‹ Histoire des couvents de Montbrison avant 1793 (volume 3)Chapitre 3 sur 37 · Z PRÉFACE · texte numérisé non relu

Z PRÉFACE

OU moins heureux , les couvents ne l'offHrent pas gratuitement; ils réchangèrent contre un capital ou aumône dotale que patyait le chef de la famille. Ces dots , quelques minimes qu*elles fussent, finissaient par enrichir le couvent, et, réunies aux autres dépenses des familles, elles appauvrissaient, quelquefois même ruinaient les plus riches.

Aussi nous remarquerons dans les notices des couvents de Montbrison la rapidité avec laquelle la fortune était arrivée à quelques-uns d'eux : les Visitandines et les Ursulines surtout.

Enfin ces couvents, se souvenant des largesses qu'ils avaient reçues de la noblesse d'autrefois, vinrent en aide à leur tour à ceux qui la représentaient ou en portaient le nom, en lui prêtant, contre de bons titres et quelquefois même à gros intérêts, les capitaux que Téconomie et Tordre avaient amassés lentement et à la sourdine.

Les couvents et la noblesse y trouvaient leur compte : les couvents en prêtant sûrement leurs capitaux à des gens discrets; la noblesse en empruntant d'un créancier qui avait autant d'intérêt à dissimuler sa richesse que le débiteur à cacher sa gêne.

Un jour se leva cependant, en 1791, jour de grande liquidation sociale, où la position de chacun fut mise à jour; les couvents furent alors spoliés par la nation qui depuis longtemps convoitait leur succession, et la noblesse fut dépossédée de ses privilèges et de Tinfluence que lui donnait le souvenir de ses possessions territoriales.

Les moines , le clergé , la noblesse avaient jusqu'alors fait cause commune ; aussi les mêmes idées les renversèrent tous, et ils furent enveloppés dans une même ruine.

Telles sont les pensées qui , selon nous, ressortent de l'histoire des couvents de Moutbrison. Les moines n'existent plus, les générations se sont succédées , mais l'esprit de ces époques passées vit encore à Montbrison; le clergé y exerce, phis que dans aucune autre ville de la province, une salutaire influence;

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