‹ Histoire des couvents de Montbrison avant 1793 (volume 3)Chapitre 29 sur 37 · Tome · texte numérisé non relu

Tome

Oratoriens, demanda à être admis pendant la délibération; et, au nom de sa communauté, il offrit à la nation non des soldats-citoyens pour repousser l'attaque des brigands j mais douze fusils de munition avec leurs baïonnettes pour armer les défenseurs de la patrie.

Les religieuses ursulines et visitandines envoyèrent aussi à l'assemblée chacune un délégué, qui offrit en leur nom vingt-quatre fusils, désirant ^ disaient-elles, contribuer aussi à la défense de la patrie.

Cet enthousiasme des corporations religieuses, que je crois plutôt factice que réel, était de la part de ces communautés une flatterie à l'adresse des idées nouvelles, flatterie toutefois qui ne put détourner l'orage qui grondait sur leur tète depuis longtemps et qui éclata en 1792.

Nous avons retrouvé les cartons qui servirent à peindre le plafond de cette salle. Voici quel en était le dessin : comme cette salle avait peu d'élévation relativement à sa grandeur, le peintre avait peint, au bord du plafond, une belle galerie à jour qui paraissait reposer sur la corniche en saillie qui régnait autour de la salle. Huit colonnes simulées reposaient sur cette première galerie dont une à chacun des quatre angles et supportaient une seconde galerie à jour, d'où s'élançaient aux angles quatre autres colonnes portant le plafond. Ce plafond représentait un grand ovale entouré d'une riche guirlande de feuillage enfermé dans un carré long formé par de fortes moulures. Cet ovale devait recevoir une peinture

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allégorique non indiquée dans le carton. Une lettre, accompagnant l'envoi de ce projet de décoration, nous apprend que l'artiste devait représenter dans cet ovale la France appuyée sur V agriculture et les arts.

Aux quatre angles de ce carré long l'artiste avait peint un écusson à fleurs de lys ceint de deux palmes croisées, et sur la galerie supérieure quelques vases de fleurs symétriquement disposés.

Ces deux étages de colonnes figurées, ces deux rangs de galerie à jour avaient l'air de supporter le grand carré du plafond, et produisaient ainsi une perspective dissimulant heureusement le peu d'élévation de la salle.

Un nouvel incendie, autrement terrible que celui de 1643, vint porter le désespoir dans le chœur de nos pauvres moines. Il se déclara dans la nuit du 6 août 1731, à dix heures du soir. En dépit des secours les plus empressés et du zèle que déploya la population tout entière, le couvent ne fut bientôt plus qu'un monceau de ruines.

Nous ne saurions mieux dépeindre ce désastre qu'en transcrivant ici un des nombreux procès-verbaux qui furent dressés alors par les diverses autorités, celui du châtelain de Montbrison : « L'église

« du couvent a été totalement incendiée, à l'exception a de la coquille voûtée sur le sanctuaire et de quelques a chapelles aussi voûtées qui sont à l'aile droite, dont a les pierres sont néanmoins calcinées et écaillées, a et les murailles fendues et crevassées en quelques

276 LBS GOUYENTS DB MONTBRISON.

« endroits^ à Texœption de la sacristie qui a été con- « servée presqu'entière, avec ses armoires, et d'un oc cabinet voûté au-dessus de la sacristie où était la « bibliothèque. Nous avons remarqué que le mau- « solée de pierre qui était au milieu du chœur de a ladite église a été calciné et rompu de même que la a tribune (1); que la chute des poutres, tuiles et a autres matériaux ont enfoncé quelques tombeaux « voûtés de ladite église; que les degrés pour monter « au clocher et le beffroi du clocher ont été consumés, a les cloches fondues, à la réserve de la petite qui <c tomba dans le jardin. Avons ensuite parcouru la « place des bâtiments qui consistait en une cour in- « térieure où était le cloître, sur un des côtés de lace quelle était la chapelle servant aux pénitents, et a du côté opposé celles de Sainte-Anne et de Saint-

(1) Ce tombeau était celui de la famille de Lavieu que nous avons dit ôtre fondateur du couvent des Gordeliera.

Ce tombeau est mentionné dans le testament de Blanche de Couzan , femme de Briand de Lavieu, dame de Roche-la-Molière et de Poncins, en date du 4 juin 1378, par lequel elle élit sa sépulture dans le tombeau de son mari au couvent des Frères Mineurs de Montbrison.

Ce tombeau reçut encore les restes de Catherine de Lavieu, fille de Briand, et femme d'fiérard de Sénectère (qui prit et continua le nom de Lavieu) . Elle testa le 23 août 1386, à Poncins, et voulut ôtre enterrée au couvent des Ck)rdeliers, au tombeau de ses ancêtres.

Par son testament du 17 septembre 1430, fait à Roche^la-Molière, Jean de Sénectère, Ûls de Catherine de Lavieu, appelé Jean de Lavieu du nom de sa mère, choisit aussi sa sépulture dans le même tombeau de ses aïeux. Par ce testament il veut que le jour de son enterrement son corps soit recouYert d'un drap d'or, dont il fait don au couvent, et que le môme jour de son enterrement trois chevaux soient présentés au moment de l'oiTertoire, couverts de caparaçons noirs, le premier comme pour un combat, le deuxième comme pour un tournois, le troisième eomme pour un duel, avec les armes à son usage. « [Offerantur

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« Bonaventure; le réfectoire, qui servait d'hôtel de « ville, et l'endroit où était Tartillerie de ladite ville, « laquelle artillerie a été fondue^ incendiée ou volée « pour la plus grande partie, dont les sieurs échevins a ont dressé procès-verbal; une office, une cuisine^ « une salle, et au-dessus un corps de bâtiment paroc tagé par un grand dortoir par le milieu; et sur le « troisième côté dudit cloître (celui du nord) était un « autre corps de bâtiment, où il y avait des chambres « des religieux, une infirmerie, un dortoir, plusieurs « chambres, grenier, bûcher, cellier et écurie, prea nant leurs jours sur une cour joignant les bâti- « ments de la Charité; il s'est trouvé également que « tous les couverts, planchers et généralement tous « les boisages, portes, fenêtres et vitres ont été « consumés par le feu, en sorte que tous les bâti- « ments dudit couvent sont ruinés et en masure... »

« trci equi^ in offertorio, cohoperti tcutario nigro; primus per modum guerrœ, fl iecundus per modum de tomoys et tertiiu per modum de duel, cum armis « mil.... J »

Enfin Louis de Lavieu , seigneur de Pondns, par son testament du 21 novembre 1447, voulut aussi ôtre enterré dans le môme tombeau de ses ancêtres. fEtudes historiques sur le Forez, par de la Tour- Varan, t. 2, p. 227 à 235.)

Cette persistance des divers membres de la famille de Lavieu à choisir leur sépulture pendant plus de deux siècles dans le tombeau construit au milieu de l'église dos Gordeliers, alors surtout qu'ils étaient devenus seigneurs de Rochela-MoIière, fief assez éloigné de Montbrison, est, selon nous, une nouvelle preuve de leur droit de fondateur de ce couvent.

A la suite de cette citation le lecteur ne manquera pas de remarquer cette singulière clause du testament de Jean de Lavieu : ces trois chevaux assistant à la cérémonie de ses funérailles et amenés dans l'église des Gordeliers au moment dejl'offertolre. Cet usage , un peu modifié toutefois, s'est continué jusqu'à nos jours , et nous avons vu plus d'une fois le cheval de combat d'un général snivre le convoi de son maître.

278 LES GOUVBNTS DE HONTBRISON.

On voit par ce procès-verbal que le désastre était complet, et que Tincendie avait tout consumé, sauf quelques pans de murs-. C'est alors que fut détruite cette belle charpente en arcade de bois lambrissée et ornée de nombreux écussons.

La petite chapelle des pénitents, quoiqu'isolée, ne fut pas épargnée par le feu. L'artillerie de la ville dont parle notre procès-verbal, et qui fut détruite ou volée, se composait sans doute de quelques vieilles coulevrines, dernier souvenir de nos guerres civiles, et des mousquetons à l'usage de la milice bourgeoise de l'époque.

A l'occasion de ce deuxième et dernier incendie nous ferons remarquer sa coïncidence avec d'autres incendies qui, à certaines époques, atteignirent les communautés religieuses de notre ville: en 1520, incendie partiel du couvent des Sainte-Claire; en 1624, deuxième incendie du même couvent j qui fut presque complètement détruit, à l'exception de l'église et du toumoir (la salle où était le tour?); en 1640, premier incendie du collège des Oratoriens; en 1643, premier incendie des Cordeliers; en 1731, deuxième incendie du même couvent; en 1734, incendie du grand couvent des Ursulines (aujourd'hui le petit séminaire); en 1738, incendie du petit couvent des Ursulines (aujourd'hui la Charité); enfin^ en 1775, deuxième incendie du collège des Oratoriens. Sans voir dans tous ces sinistres un effet de la malveillance, on peut au moins y remarquer une coïncidence dans le rapprochement des dates.

LES GORDELIERS. 279

Pour réparer un aussi grand désastre, il fallait aux pauvres Cordeliers des ressources qu'ils n'avaient pas, et que la foi des fidèles, qui allait toujours diminuant, ne pouvait plus leur procurer. Aussi plusieurs années s'écoulèrent avant qu'ils aient pu restaurer leur église. En 1737, cette restauration était achevée, on avait même agrandi considérablement la tribune adossée à la porte principale; cette tribune de quarante pieds carrés était supportée par quatre colonnes, dont deux sur le devant et deux au milieu. Elle couvrait même l'arcade de la première chapelle à droite, appelée alors de Rochebaron, autrefois chapelle des Jattins. La bénédiction solennelle de l'église fut faite le 2 octobre 1737, par Messire Barthélémy Guillaume, curé de Sainte-Madeleine, archiprêtre de Montbrison, commis par Monseigneur de Rochebaron, archevêque de Lyon, sous le gardiennat du P. Nicolas Desverneys, en présence du nombreux clergé de Montbrison, de Messieurs du chapitre, de toutes les administrations réunies et de tous les corps de métiers de la ville. A voir l'empressement que chacun mit à assister à cette grande cérémonie, on comprend combien l'ordre pauvre, humble et mendiant des Cordeliers avait des sympathies dans toutes les classes de la société.

Pour se procurer les ressources nécessaires à la restauration de leur église, les Cordeliers empruntèrent diverses sommes : de M. Louis Marchand, tireur d'or à Lyon, 2000 livres; de M. Bourgeois, de Montbrison, 1600 livres; de M. Rongin, de Lyon,

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2000 livres. Ces ressources étant insuffisantes^ le P. Ribier, gardien du couvent, obtint, en 1736, de l'archevêque de Lyon, la permission de faire des quêtes spéciales dans tout le diocèse. C'est sur une de ces autorisations que nous avons été heureux de retrouver l'empreinte du sceau de ce couvent, gravé en tête de cette notice. Il représente la Vierge tenant sur son bras gauche l'enfant Jésus, son bras droit tient un sceptre terminé par une fleur de lys, et son front porte une couronne à quatre fleurons. Ce sceau est ovale, de sept centimètres de long sur quatre de large. Légende : Sig. con. Fr. Minorum Mo7itiS' brisonis (sceau du couvent des Frères Mineurs de Montbrison) .

Nous avons retrouvé sur un acte de 1350 un fragment d'un sceau en cire jaune portant les traces d'une

empreinte où j 'ai cru voir le buste d'une femme tenant un enfant dans ses bras; ce qui permet de croirQ que le sceau dont nous venons de parler, quoiqu'essentiellement moderne, était sans doute la reproduction d'un sceau plus ancien, sauf quelques modifications de peu d'importance.

Le produit de ces quêtes et de ces emprunts fut insuffisant pour faire face aux dépenses; et, en 1745, il était encore dû au sieur Jourdan, maçon , 400 livres ; au sieur Ronat, charpentier, 600 livres, et enfin au sieur Michel Epinat, entrepreneur, 1000 livres.

Quant à la reconstruction du couvent, elle marcha encore plus lentement; au point qu'en 1755 les Frères, parqués dans des cabanes de planches, étaient encore

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logés à peu près à la belle étoile. Comme Tinœndie de 1731 avait à peine laissé debout quelques pans de murailles, on eut la pensée d'abandonner entièrement ces ruines et de construire un couvent neuf au midi de l'église; c'est du moins un projet qui résulte d'un très-beau plan dressé dans ce sens. Le nouveau couvent eût été alors abrité contre les vents du nord par la nef élevée de l'église. Mais ce projet, à cause, sans doute, de la dépense qu'il devait occasionner, ne fut pas mis à exécution; on se contenta de reconstruire le couvent sur la même place, en utilisant les débris échappés au feu. Tous les bâtiments actuels du couvent et les restes du cloître portent bien en effet le cachet du XVIIP siècle.

Pendant l'exécution de ces travaux la municipalité tint ses séances dans une salle du collège des Oratoriens, qui servait de théâtre aux représentations théâtrales données par les jeunes élèves; et les archives, sauvées avec peine de l'incendie de 1731, furent installées dans l'infirmerie. Après la reconstruction de leur couvent les Cîordeliers firent de nouveau décorer leur salle capitulaire et la municipalité y fut réinstallée en 1761; on fit même construire à côté un cabinet pour les archives, et le tout ensemble fut loué par la ville au prix de 80 livres par an , avec le droit d'entreposer dans les bâtiments des Cordeliers les pompes et les seaux à incendie de la ville.

N'est-ce pas ici le lieu de remarquer la constance des traditions, et comment les habitudes d'une ville se perpétuent? Ainsi l'église des Cordeliers sert en-

core de nos jours de halle aux grains, qui plus anciennement se tenait dans son voisinage, dans la partie haute de la Tupinerie; le couvent, qui pendant plusieurs siècles avait fourni une salle aux délibérations du corps de ville et aux bals officiels, est aujourd'hui affecté aux différents services municipaux; on y a même établi une salle de danse. La salle qui servait autrefois de dépôt à l'artillerie est peut-être la même que celle occupée de nos jours par le corps-de-garde; enfin, les pompes à incendie y sont encore installées.

Cette reconstruction était à peine achevée que le 22 septembre 1768, dans la nuit du jeudi au vendredi, ail heures trois-quarts, la foudre tomba sur le clocher des Cordeliers et renversa, jusqu'au niveau des cloches, la belle flèche de pierre qui le couronnait.

Laissons parler sur cet événement un chroniqueur de l'époque : (n Le bruit de la flèche en tombant fut ce si terrible qu'il effraya toute la \'ille, et les maisons oc voisines en furent ébranlées; la flèche, qui était a extrêmement bien faite et d'environ cinquante pieds a de hauteur, écrasa par sa chute environ quatre « mille tuiles du côté du vent; brisa deux maîtresses <c poutres du côté de la nef; enfonça environ vingt « ou vingt-cinq pieds de large du lambris de l'éghse; (( écorna le coin de l'autel du côté de l'évangile; brisa « quatre chandeliers d'arquemis; emporta une grosse a pierre de l'enchant du clocher, du côté de la mon- <c tagne, une autre grosse pierre à l'enchant de la (c fenêtre du corridor, du côté du matinal. Il (le « tonnerre) entra dans toutes les chambres des Pères

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« du côté de bise, cassa leurs vitres, et ne fit heuT <ic reusement aucun mal à personne.

oc La nuit de cet accident fut donné un bal par a M. de Flesselles, lors intendant de Lyon, dans la <c salle qui est dans le couvent au nord de Téglise, a où se tiennent les assemblées de la ville de Mon1>a brison; raison pour laquelle plusieurs ont pensé (c que l'accident ci-dessus était une une punition de a Dieu. (1) »

Si la foudre ne fut pas le ministre d'une vengeance divine, elle fut du moins un terrible trouble-fête; et les danseuses de cette époque durent garder un long souvenir d'une fête où brillait sans doute toute l'aristocratie de la province.

Ainsi disparut la flèche si élégante de l'église des Cordeliers, chef-d'œuvre de maçonnerie^ comme l'appelle le P. Fodéré, et dont la silhouette élancée produisait un si bon effet sur l'horizon de la ville.

Ce bal officiel donné par l'intendant de la province dans le couvent des Cordeliers est, selon nous, une preuve évidente des tolérances religieuses de l'époque et de la bonne harmonie qui régnait entre les moines et toutes les classes de la société montbrisonnaise.

Nous avons peu de renseignements sur le personnel des Cordeliers de Montbrison; les noms qui sont arrivés jusqu'à nous nous portent à croire que, sauf de rares exceptions, ils appartenaient à des familles

(1) Extrait des mémoires manoscrits non signés d'an prêtre de Montbrison, qui m'ont été envoyés de Paris par M. J. de la Roa, employé au ministère dç l'intérieur, aneien membre du Conseil général de la Loire.

étrangères à notre province. Les seuls noms se rattachant à notre pays sont ceux de : Jacques Punctis, en 1405; Justin Gayot, de Montbrison, novice en 1637; Jean Carrier, de Saint-^Etienne, 1647; Jean Papon, de Montbrison, 1647; Antoine Monate, de Montbrison, 1653; noble Jérôme de PaladUt, de Saint-Germain- Laval, novice en 1664; Pierre Jacquelin, de Feurs, en 1664; François du Puis, Père gardien en 1691; Louis Plasson, en 1717; Nicolas Desverneys, deSaint-Symphorien, Père gardien en 1737; Michel-Bonaventure Duby, de Montbrison, ancien gardien, puis définiteur do la province de Saint-Bonaventure en 1740; Jacques Gérentet, de Montbrison, Père gardien en 1787.

Le supérieur du couvent prenait le titre de Père gardien; après lui venait le correcteur, puis le vicaire, enfin le premier et deuxième senior. Après les titres venaient les charges : le secrétaire était chargé du livre des mises et de la bibliothèque; Thôtelier avait soin des chambres d'hôte et du linge; l'un des seniors remplissait les fonctions de procureur; les clefe du coffre (des archives?) étaient distribuées, suivant les statuts, au Père gardien et au correcteur.

Le Père gardien était élu pour trois ans; les élections aux autres charges et dignités avaient lieu chaque année dans le courant du mois d'octobre.

Une feuille de papier, ayant fait partie d'un registre in-folio tenu par les Cordeliers, nous a appris ces petits détails. Cette feuille, qui se rapporte à l'année 1743, et qui contient quelques notes sur les événements de cette année, sur la réception et la prise

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d'habits des moines , nous fait regretter bien vivement la disparition du registre dont elle faisait partie. Ce registre contenait sans doute de nombreux détails sur la vie intime des moines; c'est peut-être cette circonstance qui a amené sa disparition.

De plus, un chapitre ou assemblée générale de l'ordre entier avait lieu tous les trois ans dans un des couvent de la province de Saint-Bonaventure. A cette réunion, présidée par le Général des Cordcliers, assistaient le Père gardien et un délégué de chaque couvent.

On y traitait des intérêts spirituels et matériels de l'ordre, et surtout de l'élection du Père Provincial qui devait pendant trois ans exercer une autorité souveraine sur tous les couvents de la province de Saint-Bonaventure .

Le Père Provincial était élu à la majorité des voix, et pris dans un des nombreux couvents d'hommes qui existaient dans la province. Leur nombre était de quarante-huit en 1690. Nous ne pensons pas que les sept couvents de femmes, appartenant à l'ordre de Saint-François, établis aussi à cette époque dans la même province, aient jamais envoyé de délégués aux chapitres généraux.

Le portrait peint à l'huile de chaque Provincial était fait par les soins et aux frais de son couvent, et venait orner le réfectoire du couvent de Saint-Bonaventure de Lyon.

A partir de 1503, on avait eu soin> dans une inscription latine, d'indiquer son nom, celui du couvent

auquel il appartenait^ la date et le lieu de son élection. Le P. Bazin nous en a donné la liste jusqu'en 1690, date de l'impression de son ouvrage.

Cette liste nous apprend qu'une assemblée générale de l'ordre fut tenue en 1610 dans le couvent de Montbrison, et que le P. Désiré Robert, moine de Dijon, y fut élu Père Provincial. Ces réunions générales ou chapitres avaient lieu , comme tout ce qui se rattache à l'Eglise, avec une grande solennité; et ce n'était pas un petit honneur pour un couvent d'être choisi pour siège d'une assemblée générale. Le couvent de Montbrison eut encore l'honneur, non moins grand, de fournir un Provincial dans la personne du P. Louis Vallier, élu dans le chapitre tenu à Dijon en 1659.

Le nombre des Cordeliers de Montbrison^ aux XV* et XVr siècles, époque où cet ordre était le plus en vogue, et alors qu'il renfermait un séminaire de

jeunes prof es, ne paraît pas avoir dépassé trente moines; mais plus tard il était réduit à une moyenne de douze à quinze, plus trois frères lais et trois domestiques.

Dans les premiers siècles de leur fondation, jusqu'en 1650, les Cordeliers avaient seuls joui du privilège de prêcher, dans les églises 3e Montbrison, l'Avent et le Carême; mais les Capucins et les Pères de l'Oratoire et même les Récollets partagèrent avec eux ce privilège. Chaque année un vote du corps municipal désignait l'ordre qui devait fournir les prédicateurs, et lui allouait une indemnité de 200 livres.

Les désastres causés par l'incendie en 1731, et par

la foudre en 1768, semblaient être les précurseurs . du grand orage de 1793, qui respecta les bâtiments mais emporta la communauté.

Un décret de 1790, rendu par l'assemblée nationale, abolissait tous les ordres religieux. Il fut de suite mis à exécution à Tégard des Cor délier s, dont la municipalité d'alors convoitait les vastes bâtiments pour y installer les nouvelles administrations.

En septembre 1790, les délégués de la municipalité, conformément au décret ci-dessus, vinrent offrir à chacun des mojnes, de la part de la nation, la liberté d'abandonner son couvent en échange d'une pension qu'on lui promettait. Tous refusèrent, ne demandant qu'une chose : achever leur vie dans le couvent où Dieu et leurs supérieurs les avaient placés.

Cette modeste ambition ne faisait pas l'affaire de la municipalité. On leur signifia donc de quitter leur couvent; on remit à chacun d'eux quelques vêtements et un peu de linge à son usage; et le 25 février 1791, les humbles disciples de Saint-François, munis du bâton blanc des pèlerins et d'une pauvre besace, dirent adieu à la population qui autrefois fêtait leur passage et demandait leurs prières; et chacun d'eux, jeunes ou vieux, dut chercher un asile pour reposer sa tête, et attendre des jours meilleurs qui ne vinrent pas.

Le 15 septembre de la même année les restes de leur pauvre mobilier furent vendus aux enchères, en présence et à la requête de M. Benoît-Henry-Paul Gras de la Beauche, administrateur du district de Montbrison. Le linge et les principaux meubles furent

acquis par MM. Gras, Ardaillons, Barban^ La Mure, Bourg, officiers municipaux, et Rousset, juge de paix. Je suis porté à croire que ces enchérisseurs n'étaient rien autres que des entrepositaires, en vue d'une restitution qu'ils croyaient prochaine en faveur des moines.

Dans le procès-verbal do cette vente nous avons vu figurer les belles tapisseries, au nombre de treize, qui dans les grandes cérémonies religieuses ornaient le chœur de leur église; elles furent vendues en moyenne au prix de 15 livres chacune.

Cette vente produisit la faible somme de 811 livres 5 sols 4 deniers, non compris les ornements d'église dont les enchères, commencées le 24 septembre 1791, furent suspendues faute d'enchérisseurs.

Dans les premiers temps où commencèrent ces ventes de biens religieux^ la population éprouvait une certaine honte à enchérir; mais cette honte disparut bientôt, et l'on eut la douleur de voir quelques-unes des bonnes familles de l'époque rester adjudicataires des biens confisqués sur les églises. Quelques acquéreurs le furent parce que l'immeuble vendu était à leur convenance, le plus grand nombre par spéculation, et plusieurs, que je pourrais nommer, y trouvèrent une fortune qui brille encore de nos jours.

Quant aux immeubles des Cordeliers, un inventaire en fut dressé la même année; ils consistaient :

1** En une petite terre varenne située à Vaure, commune de Montbrison, estimée cent dix francs, ci 110 »

LES GORDBUBRg. . 389

Report. 100 »

2^ Une vigne au Piéron , quartier de la Madeleine^ estimée 418 d

3* Une maison^ rue de la Boudierie^ estimée 1000 »

4* Un petit pré situé à Montverdun^ estimé 780 »

5* Une vigne au territoire du Bouchet^ commune de Montbrison ^ estimée 617 »

6*.Quatre petites terres à Saintignieu, paroisse de Moind^ contenant ensemble cinq métérées, estimées 220 »

7* Deux autres à Pravieux, même paroisse^ contenant ensemble six métérées^ estimées 260 b

8^ Les bâtiments du couvent et Tenclos^ contenant 10 métérées et demie ^ avec les deux tours placées aux angles sud-ouest et nord-ouest de cet enclos^ faisant autrefois partie des remparts de la ville^ estimés

y compris un pré et terre au soir des murailles^ de la contenance de trois métérées.

Total des estimations 25304 »

La municipalité de Montbrison acquit les bâtiments, jardins, cour et cimetière du couvent, sauf la partie des jardins située au midi de l'église qui fut adjugée, le 16 messidor an IV, au sieur Pierre Lafond, de Montbrison, au prix de 1760 livres. Cette Tomel. 19

parcelle de terrain, provenant soit des jardins, soit du cimetière du couvent, contenait deux métérées et quart; elle fut limitée au sud-ouest par les vestiges des murs de ville, au matin par le grenier de la grenettej et au nord par une rue de dix-huit pieds de largeur que Tadministration fit ouvrir entre Téglise et le terrain vendu.

La largeur primitivement assignée à cette rue fut plus que doublée; elle devint même une place à l'époque où la grenette dont nous venons de parler fut transportée dans l'église du couvent.

Les jardins qui s'étendaient au matin du couvent, et le cimetière qui était au soir, furent convertis en deux placçs entourées de banquettes et ombragées l'une par des tilleuls, l'autre par des accacias. La place au soir, connue plus tard sous le nom de jardin d' amour j était le square de l'époque, où nous fîmes nos premiers pas dans la vie. Montbrison n'était pas alors doté du beau jardin public qui porte le nom de M. d'AUard, son créateur et son donateur.

Le jardin d'amour (singulier contraste avec le cimetière dont il occupait l'emplacement) a disparu à son tour. Il est occupé par une place qui s'étend devant la nouvelle halle aux grains construite depuis quelques années au milieu du vieux cloître des Cordeliers.

Ainsi disparaissent les dernières traces des monuments d'autrefois.

De quelques Gardiens et Moines des Gordeliers de Hontbrison

Vers 1280 Chapuis (Pierre).

1288 BemoIt, Gardien.

1350 Glarerii (F.), moine et prébendier de la prébende Magnin.

1375 Mathieu, de Firminy, ancien gardien de Saint-Bonaventure de Lyon, puis confesseur de la comtesse de Forez, Jeanne de Bourbon , fondateur de la chapelle de tous les Saints.

1405 PuNCTis (Jacques), de Montbrison.

1 486 à 1 503 Mouton ( Laurent) , de Montbrison , élu plusieurs fois Gardien , docteur en théologie , évêque in partibus de Laodicée , suffragant de Tévêché de Qermont (1).

1558 GiLLETON (Nicolas) , Gardien.

1559 Fatollb (Jacques) , Gardien.

(I) La Mare, iftrée Sainte, p. 313.

Vers 1619

BouRGOiN (François), Gardien) ;

Besson (Jean) ;

Mallin (Antoine) ; Massacrés tous trois par les protestants lors de la prise de Montbrison en 1562;

Vagga (Gilbert), mort des suites des blessures et des mauvais traitements qu'il avait reçus des hérétiques pendant Toccupation de Montbrison ;

Laurb (Jean);

Content (Etienne);

Fleurdelix (Henri);

De Gatalando; Suivant le P. J.-B. Bazin, Jean de Gatalando , du couvent de Sellière, avait rempli les fonctions de Provincial auxquelles il avait été nommé par le chapitre général tenu à AutunJ.'en 1551.

Parisot (Nicolas) , confesseur des Ste-Glaire. BoucHETi(Jean),docteur en théologie,Gardien.

Lbmaitre (Jean) , ermite du Mont-d'Uzore.

BfiRTHONUS (Jean) , Gardien du couvent de la Bâtie.

Gauthier (Jacques), Gardien du couvent de

la Bâtie; Gayot (Justin), de Montbrison, novice.

De Naymes (Claude).

Carrier (Jean), de Saint-Etienne; Papon (Jean), de Montbrison.

MoNATE (Antoine), de Montbrison.

Martin (Jacques), Gardien.

Vallier (Louis), élu Provincial parle chapitre général de Dijon en 1659, suivant le P. Baân.

LES GORDEUERS. 293

1660 ÂLLBNAT (Pierre), Gardien, restaurateur du couvent et de Téglise après l'incendie de

IPalladut (Jérôme de), novice, de Saint-Germain-Laval; Jacqdelin (Pierre), de Feurs.

1691 Du Puis (François), Gardien.

1692 Dominique, frère, ermite du Mont-d*Uzore. 1709 Gérando, Gardien.

Marin ( Antoine ) , bachelier de . la Sorbonne,

Gardien ; Plasson (Louis) , lecteur en théologie ; Privât (Bernardin) , vicaire ; Farget (François), ancien Gardien à Mâcon; Jacquemin (Jean-Baptiste), sacristain ; DuMOLLARD (Joseph)*, Des Brodières (Michel).

1714 DoDAT (Antoine), ermite du Mont-d'Uzore.

1730 RiBiER, Gardien.

1737 Desverneys (Nicolas), de Saint-Symphoriende-Lay, Gardien.

17.. DuBY (Michel- Bonaventure), de Montbrison; Gardien , puis Déôniteur de la province de Saint-Bonaventure en 1753. Il a fait Tanalyse des titres du couvent de Montbrison , et a laissé des notes précieuses pour son histoire.

Bourgeois , Gardien ; Curtel, vicaire; Delaire, sacristain; \ Bronde , discret.

EsPAiLLT (Denis), Gardien. Il éuiit sacristain

en 1789; Ghampagnag (François), vicaire ; 1769 { Bernard;

Laurent (Gaspard) ;

Girard (Claude);

GoNDARD (Jean-Marie) , frère lai ;

( Gérbntet (Jacques), de Montbrison, Gardien; j Glaize, Procureur.

1791 Glaize, dernier Gardien.

LES RÉCOLLETS

LES RÉCOLLETS

Après la notice que nous venons de donner sur les Cordeliers devraient venir celles sur les Récollets et sur les Capucins qui avaient aussi des couvents à Montbrison^ et qui étaient^ comme les Cordeliers, disciples de saint François d'Assise; mais le défaut d'archives^ l'absence à peu près complète de documents ne nous permettent pas d'entreprendre une étude sur ces religieux. Quelques notes glanées çà et là dans les archives des autres communautés nous permettent au plus de constater par deux dates leur passage à Montbrison^ celle de leur arrivée et celle de leur départ.

Les Récollets, comme nous l'avons dit dans la notice qui précède, appartenaient à une fraction des Cordeliers de l'étroite observance. Us doivent leur nom à un moine qui, non content de la réforme connue sous le nom d'étroite observance, qui enlevait aux Cordeliers le droit de posséder en propre aucuns

biens ^ se retira ^ vers 1525^ dans les montagnes de l'Espagne, les plus sauvages, les plus éloignées du commerce des homrnes. Il y fonda un couvent et y vécut avec quelques disciples retirés comme lui dans cette grande solitude, d'où est venu le nom de Récollets fconventus recollectusj. (Fodéré.)

Clément VII approuva leurs statuts en 1532. Ils s'établirent en France au commencement du XVIP siècle, sur la recommandation du cardinal d'Ossat à M. de ViUeroi. Leur première maison fut à Paris.

Ils firent pendant longtemps de vains efforts pour s'établir dans la province de Sainfc-Bonaventure. Après une longue résistance, ils furent autorisés à fonder leurs premières maisons à Tulle et à Murât; de là ils s'établirent bientôt dans toute la France. Ils y possédaient près de cent cinquante maisons divisées en sept provinces (1).

Nous avons dit, à la page 248 de la notice sur les Cordeliers, comment les Récollets, grâce à la protection de l'archevêque de Lyon et surtout d'Emmanuel- Lascaris d'Urfé, parvinrent, en 1642, à supplanter les Cordeliers dans la direction qu'ils avaieht du couvent des Sainte-Claire de Montbrison.

Cette conquête était d'autant plus avantageuse pour eux qu'ils furent installés, au nombre de quatre, aux frais des religieuses, dans un bâtiment joignant à leur couvent, et sans qu'il en coûtât un denier à l'ordre des Récollets.

(1) Dictionoaire de Moréri.

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Leur nombre a peut-être un peu varié dans ce petit couvent ou hospice^ comme on l'appelait alors; mais il ne parait pas avoir dépassé six. Trois d'entr'eux^ revêtus de la prêtrise^ remplissaient les fonctions de confesseurs des Sainte-Claire et d'administrateurs temporels; les autres étaient chargés des quêtes.

Les bâtiments qu'ils occupaient faisaient partie intégrante du couvent de Sainte-Claire. Ils étaient compris dans son enceinte et tellement fondus avec lui qu'il n'en faisait qu'un seul, toujours appelé couvent des Sainte-Claire. Les meubles mêmes qui garnissaient leur habitation appartenaient aux Claristes ; enfin ils étaient nourris aux frais des religieuses, mais ils n'en recevaient aucun traitement.

Ce voisinage, cette vie presque commune a pu donner naissance à quelques abus, ou, tout au moins servir de prétexte à la médisance, qui souvent s'est exercée aux dépens des disciples de saint François.

Les fondateurs de ces ordres monarchiques, en établissant des rapports quotidiens entre ces moines des deux sexes, avaient une grande confiance dans la vertu de leurs sujets, et, selon nous, avaient trop peu compté avec la fragilité humaine. Aussi les fondateurs des ordres relativement modernes, tels que saint François de Salles pour les Visitandines, et la bienheureuse Angèle pour les Ursulines, nous paraissent avoir mieux compris la nature humaine en prescrivant la séparation absolue des deux sexes.

Qu'on se garde cependant de prendre notre appréciation pour un blâme quelconque sur la conduite

que les Sainte-Cilaire ont pu tenir à l'égard des RècoUets. Nous pouvons affirmer au contraire que nous n'avons trouvé dans les archives qui ont fourni les éléments de notre livre sur les couvents de Montbrison^ aucune note pouvant porter atteinte à l'honneur des moines qui les habitaient. De nos jours^ le même voisinage existe encore entre les Sainte-Claire et quelques Récollets sans que la médisance ait trouvé matière à s'exercer.

On voit par ces quelques lignes que les Récollets à Montbrison ne formaient pas à proprement parler un couvent; ils étaient les serviteurs des Sainte-Claire, mais serviteurs dirigeants ou tout au moins exerçant une grande influence sur cette association de femmes.

Les Récollets ne paraissent pas avoir eu dans la province de Forez d'autres convents que celui de Saint-Germain-Laval, dont les bâtiment furent entièrement reconstruits, et avec beaucoup de goût, vers

Cet état de dépendance dans lequel vivaient les Récollets de Montbrison à l'égard des Sainte-Claire, nous explique pourquoi dans nos archives départementales il n'existe aucuns titres, notes ou fondations relatives à ces moines. Aussi depuis le jour où ils prirent possession définitive et légale de la dirçction des Sainte-Claire il n'est plus question d'eux, sinon quelquefois comme prédicateurs du carême, choisis et salariés par la municipalité de Montbrison. Ils partageaient cet honneur avec les Cordeliers, les Pères de l'Oratoire et les Capucins.

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Un jour vint cependant où ces existences si calmes et si pauvres au fond de leurs cloîtres portèrent ombrage à la nation.

Le 30 août i 790, les délégués du nouveau gouvernement se rendirent au couvent des Sainte-Claire pour dresser l'inventaire des trésors qvs la super-stition y entassait depuis tant de siècles.

Cinq Récollets, dont quatre prêtres et un frère, furent mandés à leur barre; voici leurs noms :

Honoré Courajod^ supérieur, âgé de 48 ans, en religion depuis plus de 23 ans;

Victor Callier, âgé de 67 ans, en religion depuis 48 ans;

Bernardin CoUiot, 57 ans, en religion depuis 41

ans;

Aimé Barborot, 59 ans, en religion depuis 36 ans;

Philibert Baudet, frère lai, 66 ans, en religion depuis 45 ans.

A la demande de livrer leurs trésors, et à l'offre de reprendre leur liberté pour voler au secours de la patrie, ils répondirent: qu'ils persévéraient dans leurs vœux monastiques, qu'ils ne possédaient rien, pas même le mobilier de leurs cellules, « et ne pou- <L valent offrir à la mère-patrie qu'un respect filial et « de la bonne volonté; » c'était peu de chose pour combler le déficit des finances de la nation.

Les Récollets suivirent le sort des religieuses auxquelles ils étaient attachés. Chassés de leur couvent, ils eurent la douleur de le voir vendre aux enchères et durent chercher un asile secret pour échapper à la persécution.

34)*2 LES COUTENTS I» MO.VTBRISOX.

Ainsi, à cette grande époque de nos annales où l'on parlait si haut de rendre à tous les Français la jouissance de leurs droits, on enlevait à de pauvres moines celui de mourir paisiblement au fond de leur cloitre.

(VEBS 1680 a 1790)

Il nous reste sur les Capucins de Montbrison encore moins de renseignements que sur les^ Récollets^ et cependant ils y ont possédé un couvent dont l'existence remonte vers 1680.

Les Capucins étaient/ comme nous l'avons déjà dit^ des disciples de saint François d'Assise^ fondés en 1525 par un moine de l'étroite observance qui voulut renchérir sur la pauvreté des Cordeliers, Ils doivent leur nom au capuchon qui orne leur vêtement.

Leur couvent^ situé à un kilomètre au midi do Montbrison^ au bord oriental de la route qui conduit à Moind^ existe encore tel qu'il était autrefois. Les bâtiments et l'église, d'une extrême simplicité, ne renferment aucun ornement d'architecture; tout y est modeste et pauvre comme l'ordre qui l'a fait bâtir, comme celui des Sainte-Claire qui l'occupe encore de nos jours.

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