuses de Sainte-Claire une rente égale. Ces rentes étaient en 1617 servies par M*^' Christophe de Chalmazel> seigneur du Mas.

En^l564, Perrine Bois, veuve de Léonard Chauve, en 1565, Pierre Bois, en 1595, Pierre Bois, marchand^ et Qn 1597, Jacques Bois, son fils, aussi marchand,, demeurant tous à Montbrison , firent successivement quatre petites fondations de rentes, devant les no-» taires Pugnet et Monate, arrivant ens^nble à 3 livres 5 sols.

Vers 1640, un membre de cette famille, Louis Bois, s'était élevé au rang d'élu de Forez, il acquittait ces quatre petites rentes; en 1670, elles étaient payées par son fils, noble Antoine Bois, écuyer, seigneur de Merlieu, fief et château qu'il venait d'acquérir des mariés de Rostaing et de TréméoUes; Jeanne-Marie Bois, sa sœur et son héritière, porta ce fief à la famille Puy du Perrier, d'où il est passé à celle de M. de Meaux, par le mariage, vers 1715, de M"* Louise Puy avec M. Etienne de Meaux. J'ai connu à Montbrison plusieurs membres de la famille Bois, pauvres artisans qui ne se doutaient guère de leur parenté avec la famille de Meaux.

1597. Antoine Vallanson, marchand à Montbrison, fonde une messe annuelle, sous la rente de 12 sols. Un membre de cette famille, Pierre-Jean Vallanson, était en 1646 supérieur des Pères de l'Oratoire de Montbrison.

1598. Un sieur de Beauplan (Chalain-d'Uzore) fonde quelques services religieux sous la rente de 12 livres qui était acquittée en 1709 par Jean de Saint- Prîest, seigneur de Feytan.

1600, 22 octobre. Par son testament, reçu par Monate, notaire, Jacques Chenevier, fils de feu M* ' Raymond Chenevier, procureur à Montbrison, donne aux Cordeliers un capital de 10 écus, à la charge d'aller tous les ans en procession, le jour de Saint- Jean-Baptiste, célébrer une Messe à Moind, dans l'église de Saint- Jean.

1600. Madeleine Philippe, veuve de Guillaume

IJBS GORDBLIBJEIS. 191

Pellissier^ par son testament du 10 mai^ donne une vigne appelée la Bertue^ sise au territoire de Pierreà-Chaud^ pour ses œuvres pies et pour sa sépulture dans le tombeau de son mari^ au cimetière du couvent. C'est la première fois qu'il est fait mention d'un tombeau dans le cimetière du couvent.

1604, 28 mai. Fondation d'une rente de 20 sols par demoiselle Louise de Fussimagnes, fille de feu Louis, greffier de la justice de Rochetaillée, à la charge de dire une messe chaque vendredi de carême et d'y

chanter ensuite les hymnes : Stabat Mater et

Vexilla régis prodeunt.

1606. Jean Tranchand, praticien de Virieux, élit sa sépulture dans l'église des Cordeliers, leur donne 8 livres de rente annuelle et nomme pour son héritière dame Claudine de Fornier, sa grand'mère.

1607. Jean Reynard, procureur du roi au bailliage de Montbrison, fonda une messe anniversaire on l'église des Cordeliersety élut sa sépulture. En 1664, par testament reçu par Terrasse, notaire, îe 7 novembre, Pierre Reynard voulut être enterré dans la même église, au vaz ou tombeau de sa famille, et il fonda une messe annuelle sous la rente de 30 sols, imposée à son fils Reynard de Beaurevert de Saint- Ange.^ Une note écrite, vers 1750, sur le dossier de cette rente, nous apprend que M. de Beaiu^evert de Saint- Ange mourut insolvable.

1615. Fondation de messes par Jacques du Rosier sous la rente de 6 livres.

Vers 1600. Charles d'Apchon, chevalier, capitaine

de cinquante hommes d'armes > seigneur de Chanar leilles (Chenereilles)^ La Chapelle, Grézieux-le-Fromental, donne au couvent des Cordeliers, pour ses (Buvres pies, un capital de 300 écus, et veut être enterré dans l'église des Cordeliers, au tombeau de ses prédécesseurs j placé au côté droit du grand autel. Par le même acte il fait donation à sa fille Claude, quand elle se mariera, de 2333 écus; à chacun de ses fils, Marc et Jacques, 2000 écus; à sa fille Gabrielle, religieuse au couvent de Saint-André-les-Nonains à Vienne, 50 écus en sus de la dot qu'elle a reçue; à Marguerite sa fille, femme du sieur de Magnieux, 5 écus en sus des 40,000 livres tournois qu'elle a reçues en dot; il donne tous ses autres biens à son fils aine, Jacques, sur le point de se marier avec demoiselle Suzanne d'Espinac, fille de M" Jean, chevalier, capitaine de cinquante hommes d'armes, seigneur d'Espinac (Appinac), Monistrol, etc., à la charge d'acquitter les donations -ci-dessus. Jacques d'Apchon l'ainé remplit mal les obligations qui lui avaient été imposées, et refusa, je ne sais sous quel prétexte, de payer les 300 écus donnés aux Cordeliers. Les choses restèrent * ainsi pendant longtemps; enfin, en 1615, un traité fut fait entre les intéressés : les œuvres pies, non désignées par Charles d'Apchon, furent fixées à une messe de mort à dire au grand autel tous les vendredis de l'année, suivie d'un Salve Regina sur son tombeau. Le capital de 300 écus, avec les intérêts qu'il avait produit, fut converti en une rente de 60 livres, spécialement assise sur un étang de douze

LES GORDELDSRS. 193

bicherées, appelé de TréméoUes, situé à Grézieu-le- Fromental. Cette rente était encore servie en 1789 par le seigneur de Grézieu, Aymard Chapuis de la Goutte.

Il faut remarquer ici que le tombeau de la famille d'Apchon existait dans Téglise des Cordeliers avant la donation faite par Charles. Nous n'avons pu découvrir le premier acte de fondation relatif à cette famille. Nous avons trouvé toutefois, parmi les revenus du couvent, la mention d'un septier de seigle dû par les seigneurs de Montrond; c'était sans doute une partie de la fondation faite par le premier des d'Apchon auquel fut élevé un tombeau dans l'église des Cordeliers.

1613. Testament de Collette Chevillon, veuve de Claude Gay, gendarme de la compagnie d'ordonnance du marquis d'Urfé, par lequel elle donne aux Cordeliers une rente de 30 sols, sans aucune charge.

1616. Par son testament du 15 juillet, Hubert Paire, pharmacien à Montbrison, fonda quelques messes moyennant une rente de 6 livres servie en 1709 par Marie Paparin, fille de Guillaume, écuyer, seigneur de Château-Gaillard, et femme de Biaise Aymard.

1616. Fondation par Michel Ducloux, bourgeois de Montbrison, d'un service annuel de quatre messes, sous la rente de 2 livres 10 sols en faveur du couvent des Cordeliers où il élut sa sépulture.

1649, 21 avril. Testament de demoiselle Emerande Ducloux, veuve de M. Claude Giraud, avocat à Mont- Tome 1. 13

brison, par lequel elle veut être enterrée dans Téglise des Cordeliers, en la chapelle de son gendre, noble Claude Chassain^ receveur des tailles, et fonde plusieurs messes annuelles aux cinq fêtes de la Vierge et aux fêtes de Pentecôte, sous la rente de 4 livres.

1630. Fondation par Jean ThioUier, notaire à Montbrison, d'une grand'messe en l'église des Cordeliers, où il élut sa sépulture. Ses héritiers furent MM.VÎkcques et Michel Punctis, procureurs au bailliage de Montbrison.

1653. Michel Punctis, qui testa en 1653, fonda aussi une messe annuelle dans le même couvent, sous la rente de 20 sols. Son fils Jacques était marié à Catherine Ducloux, fille de Michel Ducloux, dont nous venons de parler. II acheta, vers 1640, la charge anoblissante de juge au grenier à sel de Montbrison. Louis, son fils, écuyer et sieur de la Tour (Balbigny), épousa, en 1678, Marguerite Jacquier, fille de Jacques, qui devint vers le même temps seigneur et baron de Cornillon (1). Michel Punctis, fils de Louis, était conseiller au bailliage de Montbrison, il laissa de Denise Guyot, sa femme, plusieurs enfants, dont une fille, Marie-Josephe de Punctis de la Tour, devint, par son mariage avec Gilbert Le Camus, dame de Boënetd'Arthun, et porta ainsi ces deux seigneuries dans la famille de Punctis qui les a conser\^ées jusqu'en 1793.

(I) chronique des CfidUaux et de$ Abbayes du Forez, par de la Tour- Varan, t. J, p. 187.

1620, 24 mai. Testament devant Vignat, notaire, de Gabrielle de la Barge, veuve de W Balthazard de Rivoire, seigneur du Ch'evalard (Essertines-en-Châtelneuf) et du Palais (Feurs), par lequel elle fonde un Salve Regina à dire tous les jours après Toffice; et pour ce service elle donne un pré situé à Essertines, appelé le Pré du Chevalard. Ce pré fut vendu, le 29 juin 1631^ sous la rente de 6 livres, au capital de 120 livres.

1626, 28 avril. Par son testament, devant Géroffier, notaire, demoiselle Marthe Avisard, veuve de noble Etienne de Thélis, sieur de Châtel, TOlme et Saint- Aubin, fonda trois grand'mosses à dire, chaque année, dans sa chapelle appelée des Jattins, où sont enterrés ses prédécesseurs et sa mère Jeanne du Crozet. Une de ces messes était précédée d'une processionle jour de Saint-Jean. La chapelle des Jattins était la première à droite en entrant dans Téglise.

1629. Fondation de deux messes annuelles, sous la rente de 30 sols, par François de la Roue, procureur à Montbrison, mort de la maladie contagieuse.

1638, 28 avril. Testament devant M' de Tournon, notaire, de Pierre Béraud, sieur de la Jarlette, avocat au parlement, par lequel il fonde trois grand'messes à dire chaque année, sous la rente de 3 livres. Il était un des consuls de Montbrison pendant la peste qui ravagea cette ville en 1629 et 1630, et paya dans ces temps malheureux de sa personne et de sa bourse (1).

(1) Voir notre HUioire de Feun^ p. 252.

1641 • Par son testament reçu par le même notaire, le 20 octobre, Antoinette Tourillon, femme de M.

Etienne Béraud, sieur de la Jarlette (fils du précédent), fonde une rente de 20 sols, à la charge d'une messe annuelle, et nomme son mari héritier universel. Cette rente était servie par M. Jean-Pierre Béraud, curé de Bellegarde, pour trois-quarts, vers 1680, et pour l'autre quart par Antoinette Béraud, sa sœur, femme de M. Charles Montagne, avocat, vers 1690, et par M. Jean Montagne, conseiller au parlement des Bombes en 1 734 , au nom de son fils Jean-Pierre Montagne, appelé plus tard de Poncins.

1643. Par son testament reçu Poyet, notaire, le 31 mars, demoiselle Rose de la Roëre, veuve de Pierre Papon, avocat, élit sa sépulture dans l'église des Cordeliers, en la chapelle Sainte- Anne, et y fonde trois grand'messes perpétuelles. Par le même acte elle fonde aussi une prébende de messes en l'église Notre-Dame de Montbrison.

1647, 1*" juillet. Fondation d'une rente de 20 livres par dame Jeanne de Paultrieu ou de Paultrier de la Maison, veuve de M. Claude de Luzy, baron de Queurières, seigneur de Pellissac. Cette rente était assise sur le château de Labbé (Montbrison) , vendu en 1680 à Pierre Boyer, conseiller du roi, qui servait cette rente.

1650. Guillaume Ronzaud, sieur de Chazelles (sur Léavieu), fonde une rente de 10 livres, qui était encore servie au couvent en 1760, par Jacques d'AUard, de Montbrison, héritier de la famille Ronzaud.

LES GORDEUERS. 197

Vers 1660, Jacques de Rostaing, chevalier, seigneur de Veauchette, et dame Marie-Hélène de TréméoUes de Merlieu, sa femme, fondent en faveur des Cordeliers une rente de 17 livres, au capital de 340 livres, assise et hypothéquée sur le fief de la Corrée (Chandieu).

1668. Marie Faton, veuve de noble Antoine Lebeau, conseiller du roi au bailliage de Forez, se libère envers les Cordeliers du capital de 200 livres que son mari leur avait donné. En 1731, un membre de la même famille et portant le même nom, noble Antoine Lebeau, fit abandon aux Cordeliers d'une somme de 200 livres que le couvent lui devait, « pour aider à « la reconstruction du couvent qui vient de brûler. » (Nous parlerons de ce terrible incendie dans le chapitre sixième.)

1668, 24 novembre. Testament devant M" Barrieu, notaire à Montbrison, de Catherine Giraud, veuve d'Etienne Papon, procureur à Montbrison, qui fonde une rente de 5 livres, à la charge de quelques messes. ( Antoine Henry s, président en l'élection de Montbrison en 1706, était débiteur de cette rente.)

1687, 5 avril. Par çon testament, devant M* Thoinet, notaire , M''' Claude Giraud (le fils sans doute d'Emerande Ducloux , dont nous avons parlé) > conseiller du roi et receveur général des consignations de Forez, fonda une rente annuelle de 30 livres, à la charge d'une messe basse le lundi de chaque semaine; il institua pour héritières universelles ses deux filles : Jeanne, femme de M" Nicolas de la Guiche, chevalier.

comte de Sivignon; et Madeleine, mariée à Jacques Minières, écuyer, aussi receveur des consignations. Claude Giraud laissa une très^rande fortune; et les belles alliances de ses deux filles nous montrent qu'autrefois comme de nos jours les riches roturières n'étaient pas dédaignées par les familles nobles.

1672. Testament d'Antoine Daudieu; il élit sa sépulture dans l'église des Cordeliers, au tombeau de Geoffroy Chirat, son beau-père, et distribue en aumône une somme de 320 livres, dont 70 livres aux Cordeliers, à la charge d'une messe par an, à diacre et sous-diacre.

1673. 14 mars. Testament, devant Thoinet, notaire àMontbrison, d'Antoine Bussière, sieur de la Salle (Feurs) , capitaine-châtelain de Saint-Priest-la-Roche, qui fonde une grand'messe. Antoine Bussière, son fils, procureur à Montbrison, fonda plus tard un annuel de messe à dire le premier vendredi de chaque mois. Les rentes dues pour ces fondations étaient acquittées en 1733 par M. Jean-Claude Ramey, écuyer, avocat-général au parlement des Dombes, héritier d'Antoine Bussière de la Salle, et en 1764 par M. Jean- Pierre Montagne, qui avait épousé Louise Ramey, Vhéritière et fille unique restant dans le monde de la maison Ramey de la Salle.

1674. Testament de Bonnet Petit, praticien à Montbrison, qui élit sa sépulture dans l'église du couvent, en la chapelle de Notre-Dame-de-Pitié , et fonde sept messes aux principales fêtes de la Vierge.

1696, 12 avril. Devant Pital, notaire à Sury, fon-

LES GORDELIERS. 199

dation par M" Charles-Ignace de la Rochef oucaud , marquis de Rochebaron, et par Madeleine d'Escoubleaux de Sourdis, sa femme, dame de Sury-le-Comtal, etc., d'une grand'messe à dire à chaque fête de la Vierge en leur chapelle des Cordeliers, sous la rente de 15 livres assise sur leur domaine du Colombier, à Sury-lo-Comtal.

La chapelle en question était la première à droite en entrant, connue sous le nom des Jattins. Le 30 octobre 1 720, François de la Rochef oucaud , marquis de Rochebaron, commandant pour le roi la ville de Lyon et les provinces du Lyonnais, Forez et Beaujolais, se désista de tous les droits qui avaient été cédés à ses ancêtres sur cette chapelle.

1706. Testament de François Chassain, écuyer, demeurant à Montbrison, par lequel il élit sa sépulture dans la chapelle que ses ancêtres possèdent aux Cordeliers, et y fonde un annuel de messes basses le vendredi de chaque semaine, sous la rente de 20 livres.

1707. Testament de Philippe Duby, notaire royal à Montbrison, par lequel il lègue aux Cordeliers une rente annuelle de 3 livres 10 sols, sans aucune charge.

C'est ici le lieu de mentionner une donation de 30 livres de rente faite par Frère Michel-Bonaventure Duby, ancien Cordelier de Montbrison, par deux testaments, Tun fait à Lyon devant Pierre Vernon, notaire, le l*"*" septembre 1731, et l'autre, en date du 18 mars 1753, sous la condition par les Cordeliers d'aller chaque année célébrer dix messes dans sa chapelle de Vergnon, paroisse de Savigneux. Marie

Duby, femme de M. le docteur Bonnefoy^ fut instituée son héritière universelle.

Le Père Duby était^ comme nous Tavons déjà dit^ docteur en théologie de la faculté de Paris; il remplit les fonctions de gardien du couvent de Saint- François de Montbrison^ fut élu définiteur de la province de Saint-Bonaventure. C'est pendant les trois années de son gardianat qu'il fit un relevé très-exact de tous les titres de ce couvent qui existaient encore. Beaucoup de ces titres ont aujourd'hui disparu; mais grâce au travail du Père Duby, oh peut y suppléer. En tête de ce registre, in-folio de 400 pages, il a consigné plusieurs notes sur le couvent et l'église, qui nous ont été d'un grand secours. Il vivait encore en 1758. En 1769 on lit sur un état des revenus et charges du couvent la mention d'une rente viagère de 60 livres due au très-révérend Père Duby l'aîné, docteur de Paris. Nous pensons que c'est encore à lui que s'applique cette mention.

1710, 9 juillet. Testament devant M* Franchet, notaire, de M. JcanTénot, bourgeois de Montbrison, qui élit sa sépulture au tombeau de ses ancêtres, dans l'église des Cordeliers, et leur fait don d'une vigne située au territoire du Bouchet, paroisse de MontbriSon.

Vers 1715, Michel Pouderoux, sieur de Bataillou et de la Lande, avait créé en faveur des Cordeliers une rente de 4 livres, qui fut dans la suite acquittée par l'hospice de la Charité de Montbrison.

1729, 27 juillet. Devant Poyet, notaire. M" Denis-

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François de Lesgallerie, prêtre, docteur en théologie, fait donation à THôtel-Dieu de Montbrison d*un capital de 3135 livres pour y fonder un lit, à la seule condition par les recteurs de payer chaque année une pension de 6 livres aux Cordeliers qui viendront célébrer dans l'église dudit hôpital Une messe anniversaire le jour de son décès, et chanteront la veille Vêpres des morts en leur église.

M. de Lesgallerie mourut le 1*' mars 1731, il ap^ partenait à une ancienne famille de la magistrature montbrisonnaise et se rattachait par ses alliances aux d'Appinac et aux de Chatillon.

Ces nombreuses donations ou fondations nous montrent combien était grande la confiance que nos populations avaient dans ces pau\Tes moines. Saint François et saint Bonaventure avaient bien compris l'esprit de leur siècle en créant un ordre de moines pauvres, non cloîtrés, et vivant des aumônes qu'ils allaient quêter autour d'eux. C'était, selon nous, l'esprit démocratique pénétrant dans la religion. A ces puissantes abbayes qui rivalisaient en richesses avec les plus grands seigneurs de la féodalité, qui dominaient du haut de leur couvents crénelés sur leurs serfs et leurs vassaux, qui traitaient d'égal à égal avec les rois de France, il fallait opposer un moine pauvre, ne possédant rien et vivant de la charité publique. Il fallait un moine parcourant les campagnes, sympathisant avec les laboureurs et donnant quelques prières en échange d'une légère aumône. Notre intention n'est pas certainement de blâmer les

moines savants qui passaient leur vie entière dans une cellule, voués à l'oraison et aux travaux de Tintelligonce; mais à la place de ce moine inconnu, il fallait le moine actif, le moine vivant de la vie publique, et laissant voir sa pauvreté avec autant d'indifférence que les autres moines apportaient de soin à cacher leurs richesses. Aussi l'on fut presqu'étonné de la rapidité avec laquelle l'ordre des Cordeliers se répandit en Europe; elle fut telle qu'au premier chapitre général tenu en 1219, douze ans après sa fondation, il se trouva dans cette assemblée plus de cinq mille religieux, sans compter ceux qui restèrent dans les couvents (1).

On remarquera aussi dans les donations que nous avons citées qu'elles émanaient de toutes les classes de la société. Depuis le plus simple artisan jusqu'au puissant comte de Forez, tous aimaient à donner à ces pauvres moines un souvenir d'affection, tous aimaient à réclamer leurs prières, beaucoup mènie sollicitaient la faveur de reposer après leur mort dans la terre de leur cimetière ou sous les dalles de leur église. C'est que l'institution de ces religieux, vivant humblement et pauvrement, prêchant dans les campagnes pauvres comme eux, répondaient aux idées de l'époque, idées qui commençaient à devenir hostiles aux richesses des couvents, comme plus tard nous avons vu les religieux enseignant prospérer

(l) Hiêtoire des couvents de Saint-François, par le P. Fodéré. p. 48.

LES CORDELDSRS. 203

parce qu'ils répondaient aussi aux besoins do leur siècle.

Nous n'avons pas cependant retrouvé tous les actes des fondations qui furent faites aux Cordeliers pendant leur longue existence. Un état de leurs revenus, dressé en 1755, nous apprend en effet que le produit annuel de ces fondations arrivait à 1037 livres; celles que nous avons retrouvées arrivent au plus à 900 livres.

Les Cordeliers de Montbrison ne donnaient pas seulement une sépulture honorable- et privilégiée aux bienfaiteurs de leur couvent; ils avaient encore le devoir pénible d'accompagner au supplice les criminels condamnés, et de les enterrer dans un coin de leur cimetière, quand la justice accordait à leur cadavre la faveur de ne pas pourrir aux fourches pati-» bulaires.

C'est ce qui arriva, le 29 mars 1513, à un certain Hallon de Trye, gentilhomme gascon. A la tête d'un tas d'aventuriers il faisait autour de Montbrison force vols et ravages. Il fut pris et exécuté le 29 mars, en présence du maréchal de la Palisse, gouverneur de la province. Ce dernier, ayant égard à la noblesse du coupable, consentit à la remise de son corps entre les mains des Cordeliers.

Nous devons mentionner ici un fait qui s'est peutêtre répété plusieurs fois, et qui, dans ce cas, prouverait encore mieux la sympathie que le peuple avait pour les Cordeliers : c'est un traité qui eut lieu, le 4 septembre 1713, entre Jean Morel, laboureur du ha-

meau de la Plasse (Saint-Georges-en-Couzan) , âgé de 65 ans, et les Pères Cordeliers représentés par Antoine Marin, bachelier de Sorbonne, gardien; Louis Plasson, lecteur en théologie; Bernardin Privât, vicaire; François Farget, ancien gardien de Mâcon; Jean-Baptiste Jacquemin, sacristain; Joseph DumoUard et Michel des Brodières, tous prêtres et religieux. Par cet acte les Cordeliers s'engagent à recevoir et nourrir avec eux le sieur Jean Morel; et ce dernier, en échange, leur fait abandon de ses biens, consistant en une petite maison située à Saint-Georges, un capital de 800 livres représenté par douze obligations, treize rentes viagères arrivant ensemble à 51 livres, et une quatorzième consistant en douze grandes quartes de vin (environ 25 litres). Cette donation • n'était certes pas onéreuse au couvent; aussi, il est à croire que Jean Morel la fit plutôt par goût que par besoin.

Outre les deux prébendes fondées, comme nous l'avons déjà dit à la nomenclature des donations, par dame Paule Magnin en 1360, et par Amédée Verd en 1441, nous devons en mentionner une troisième fondée le 28 novembre 1344 par Guyonnet de Kandan. Le mauvais état du parchemin ne nous a pas permis d'y lire d'autres renseignements.

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