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objection : " Nous ne sommes pas en nombre pour adopter une semblable résolution." Mais il se rallia d'entrain au sentiment général, et, la conscience tranquille après avoir réservé le principe, il ne fut pas le dernier à ceindre son écharpe. H y avait au milieu des rouges deux ou trois membres de la gauche qui ne montrèrent pas moins de prompte résolution à courir les chances de la bataille. Nous serions heureux de les désigner, mais ils ont échappé aux recherches de l'Elysée, ils ne sont pas sur les listes de proscription ; mieux vaut, dans l'intérêt de la République, ne pas les nommer ici, et laisser à leur courage toute sa liberté, puisque la France en aura encore besoin pour chasser les décembriseurs.
Ainsi, et pas autrement, les représentants républicains avec ime vingtaine de braves gens en blouses et en habits décidèrent la première barricade élevée contre l'insurrection de l'ex-Président.
M. Mayer a écrit que les Montagnards avaient la veille tiré au sort pour savoir qui aurait mission de commencer le combat, et que le sort avait désigné MM. Baudin, Schœlcher, Madier-Montjau et Esquiros. Il n'y a pas un mot de vrai dans ce conte ridicule. Eien même n'a pu y donner lieu, il est de pure imagination. La Montagne n'avait nul besoin de tirer au sort pour trouver dans son sein des hommes prêts à combattre au nom de la Ilépublique; elle a assez prouvé en mainte occasion qu'elle ne manquait pas de volontaires disposés à jouer toutes les parties de ce genre. Les &its que nous allons relater en témoigneront encore.
Nous sortons tous ensemble à neuf heures, criant : '^ Aux armes, aux barricades! vive la Constitution!" En moins de cinq minutes, une centaine de bons citoyens se groupent autour de nous. Il n'en Mlait pas davantage. Onsemitaus-r sitôt en mesure de faire une barricade en travers du faubourg, aux angles des rues Cotte et Sainte-Marguerite, les prer
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mières qui se trouvèrent sur notre route. Personne ne se demanda si la position était bien choisie ; ce que nous voulions tous, peuple et représentants, c'était de l'action. Une voiture de laitière, une autre de boulanger, une grosse charrette et un omnibus furent successivement pris, dételés et renversés. Nous ne pûmes nous procurer plus de matériaux. Sans doute, la nouvelle de notre entreprise fiit immédiatement portée en haut et en bas du faubourg et la circulation aussitôt interdite. Impossible d'ailleurs d'avoir ni une seule pierre ni un seul pavé, le temps manqua. Mais rien ne pouvait arrêter notre résolution.
Nous ne possédions que trois fusils enlevés à deux soldats qui passaient isolément avec un vieux sergent. "Des armes, cria chacun, il fe.ut des armes. — Nous n'en avons pas," répondirent nos braves compagnons, et l'un d'eux ajouta encore : " On nous a désarmés en 1 848 ! " On voyait, d'où nous étions, le petit corps-de-garde qui est au milieu du faubourg Satut-Ajitoine, près la rue MontreuiL On fond sur ce poste, il est forcé de livrer ses armes, dix ou douze fusils, et ses munitions. On indique alors le corps- de-garde du Marché-Noir, comme pouvant en fournir d'autres. La même expédition, toujours des représentants en tête, est faite, avec la même audace et le même succès. Les soldats n'éprouvèrent aucun mauvais traitement. Un des assaillants, le citoyen Ch. Broquet, trouva même moyen d'égayer la scène. H s'était jeté sur le factionnaire qui, par un mouvement instinctif, porta la main sur la gâchette de son arme; Broquet l'arrête et lui dit avec cet air narquois qui n'abandonne jamais l'enfant de Fans : " Doucement petit, ça pourrait vous faire du mal et à moi aussi, &.ut pas." Pour notre compte personnel, nous l'avouons, noua avions peu envie de rire, nous connaissions les ordres du jour donnés à l'armée de Paris par son ancien général en chef^ M. Changamier, nous savions de bonne source qu'ils avaient été renouvelés, revus, corrigés et augmentés. Les postes,
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pensions-nous, vont se ranger en bataille à notre approche et fiûre une décharge à bout portant, il est impossible que nous y échappions, et, chose plus triste, nous ne mourrons pas comme il le faudrait pour que notre mort fût utile. Heureusement, cette fois, la fortune se mit de notre côté.
Peu de minutes après le retour à la barricade, vers neuf heures et demie, (1) on aperçut un détachement d'infanterie qui venait du côté de la Bastille. Il y avait trois compagnies suivies d'un chef de bataillon à cheval, M. PujoL Quelques personnes se retirèrent, jugeant toute résistance impossible dans les conditions où Ton se trouvait.
Ceux qui restèrent, hommes intrépides, parmi lesquels on a reconnu les citoyens Coumet, Amable Lemaitre, Maillard et Ruin, ne pouvaient, non plus que nous, se faire illusion sur le résultat. La rue n'était pas même entièrement barrée, les deux trottoirs restaient libres, nous ne possédions poiu* nous abriter que les quatre voitures renversées, pour nous défendre que vingt-deux fusils pris aux soldats; plusieurs même n'avaient qu'un seul coup à tirer. Que nous importait après tout 1 Nous ne comptions guère, ni les uns ni les autres, réussir là par les armes. Notre défaite comme combattants, dans la situation du moment, était à peu près certaine ; nous n'ignorions pas que la brigade Marulaz occupait la Bastille avec du canon, que, de plus, la brigade Courtigis campait à la barrière du Trône. Le citoyen Madier-Montjau, après avoir contribué au désarmement du poste du Marché-Noir, était bien parti pour essayer de nous couvrir par derrière, mais il était impossible qu'il eût encore pu rien faire. Nous nous trouvions donc entre deux feux. Personne ne voulut s'en inquiéter.
(1) Notre coreligionnaire politique, M. Magen, dans son livre des Mystères du 2 Décembre, nons fait monter sur la barricade à huit heures. Il ne trouvera pas mauvais que ceux qui étaient là tiennent à dire qu'il se trompe. Il importe à leur honneur qu'on ne puisse même les soupçonner d'avoir voulu accaparer la gloire d'un péril, eu précipitant l'heure de raction.
Nous poursuivions tous un grand but : d'abord tâcher d'enlever la troupe en lui montrant des écharpes ; ensuite, donner par un coup d'éclat l'impulsion à la résistance. Nous comptions que la rumeur publique ne manquerait pas de porter dans tout Paris la nouvelle du soulèvement du fsiubourg Saint Antoine, ayant à sa tête des membres de l'Assemblée; nous pensions que notre barricade en ferait surgir mille autres, et que notre sang, s'il coulait, ne serait pas perdu. Nos patriotiques calculs ne furent pas tous déçus.
Quand le détachement approcha, un de nous dit à ses collègues : " Portons-nous en avant." Aussitôt les représentants montent sur les voitures renversées; et lui, s'adressant aux citoyens: ''Amis, pas im coup de fusil avant que la ligne n'ait ouvert le feu. Nous allons à elle; si elle tire, la première décharge sera pour nous ; si elle nous tue, vous nous vengerez. Mais jusque là pas un coup de fusil." Les Montagnards voulaient mettre tous les avantages du côté des défenseurs de la loi Ils étaient huit sur la barricade: Baudin, Bruckner, Deflotte, Dulac, Maigne, Malardier, Schœlcher et un autre que nous ne pouvons nommer parceque les proscripteurs ne le connaissent pas.
Les trois compagnies montaient silencieuses avec une lenteur ftmèbre. Nous leur £Edsons signe d'arrêter; le capitaine (M. Petit), qui était en tête, répond par des signes négati& ; sept descendent alors et marchent vers lui (1) A la vue de ces quelques hommes s'avançant dans la majesté du devoir civique, la troupe fait halte presque malgré elle. Nous en appelons à son patriotisme et à son honneur. ^' Nous sommes représentants du peuple, lui disons-nous; on vous trompe. C'est la Constitution que vous attaquez, sauvez-la au contraire; nous réclamons votre concours pour faire respecter la loi du pays. Yenez avec nous» ce sera
(1) Aucun de nous ne tenait, comme on Ta dit, le livre de la Constitution. Il n'en était pas besoin. Nous étions là le droit vivant, le papier n'y faisait rien.
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votre gloire. — Taisez-vous, dit le capitaine, je ne veux pas vous entendre ; j'obéis à mes chefe. Retirez-vous ; j*ai des ordres à exécuter. Retirez- vous ou je fais tirer. — ^Vous pouvez nous tuer, répondirent les Montagnards tous d'une même voix, mais vous ne nous ferez pas reculer ; nos corps doivent couvrir le peuple 1 — Soldats, apprêtez vos armes, en avant!"
Le mouvement s'exécute.
Nous étions tous les sept rangés sur une même ligne. Quelques uns, croyant la dernière heure venue, mirent le chapeau à la main comme pour saluer la mort.
Offîciers et soldats furent sans doute émus de notre attitude.
Il est certain qu'ils pouvaient nous tuer, comme le lendemain d'autres ont tué l'héroïque Dussoubs, qui, une écharpe sur l'épaule, désarmé comme nous devant la troupe, faisait ce que nous feisions. Ils ne le voulurent pas. Ils passèrent entre nous. Neuf rangs de soldats, en volant à la barricade, nous trouvèrent successivement fsuce à face ; aucun ne frappa. Kous étions au bout de leurs baïonnettes et de leurs épées; elles se détournèrent à mesure qu'elles rencontraient nos poitrines. Un jeune officier du second peloton, vis-à-vis duquel la mêlée nous amena, et que nous adjurions encore de se joindre à nous en lui reprochant sa fiiute, nous dit, avec désespoir : " Notre position est affireuse. Que pouvons-nous feireî Nous avons des ordres!..." Le sabre à la main^ il avait l'air navré. Ah ! si les généraux n'avaient pas été vendus !
Celui qui écrit ces pages reçut seul deux coups de baïon* nette, qui ne traversèrent même pas tous ses vêtements ; ils avaient été donnés bien plutôt pour l'éloigner du capitaine, dont on le trouvait trop près, que pour le percer.
Un épisode montrera mieux encore ce qu'est le caractère du soldat français quand il est abandonné à sa générosité naturelle. Un fourrier met en joue, à bout portant^ notre
ami Bruckner. Celui-ci s'en aperçoit, et dit tranquillement : " Voyons, tirez donc un peu, je vous en défie." Le fourrier sourit, relève son arme au-dessus de Tépaule de Taudacieux, et, lâchant le coup, qui se perd dans l'espace, presse la main du représentant au moment de s'élancer.
Nous avons expliqué que la barricade était indéfendable. Une quinzaine d'hommes armés qui restaient là ne pouvaient évidemment pas tenir. Après le premier feu, ils se retirèrent. La troupe ne fit non plus qu'ime seule décharge, et c'est alors que notre collègue Baudin, demeuré ferme et debout sur une des voitures, reçut à la tête trois balles qui le tuèrent raide. Aucun de nous, placés en avant, ne le vit tomber. Un seul autre des défenseurs de la loi fiit atteint en même temps que lui. C'était un tout jeune homme. Le citoyen Ruin, qui se trouvait près lui, le transporta, au péril de sa vie, dans une maison des environs. Nous avons eu le chagrin d'apprendre depuis qu'il avait succombé à sa blessure.
Nous ne savons pas même le nom de ce brave ! Tel est le sort de l'homme du peuple, des soldats de toutes les causes! Ah! combien leur mérite est plus grand que le nôtre! Ils succombent obscurément, sans la dernière consolation de laisser à leurs descendants la gloire de leur mort!
Nous n'eûmes pas d'autres malheurs à déplorer. Les citoyens Madier et Esquiros ne furent ni pris ni blessés là, comme on l'a dit; ils étaient occupés ailleurs à l'œuvre constitutionnelle, comme nos honorables collègues Aubry, Chaix, Duputz et Sartin, que l'on a fiait figurer à tort à cette barricade. C'est deux ou trois heures plus tard que le citoyen Esquiros dirigea la défense d'une autre barricade, où, heureusement, il ne fut pas atteint.
Il est également inexact que le chef de bataillon ait été tué ou renversé de son chevaL
Le représentant du peuple Baudin sera inscrit sur la liste
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glorieuse et trop immense des martyrs de la liberté, à côté des frères Bandiera, de Robert Blum et de Bathiany. Sa mort ne fut pas sans amertume. " Nous ne voulons pas nous sacrifier pour les vingt-cinq francs^^ lui avait dit un ouvrier ! Les gagistes du suffrage universel, les vingt-cinq francs ! ainsi nous appelaient follement quelques uns même de nos propres amis. " Vous allez voir, répliqua Baudin, comment on meurt pour vingt-cinq francs !" Et lui, précisément, a quitté la vie aux pieds de la Constitution, léguant à la postérité son nom avec un mot sublime !
Ces diverses périodes de Faction s'étaient succédées en moins de temps que nous n'en mettons à les écrire. Depuis notre sortie de la salle Rojsin jusqu'à la prise de la barricade, il ne s'écoula pas plus d'une heure. Nous n'avions pas pu enlever la troupe; deux d'entre nous étaient sur le carreau ; mais un grand fait était accompli : le drapeau de la résistance armée était planté.
La troupe s'était enfoncée dans les rues Cotte et Sainte- Marguerite, à la suite de ceux qui, forcément, s'éloignaient. Nous nous trouvâmes tous les sept au milieu du faubourg, avec quelques ouvriers qui se rapprochèrent de nous.
Au moment de se porter en avant, les Montagnards avaient engagé leur amis à ne pas ouvrir le feu les premiers. Mais en voyant un de nous touché par les baïonnettes, im impatient avait tiré, et un soldat était tombé pour ne plus se relever. Nous l'aperçûmes étendu à terre, boutonné jusqu'au col, le sac au dos, le shako attaché sur la tête par la mentonnière. Tout jeime, d'une figure régulière, ses yeux étaient fermés, et la pâleur mate de la mort, déjà répandue sur son visage, donnait un éclat saisissant à deux sillons vermeils qui lui partaient de la bouche et des narines. Si nous savions peindre, nous pourrions encore faire son portrait, montrer tout son sang répandu sur le sol, et donnant à sa tunique, près des bords de la blessure, les teintes moirées qu'il trace sur le drap qu'il imbibe. Ce beau jeune homme personni-
fiait bien pour nous la description antique du guerrier mort dans son armure. L'atmosphère, chargée des teintes blafjEurdes d'un soleil d'hiver, blanchissait tout. Les portes étaient fermées, la rue propre et déserte, les bruits de l'activité humaine un instant suspendus, le silence universeL Vu ainsi, le faubourg nous semblait immense, et il se passa pour nous devant ce jeune cadavre, la première victime des ambitions bonapartistes, quelques secondes imposantes et solennellea
Nous allâmes naturellement d'abord au pauvre soldat. Nous lui prîmes la main, elle se refroidissait; tout nous parut déjà fini ; il ne fallait cependant négliger aucun moyen de le secourir s'il était possible. Nous le relevâmes à plusieurs pour le déposer à l'hôpital Sainte-Marguerite qui se trouvait a deux pas.
Ce pieux devoir rempli, les citoyens Dulac, Mallardier, Schœlcher et un quatrième dont nous devons taire le nom, descendirent le faubourg excitant de nouveau le peuple à prendre les armes. Les citoyens Bruckner, Deflotte et Maigne avaient pris une autre direction dans le même but.
Un bataillon tout entier, suivi de deux obusiers, montait le faubourg. Des ouvriers nous forcèrent d'entrer dans ime cour dont on referma les portes sur nous. Les braves gens qui nous avaient poussés là, nous témoignèrent un véritable intérêt. Ils nous disaient : " Yous avez fe.it votre devoir, c'est nous qui ne faisons pas le nôtre. N'allez pas plus loin, vous vous exposeriez en vain. Le faubourg n'a pas envie de marcher." Nous étions au désespoir; nous sentions que c'était la République qu'on laissait périr, et nous le dîmes avec toute la véhémence d'une ardente conviction. "Que faire? nous répondirent-ils, nous ne sommes pas en mesure. D'ailleurs, le sort de l'Assemblée ne nous inquiète pas le moins du monde, et puis on nous rend le sufirage universel..." Malheureux peuple, comme ils te trompaient !
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Le bataillon passé, nous continuâmes notre marche pour tenter un dernier effort, accompagnés de notre bon collègue Sartin, qui avait pu nous rejoindre. Toujours revêtus de nos insignes parlementaires, entourés de quelques citoyens déterminés, nous prîmes la rue de Charonne, haranguant les ouvriers, les conviant à la défense des lois, criant toujours : "Aux armes ! Vive la République ! La patrie est en danger!" Yains efforts. Arrivés au carrefour Baflfroid, où cinq ou six hommes commençaient à dépaver pour faire une barricade, nous n'avions pas cent personnes derrière nous, et il y avait plus d'une heure que nous parcourions le faubourg! On nous saluait des portes et des fenêtres, on agitait les casquettes et les chapeaux, on répétait avec nous : Vive la République! mais rien de plus. Il fallut bien nous avouer que le peuple ne voulait pas remuer; son parti était pris.
Les écharpes avaient fait, au faubourg Saint-Antoine, tout ce qu'il leur était donné de faire. Nous nous séparâmes de ceux qui nous suivaient après de cordiales et tristes poignées de mains; nous leur recommandâmes de pousser aux barricades, et ils nous approuvèrent d'aller nous employer ailleurs. (1) Nous trouvâmes heureusement
(1) M. le capitaine Maudait, auteur de la Révolution Militaire du 2 Décem6re, est un légitimiste devenu bonapartiste parce que, selon ses expressions, " M. Louis- Napoléon n'est pas de ceux qui font il de la cou- " ronne de France, il la trouve au contraire tout aussi digne que la Toison " d'Or que l'on brave mille dangers pour s'en parer le front!..." — Page 16. M. Mauduit a écrit de ce ôtyle miraculeux trois cents pages, où il glorifie les assassins et insulte les socialistes qu'il donne tous pour des lâches. Jamais on ne mit autant de barbarismes au service de la barbarie. Il raconte à sa façon, avec toute sorte de faussetés et de fautes de français, les événements du faubourg Saint-Antoine. Il dit que trois Montagnards seu/s osèrent se présenter sur le champ de bataille, les citoyens Bandin, Schœlcher et Madier-Montjau, et il termine sa narration de la sorte : " La ** mort du citoyen Baudin fut instantanée, les soldats ne relevèrent qu'un cadavre qu'ils prirent d'abord pour un commissaire de police en raison de son écbarpe. Les deux autres représentants durent leur saint à cette " même méprise, et se sauvèrent en passant d'une cour dans l'autre sur
et t(
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de meilleures dispositions dans les quartiers Saint-Martin, Saint-Denis et Montmartre, où nous nous rendîmes.
Le citoyen Madier-Montjau, que Ton a vu s'éloigner après la prise du poste du Marché-Noir, affirontait d'autres dangers, accompagné d'un vétéran de la République, d'un ancien carbonaro. Ils portaient ensemble l'annonce du combat dans le faubourg du Temple et à Belleville, où ils avaient des relations; ils j publiaient la proclamation suivante dont huit copies, faites de leurs mains, furent placardées dans ces quartiers :