‹ Histoire des couvents de Montbrison avant 1793 (volume 3)Chapitre 27 sur 37 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

258 LES COUVENTS DE iMONTBRISON.

Pendant l'octave qui suivit Touverture de la fête, toutes les paroisses de la ville et les Bénédictins de Savignieu vinrent alternativement célébrer en grande pompe l'office du nouveau Saint, et prononcer son panégyrique; «c il s'y chanta une infinité de motets a de musique, ne s'étant pas passé un seul jour qu'on a en récitât de nouveaux, et toujours accompagnés « d'une agréable symphonie de différents instruçc ment s, de basse, de viole continue, violons et « flûtes douces, entremêlés de temps à autres, et par

« reprise, des plus belles entrées de Baptiste

« Comme le P. gardien (François du Puis), outre la « peinture où il excelle, sait encore fort bien la mu- « sique et joue de même de plusieurs instruments, il « fut toujours de toutes leg parties (1). »

Toutes ces cérémonies se terminèrent par un Te Deum solennel, pendant lequel « on enleva l'étencc dard du Saint à la vue des assistants, et on le laissa a suspendu à la voûte, où il est encore aujourd'hui « invoqué de ses dévots (2) . »

Nous remarquerons que dans cette solennité il n'est fait mention ni des Capucins ni des Récollets, bien qu'ils fussent déjà installés à Montbrison, ainsi que le P. Bazin nous l'apprend dans le même ouvrage, p. 100. Quoique tous enfants de saint François, les Cordeliers ne convièrent à leurs cérémonies ni les

(1) Récit du fête» de la canonitaiion de taini Jean de Capistran, par le P. Bazin, p. 107.

(2) Id. id. id. id.

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Capucins ni les RécoUcts; nos moines n'avaient sans doute pu si vite oublier la victoire que les Récollets avaient remportée sur eux dans la direction des consciences des Sainte-Claire. Quant aux Capucins, c'était aussi un ordre mendiant qui venait, depuis peu de temps, prendre sa part dans les aumônes publiques, au détriment des Cordeliers.

Comme compensation à la défaite que nos moines venaient de subir par l'installation des Récollets auprès des Sainte-Claire, les Cordeliers eurent une satisfaction qui leur procura aussi une petite augmentation de revenus : la suppression des Cordeliers de la Bâtie , et la réunion de leurs revenus à ceux des Cordeliers de Montbrison, qui eut lieu en 1692. Qu'on nous permette à ce sujet une petite digression sur ce couvent.

Pierre d'Urfé, grand écuyer de France, à son retour d'un premier voyage qu'il fit à Jérusalem en compagnie du Père F. André, prédicateur en renom à cette époque, de l'ordre de Saint-François, fit commencer, vers 1490, la construction d'un couvent auprès des murailles du château de la Bâtie et au coin du jardin où était une chapelle dédiée à Sainte-Marie-Madeleine.

La Mure dans son Histoire des ducs de Bourbon j t. 2% p. 429, dit que le couvent de la Bâtie fut construit à l'instigation du P. Jean Bourgeois, Cordclier de l'observance régulière, ancien précepteur de Charles VIII, et ami de Pierre d'Urfé. Pour ajouter sans doute un nouveau relief à la fondation de ce couvent, La Mure a soin de nous raconter comment

le Pèro Bourgeois, foute d'argent pour payer le bâte* lier qui passait la Loire à Saint-Rauibert, étendit son manteau sur le Qeuve^ et nouveau Moise flottant sur Teau, vint aborder à Tautre rive.

Pierre d'Urfé ayant enlevé de sa prison un de ses amis^ détenu au château d'Usson (Auvei^ne), qui devait le lendemain subir le dénier supplice^ encourut la colère du roi de France. Il chercha un asile en Espagne et y servit contre la FVance, mauvais moyen de rentrer en grâiCe. Pierre d'Urfé entreprit un second voyagea Jérusalem, et c'est pendant son absence que Cath^ine de Polignac^ sa première femme, fit, de concert avec le Père André, achever le couvent commencé par son mari; mais elle lui donna moins d'é* tendue. La petite chapelle de la Madeleine devint le le chœur de Téglise, et Ton y ajouta une nef, un petit cloître à côté, un rêfectoire> une cuisine, et au-dessus un dortoir et quatre cellules. Le tout était si petit qu^il ressemblait plutôt à un ermitage qu'à un couvent.

Trois ou quatre moines au plus y furent étabbs; ils étaient nourris et entretenus auxfraisdelafamiUe d'Urfé; car, étant éloignés des villes, ils ne pouvaient compter comme ceux de Montbrison sur le produit des cérémonies religieuses auxquelles Us auraient pu prêter leur concours, et ne faisaient point de quêtes dans les premiers temps de leur fondation.

Catherine de Polignac> privée depuis longtemps de son mari que sa disgrâce éloignait de France, éprouva le plus grand malheur qui peut traverser le oœiir d'une mère : son fils fut trouvé mort dans le bois

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joignant les fossés de son château y il avait été étrangla et en partie dévoré par les bêtes sauvages. Sa mère^ pour recevoir les restes de son malheureux fils^ fit construire une chapelle dans Téglise du couvent^ que Ton dit être celle du côté du nord. Elle ressentit de ce tragique événement une si grande douleur qu'elle renonça au monde ^ abandonna son château^ et^ après avoir confié à ses parents sa jeune fille ^ Marie ^ elle s'enferma avec une seule domestique dans une chambre basse du couvent qu'elle venait d'ériger. Elle y passa le reste de sa vie^ en pleurs^ jeûnes et prières^ et comme Rachel elle ne voulut pas être consolée. Par son testament elle donna à ce couvent de riches ornements d'église^ et voulut être enterrée sous le pauvre habit de Saint-François devant le grand autel. Pierre d'Urfé^ pendant son deuxième voyage en terre sainte^ signala son courage en plusieurs combats contre les Turcs ^ ce qui lui valut de rentrer dans les bonnes grâces du roi. Son premier soin^ à son retour au château de la Bàtie^ fut d'ériger à sa femme a un c superbe monument de bronze^ élevé hors de terre (X de trois pieds > au-dessus duquel est représentée a ladite dame en relief^ portant l'habit de Sainir <K François* Autour de ce sépulcre sont élevées en <c bosse les images des Saints auxquels elle avait «t particulièrement dévotion^ et aux quatre coins ses « armes en argent fin. Au-devant dudit sépulcre est <r une Notre-Damenle^Pitié et à la tête d'icelui un a Mont-Saint-Michel ^ en bosse doré^ représenté au « naturel. » (Fodéré, p. 990.) Ce bad^relief de Notre-

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Dame-de-Pitié et du Mont-Saint-Michel était sans doute un dernier souvenir donné à la ville du Puy dont la famille de .Polignac habitait les environs.

Une longue inscription entourait ce monument, nous apprenant les titres du mari, la charité de la dame, leur mariage qui a duré cinq ans, et sa mort arrivée le 5 février 1492.

Pierre d'Urfé, selon les intentions de sa femme, fit faire pour ce couvent de riches ornements d'église, en a toile d'or, frisé velouté en cramoisi, et de bro- « catel d'or et d'autres étoffes de soie, » et déposa dans cette église plusieurs reliques qu'il avait apportées de ses voyages à Jérusalem. Le P. Fodéré croit a que par le fréquent transport que l'on a fait des « meubles de ce couvent en divers lieux, pendant les « courses des gendarmeries, la plupart desdites re- « liques aura été égarée. » Il en existait encore en

Pierre d'Urfé, retiré à la Bâtie où il faisait sa résidence habituelle, se remaria avec Antoinette de Beauveau, menant une vie ce plus, religieuse que a mondaine. » C'est alors qu'il fit construire le beau couvent de Sainte-Claire de Montbrison. Suivant les prescriptions de son testament, il y fut enterré, avec le costume de Saint-François, en dehors de l'église, au pied du pilier qui divise le grand portail a où ses d héritiers lui ont fait ériger un sépulcre et sa repré- « sentation en bosse,^le tout de bronze, et clos d'un « treillis de fer et sur la table, ou sépulcre de bronze, « où repose l'effigie » fut gravée une longue et élogieuse inscription, rapportée par Fodéré.

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Son fils Claude d'Urfé, à qui Ton doit la belle et curieuse chapelle que Ton admire encore dans le château de la Bâtie, vécut éloigné de nos contrées par les charges qu'il remplit à la cour ou" les ambassades dont il fut chargé (1).

Ces longues absences causèrent un grand préjudice au couvent de la Bâtie; les moines, qui n'avaient point de rentes et vivaient de la charité du seigneur, furent contraints d'avoir recours aux quêtes et aux aumônes; les bâtiments négligés tombaient presqu'en ruines. Le P. Fodéré nous apprend en finissant que oc ce oc petit couvent doit être bien plaisant et agréable, vu « que le R. P. Bertonus (qui était des plus célèbres (( et premiers Pères de la province) , après son pro- « vincialat, le choisit entre tous les autres, et pria « les Pères de le lui accorder pour sa demeure; et il « a si bien fait par son industrie et bonne économie <c qu'il a restauré ce qui était détérioré Jet^ ajouté « d'autres bâtiments de nouveau, et fait en sorte que « la maison est en très-bon état. »

Ici s'arrête la narration du P. Fodéré ; il nous reste peu de chose à dire sur ce couvent. Le 8 août 1637 les religieuses de Sainte-Claire de Montbrison firent abandon aux moines de la Bâtie de quelques rentes foncières arrivant chaque année à 35 livres 14 sols ô^deniers, qui leur étaient dues par des débiteurs

(1) Voir dans la JReviie Forézimne, année 1869, p. 231, son inscription tumulaird aux Cordeliers de la Bâtie, datée de 1580. — Voir kt d'Urfé, par Aug. Bernard , p. 53.

domiciliés dans les environs de la Bâtie. « Ces rentes ce avaient été données verbalement aux Sainte-Claire « par Messeigneurs d'Urfé, et provenaient des pen- <( sions acquises par M*"^ Lagrand, suivant les con- (c trats mentionnés en l'inventaire ou quittance du ((17 août 1593. » La donation de ces rentes par les Sainte-Claire aux Cordeliers eut lieu devant M* Granjon, notaire, le 8 août 1637, par M™ Renée de Laye, Mère abbesse, assistée de noble Guillaume Rival, conseiller du roi, syndic et père spirituel des Sainte- Claire, au P. Jacques Gauthier, gardien de la Bâtie, assisté de noble André Ponchon, syndic du couvent, en présence et du consentement de M" Emmanuel de Lascaris d'Urfé, comte dudit lieu, suivi de son page Malta de Combettes.

Cet abandon eut lieu par la raison que les religieuses <( ne peuvent pas poursuivre le recouvrement desdites « rentes à cause de leur éloignement, et qu'elles ne a peuvent contester en justice avec les débiteurs et a leurs héritiers, » De leur côté les Cordeliers de la Bâtie s'engagèrent, suivant les intentions desdits seigneurs d'Urfé, à chanter tous les jours un libéra me et à dire trois messes chaque senlaine de l'année.

Une lettre de Monseigneur d'Urfé, adressée le 8 septembre 1535 au R. P. Dolès, provincial des Cordeliers de la province de Saint-Bonaventure, de passage à Montbrison, nous apprend que le P. Parisot était alors gardien de œ couvent. D'Urfé prie le Père Provincial de lui envoyer deux nouveaux moines : les PP. Cottier et François, l'un pour la Bâtie, l'autre

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pour le service des chapelles du Mont-d'Uzore, <K puisque^ dit-il^ les ordonnances du roi nous ont « défait de ce petit brouillon d'ermite^ auquel il est <( ordonné de quitter la France. »

J'aurais bien voulu connaître te nom de ce petit brouillon d'ermite qu'une ordonnance royale chassait de France; il y a peut-être tout un drame politique dans ces quelques lignes de d'Urfé (1).

Le dernier souvenir que nous ayons trouvé du couvent de la Bâtie est un acte de 1692 par lequel le P. Leroux, ministre de la province, pour se conformer à un ordre du chapitre provincial, supprime ce couvent, en réunit les biens et les titres à celui de Montbrison, et convertit leur maison en un lieu de retraite pour la custodie de Lyon. Il est dit dans cet acte : « Pour reconnaître la très-sage et très-exemcc plaire conduite des Cordeliers de Montbrison, nous a avons transporté et transportons à notre couvent de oc Montbrison tous les immeubles, pensions et fonce dations de notre couvent de la Bâtie, à la condition tic d'acquitter fidèlement et religieusement les inten- (L tiens des fondateurs. y>

(1) L'erxDitage du Mont-d'Uzore fut construit vers 1605 par lea soins de Jacques II* d*Urfé ; l'ermite était chargé du service de deux chapelles dédiées à la Sainte- Vierge et & sainte Geneviève. M. Pierre Qras, dans un article de la Bévue Forizwnne de juillet 1869, p. 47, nous donne les noms de quelques-uns des ermites: 1* M'* Jean LeMaistre (1605) ; 2'* frère Dominique, cité en 1692; 3* frère Antoine Dodat, mort en 1714, à l'Age de 76 ans , enterré à Montverdun dans la chapelle du Saint-Sépulcre. Les chapelles du Mont-d'Uzore sont encore mentionnées dans un acte judiciaire de 1708. (Archives de la Loire, série B , p. 418.) Atgourd'hui il en rwte à peine quelques rninee.

Les rentes de la Bâtie en sus de celles qui avaient été cédées par les Sainte-Claire étaient bien minimes; elles consistaient en 22 livres, dues par les sieurs Foulard, de Saint -Didier- sur -Rochefort; Bêche, prêtre -sociétaire de Saint-Just- en -Chevalet; Jean Bonnet, de Champoly, et M. Vassauges, de Saint- Germain-Laval; en cinq mesures de blé, dues par M. Pizol, procureur à Montbrison, et un pré à Montverdun affermé 12 livres.

Les Cordeliers de la Bâtie avaient aussi possédé dans le premier siècle de leur fondation une rente noble, appelée de Mars, assise aux lieux de Roanne, Mably, Arcon, Renaison et Ouches; nous n'avons pu connaître son origine, ni son importance, ni son nouveau possesseur.

Quant aux vases sacrés et ornements, ils furent laissés au couvent de la Bâtie, ainsi que le « coffre « des reliques. »

Je ne sais si les bâtiments de ce couvent subsistèrent longtemps encore; il est probable qu'ils suivirent la fortune des d'Urfé leur fondateur^ dont le dernier descendant mâle s'éteignit en 1724.

Quoiqu'il en soit, il ne reste aujourd'hui aucune trace de ce couvent ni de la petite chapelle de Sainte- Madeleine, ni des riches tombeaux qui l'ornaient; nous n'avons même pu découvrir l'emplacement qu'il avait occupé.

Je ne saurais parler de la Bâtie sans exprimer la douleur que tout le monde ressent en voyant l'abandon qui pèse aujourd'hui sur cette belle habitation.

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et le peu de soin que Ton apporte à conserver la chapelle du château^ petite merveille qui ne déparerait pas les merveilles de Paris.

Une autre couvent de Cordeliers avait été établi à Saint-Galmier et s'y est maintenu jusqu'en 1792. Nous n'avons pu connaître ni le nom de son fondateur, ni la date de sa fondation. Le P. Fodéré qui écrivait, en 1619, l'histoire des couvents de Saint- François dans la province de Saint-Bonaventure, et qui nous a conservé d'intéressants détails sur ceux de Montbrison et de la Bâtie, ne dit mot de celui de Saint-Galmier. Ce silence nous porte à croire que ce couvent n'existait pas encore, et qu'il dut être fondé au milieu du XVIP siècle, époque de réaction religieuse.

Ses bâtiments, construits en dehors des remparts de Saint-Galmier, en étaient séparés par le chemin de ronde et les fossés. Ils occupaient, au sud de la ville, un terrain pentueux compris entre les remparts, les bords de la Coize et les sources minérales de Saint-Galmier. Autour de leur couvent les moines possédaient un bel enclos, cultivé en vignes et jardins, d'une surface d'un hectare deux cents ares. Une partie de ce terrain est occupée aujourd'hui par la maison d'habitation et les jardins de M/ Rémy ThioUière- Carle.

C'était à coup sûr une charmante position sur la pente du joli coteau de Saint-Galmier; et de la terrasse du couvent le regard se reposait avec plaisir sur une partie de la plaine qu'arrosent la Coise et le Volvon,

limitée par les coteaux de Saint-Galmier et les riches ombrages qui ont survécu à Tabbaye de Joursey.

La partie basse de Tenclos des Cordeliers avait été, à l'époque gallo-romaine > occupée par des thermes où Ton utilisait les eaux minérales qui sourdent sur la rive droite de la Coise. Les ruines de cet établissement thermal avaient elles-mêmes disparu depuis longtemps quand les Cordeliers s'installèrent à Saint- Galmier, et sans doute ils ne soupçonnèrent jamais les bénéfices que l'industrie moderne devait plus tard retirer de ces eaux minérales.

En faisajit des fouilles pour utiliser ces eaux, vers 1851, on a pu constater les ruines de l'établissement thermal que les Romains y avaient construit.

Le couvent de Saint-Oalmier, confisqué par la nation et mis aux enchères avec son église, ses cours, jardins et vignes, fut adjugé, le 12 juin 1793, au prix de 40,000 livres, à M. Montagne de Poncins, propriétaire à Saint-Cyr-les- Vignes.

Le prix de cette vente est une preuve de l'importance qu'avaient ces constructions placées à la porte d'une des principales entrées de la ville. Elles furent pendant longtemps utilisées comme auberge tenue par un nommé Pauche, et vendues vers 1815 par M. de Poncins à M. Carie.

Les Cordeliers de Saint-Galmier possédaient aussi un domaine à Chambœuf , qui fut aussi acquis^ dès le 27 juillet 1791, au prix de 6,000 livres, par le même M. de Poncins.

Nous tenons de la bouche de deux vieillards de

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Saint-Galmier que Téglise ou chapelle des Cordeliers était située dans Tintérieur de la ville^ à 200 mètres environ de leur couvent; elle avait son entrée sur la rue qui conduit de la Pontfort à l'église^ à l'angle formé par cette rue et par une impasse à gauche en montant. En effet, on voit encore de nos jours en cet endroit ime construction dont les fenêtres cintrées, ouvertes sur cet impasse, paraissent avoir appartenu à un édifice religieux.

J'avoue, en rapportant cette tradition, qu'il me parait étrange que l'église d^un couvent cloitré n'ait pas été construite à côté du couvent luîsfnême, et que les moines, logés en dehors des remparts de la ville, aient été obligés de franchir plusieurs fois par jour, et quelquefois même la nuit, les portes de la ville pour célébrer leurs nombreux exercices religieux. Si cette tradition est vraie, les Cîordeliers devaient avoir au moins un oratoire dans l'intérieur du couvent.

Nous ne pensons pas qu'il ait existé dans le Forez d'autres couvents deCordeliers que ceux de Montbrison, Saint-Galmier et la Bâtie; et même ce dernier, comme nous venons de le voir, ne subsista pas longtemps.

Les Capucins, qui formaient une branche des Cordeliers, fondèrent au contraire de nombreux établissements dans notre province; nous pouvons citer celui de Roanne établi en 1577, de Saint-Chamond en 1604, de Saint-Etienne en 1618, de Saint-Bonnet-le- Chàteau, et enfin celui de Montbrison auquel nous consacrerons quelques pages.

I MONTBBISON.

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