‹ Histoire des crimes du deux décembreChapitre 35 sur 60 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Et d'abord M. Chai'les-Louis-Napoléon Bonaparte, puisqu'il est le chef apparent de la conjuration.

Kous ne voulons pas discuter ici pourquoi le peuple aime Napoléon, qui fut le plus implacable, le plus hypocrite et le plus égoïste des tyrans; qui tua la première République; l'empereur Kapoléon, dont le règne ne ftit qu'une monstrueuse oppression, et dont toutes les victoires, en définitive, se terminèrent par une double invasion de la France ! Le peuple, cette fois, est loin d'être seul coupable de son erreur. Le traître peureux du 18 brumaire avait justement perdu sa popularité lorsqu'il tomba. Ce sont les Ubémux et Béranger, notre admirable poète national en tête, qui l'ont relevé de l'abîme, en faisant de son nom un instrument de combat contre la Restauration. M. Thiers les a continués depuis, en célébrant, dans le Consulat et l'Empire, l'abaissement de l'idée républicaine. A force de prodiguer des éloges menteurs à l'empereur et à l'Empire, ils ont tous égaré l'opinion publique, perverti le jugement des masses sur les actes d'un despote méprisable, et n'ont que trop contribué à entourer son souvenir du fatal prestige qu'il exerce malheureusement encore parmi le peuple des villes et surtout des campagnes.

Louis-Philippe savait bien ce qu'il faisait en envoyant chercher les cendres du conspirateur du 18 brumaire

pour les mettre dans un mausolée aux Invalides. H flattait une mauvaise passion du peuple comme on flatte les mauvais penchants d'un maître. En glorifiant le meurtrier des cent cinquante-deux représentants envoyés à Cayenne, l'assassin de la République et de toutes les libertés, Ijouis- Philippe savait bien qu'il abaissait les masses éprises d'amour pour leur bourreau.

Ce déplorable prestige d'un nom a fait toute l'incroyable fortune de M. Bonaparte. Eh bien ! ce nom ne lui appartient réellement pas. M. Louis-Napoléon Bonaparte n'est pas "le neveu de l'empereur," comme l'appelle toujours M. Persigny. Il est bon que les faubourgs et les villages le sachent bien, et il ne faut pas moins que la grave considération politique que nous attachons à les tirer d'erreur pour nous obliger à le dire ; ces choses-là ne sont pas de notre goût. Kous le répétons, M. Louis-Napoléon Bonaparte n'a pas ime goutte du sang des Napoléons dans les veines. H est le fils de l'amiral hollandais YerhueL Le roi de Hollande Louis-Bonaparte le savait, et ne voulait pas reconnaître l'intrus. Il ne recula que devant le scandale d'une déclaration publique. Cette naissance adultère n'était un secret pour personne en Hollande. Elle fut célébrée par les sarcasmes de la poésie populaire. Un vieillard qui se trouve en ce moment à Bruxelles se rappelle une chanson qui courut alors à Amsterdam. Nous en avons retenu le refrain :

Le roi de Hollande Fait la contrebande, Et sa femme Fait de faux Louis. (1)

Quoi qu'il en soit, le surnom qu'il porte a donné à M. Charles Yerhuel une étrange maladie cérébrale : il est possédé de ce qu'on pourrait appeler la manie impériale. H

(1) n parait que le roi Louis avait gagné beaucoup d'argent dans des tripotages de douane.

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a rêvé d'être empereur des Français, et il poursuit cette idée depuis quinze ans avec l'assistance de M. Persigny, qui, plus intelligent et plus énergique, compte sur le poste de maire du Palais. Le premier accès de son mal eut lieu à Strasbourg en 1836. Il se présenta à la caserne de cette ville ridiculement accoutré en pedt caporal, et chercha vainement à soulever la garnison avec l'aide du colonel Yaudrey, qu'il avait foit séduire par Madame ***. (1) On sait comme il fut pris avec ses compagnons.

Louis-Philippe, quoique membre des Jacobins dans sa jeunesse, était entiché d'idées princières. Il ne voulut pas mettre im prince en jugement. H l'envoya en Amérique, sur sa parole d'honneur de ne plus recommencer. Puis, chose qui montre jusqu'à quel point le sens de la justice était oblitéré chez le vieux roi des Français, pendant qu'il amnistiait ainsi le principal coupable, il faisait traduire les complices devant le jury! Le jury, indigné, les acquitta tous.

Pendant le procès on lut une lettre du " neveu de l'empereur," où il se déclarait " vivement toucJiê de la générosité " du roi qui avait ordonné, dams sa démence, de le conduire "en Amérique." Il exprimait ensuite l'espoir qu'on épargnerait ses camarades en disant humblement : '' Certes, "nous sommes tous coupables envers le gouvernement " d'avoir pris les armes contre lui, mais le plus coupable, " c'est moi," etc.

Malgré cette lettre, malgré sa pa/role C^honnewr qui, assure-t-on, était engagée, M. Louis-Napoléon revint en Europe, et s'établit en Suisse, d'où il recommença ses intrigues. La Suisse, à laquelle il impose aujourd'hui le renvoi de tous les réfugiés français, faillit, pour le défendre, avoir la guerre avec la France, qui demandait son expulsion. On se rappelle que M. Thiers, alors

(1) Cette dame fut longtemps run des agents les plus actifs de M. Bonaparte. Devenu Président de la République, il l'a laissée mourir à Vhâpital il y a deux ans.

ministre des afiaires étrangères, menaçait de soumettre la Suisse " à un blocus hermétique." Le conspirateur se retii-a volontairement en Angleterre, cette grande et généreuse terre d'asile de l'Europe. Là, il prépaie, toujours à prix d'or, une nouvelle équipée impériale, et, le 6 août 1840, il débarqua à Boulogne, avec des cris de " Vive Nal)oléon ! vive l'Empereur l" L'oncle avait un régiment de la vieille garde, en revenant de l'île d'Elbe ; le neveu imaginaire y faisait moins de façons, il revenait de Londres à la tête d'une trentaine de laquais déguisés en militaires et de quelques jeunes fous. Si l'on ne savait la toutepuissance de l'idée ûx^e sur les monomanes, on jugerait que c'est bien du mépris pour la France que de prétendre s'en emparer avec trente laquais gorgés de vin. (1) Toujours persuadé qu'il n'y avait qu'à se montrer aux soldats sous le nom et le costume de l'emperem*, l'homme de Strasbourg, affublé encore du chapeau historique, courut à la caserne pour entraîner la troupe. Un capitaine, M. Col-Puygellier, veut l'arrêter. M. Louis-Napoléon croit que le moment est venu de faire un acte d'éclat; il s^arme traîtreusement d'un pistolet, et le décharge sur l'officier. Le coup était tiré à bout portant; mais celui qui venait chercher la couronne de France tremblait ! (2) La balle dévia, et, au lieu

(1) Extraits de T interrogatoire de James Crow, capitaine de VEdinbourg Castle {Moniteur du dimanche, 9 août 1840):

" D. Avez-vous remarqué que ces messieurs aient bu pendant les dernières heures qu'ils sont restés à votre bord?

" R. Ils ont bu énormément, je n'ai jamais vu plus boire qu'ils l'ont fait, (c'est un Anglais qui parle!) et de toutes espèces de vins.

" D. Est-il à votre connaissance que les voyageurs qui se trouvaient à bord fussent porteurs de beaucoup d'argent?

" R. Il m'a paru qu'ils eu avaient beaucoup, et j'ai remarqué an moment de leur embarquement qu'ils ont remis 100 francs à chaque soldat. Avant le débarquement ils ont presque tous coupé leurs moustaches..."

(2) Voici comment M. Bonaparte a cherché lors du procès ù se justifier de cet assassinat! On va voir qu'il avoue lui-même le trouble où il était. Devant le juge d'instruction il a dit: "Voyant mon entreprise échouer, y*

d'atteindre le capitaine, alla malhenreusement fracasser la mâchoire d'un grenadier. M. Bonaparte, éperdu, prit la fuite, avec une partie de ses gens, vers le bateau à vapeur qui les avaient amenés, et l'empereur futur était à la nage, lorsqu'il fut repêché par les canots de la douane. (1)

Traduit, cette fois, devant la Cour des Pairs^ ce pitoyable prétendant fiit condamné à un emprisonnement perpétuel. Il eut été plus rationnel de le mettre dans une maison d'aliénés comme maniaque dangereux. On l'enferma à Ham, d'où il parvint à s'échapper en 1846. Il retourna de nouveau en Angleterre, En 1847, jouant l'homme d'ordre, il se fît "policeman" (sergent-de-ville), lorsqu'on appela les conservateurs de bonne volonté contre la grande démonstration des Chartistes.

Si nous avons i-appelé ces sottes aventures, c'est pour montrer ce qu'il y a de génie et de courage dans M. Bona-

** fus pris d'une sorte de désespoir ^ et, corome je ne cacherai jamais rien, "je pris un pistolet, comme dans l'intention de me défaire du " capitaine, et avant que je voulusse tirer, le coup partit et atteignit un " grenadier, à ce que j'appris plus tard."

A Taudience Taccusé repéta presque la môme chose: "J'ai dit pré- " cédemment qull y a des moments ou Ton ne peut se rendre compte de " ses intentions. Lorsque j*ai vu le tumulte commencer à la caserne j'ai " pris mon pistoletj il est parti sans que j'aie voulu le diriger contre qui " que ce soit."

Ces misérables explications suffisent pour constater que M. Bonaparte avait tiré sur le capitaine. La déposition du sergent Kinck ne laisse aucun doute sur ce point:

Le sergent Rinci: " En ce moment M. Laroche, capitaine de voltigeura;, " et M. Ragou, sous-lieutenant des grenadiers au 42*, sont venus à la " caserne. Le prince et sa troupe revenant sous la voûte jusqu'à l'entrée " de la cour de la caserne, le capitaine, ayant le sabre à la mafn, me cria : " * Grenadiers, à moi! Vive le roil' Aussitôt le prince Louis a tiré un " coup de pistolet sur le capitaine ;^ il Va manqué, et la balle a atteint un " grenadier à son rang. Quand le coup a été tiré, j'ai entendu une voix " assez forte qui a dit: 'plus de fcul' Nous les avons repoussés, et nou» " avons fermé les portes de la caserne." {Moniteur d» SO septembre.)

(1) Moniteur du 8 août-

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pai-te, dont quelques flatteurs du succès prétendent aujourd'hui faire un homme très habile^ parceque le coup . du 2 décembre a réussi.

La révolution de Février éclate ; aussitôt M. Bonaparte accourt à Paris, où il écrit en ces termes aux membres du Gouvernement provisoire :

"Paris, 28 février 1848.

" Messieurs,

" Le peuple de Paris ayant détruit, par son héroïsme^ " les derniers vestiges de l'invasion étrangère, j'arrive de " l'exil pour me ranger scms le drapecm de la Hépithliqtie, " qu'on vient de proclamer.

"Sans autre ambition que celle de servir mon pa^s, je " viens annoncer mon arrivée aux membres du Grouverne- " ment provisoire, et les assurer de mon dévouement à la " cause qu'ils représentent, comme de m>a sympathie pour " leurs personnes.

" E/ecevez, messieurs, l'assurance de ces sentiments,

" Louis-Napoleon Bonapabte,"

Le Gouvernement provisoire, toujours généreux, se contenta d'ordonner à l'homme de Strasbourg et de Boulogne de retourner à Londres jusqu'à ce que l'Assemblée constituante eût décidé du sort des famiUes proscrites.

L'Assemblée constituante s'étant occupée de cette question dès les premiers jours reçut de M. Bonaparte la lettre qu'on va lire :

" Londres, le 24 mai 1848.

 r Assemblée nationale, " Citoyens représentants, " J'apprends, par les journaux du 22, qu'on a proposé, " dans les bureaux de l'Assemblée, de maintenir contre " moi seul la loi d'exil qui jà-appe ma famille depuis 1816. " Je viens demander aux représentants du peuple pourquoi "je mériterais une semblable peine. Serait-ce pour avoir

" toujours publiquement déclaré que, dans mes opinions, la " France n'était l'apanage ni d'un homme, ni d'une famille, " ni d'un parti î Serait-ce parce que, dedrcmt faire triom- ^'pher sema cmarchie ni licence le principe de la souveraineté " nationale, qui seule pouvait mettre im terme à nos dis- " sensions, j'ai deux fois été victime de mon hostilité contre "le gouvernement que vous avez renversé! (On rit.)

" Serait-ce pour avoir consenti, par déférence pour le " Grouvemement provisoire, à retourner à l'étranger après " être accouru à Paris au premier bruit de la révolution ? " Serait-ce enfin pour avoir refiisé, par désintéressement, " les candidatures à l'Assemblée qui m'étaient proposées, " résolu de ne retourner en France que lorsque la nouvelle " Constitution serait établie et la République affermie ? ^

" Les mêmes raisons qui m'ont fait prendre les armes " contre le gouvernement de Louis-Philippe me porteraient, " si on réclamait mes services, à me dévouer à la défense de " r Assemblée, résultat du suffrage universel,

" En présence d'un roi élu par deux, cents députés, je " pouvais me rappeler être Vhéritier d'un empire fondé sur " l'assentiment de quatre milHons de Français ; en présence " de la souveraineté nationale, je ne peux et ne veux " revendiqua que mes droits de citoyen français; mais ceux- " là, je les réclamerai sans cesse avec l'énergie que donne " à un cœur Jumnête le sentiment de n'avoir jamais démérité " de la patrie.

" Recevez, messieurs, l'assurance de ma haute estime,

^ Votre concitoyen, " Napoléon -Louis Bonaparte,"

L'Assemblée décida que M. Bonaparte pourrait rentrer en France. Ses assurance» positives, formelles, "cfe se " devcmer à V Assemblée issue du sniffrage vniversd, de rCa/vovr " d autre ambition que cdle de servir son pays,^' déterminèrent sans doute pinceurs membres à voter la fin de son exil l

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Peu de temps après, le prétendu neveu de l'empereur était nommé représentant du peuple, donnait sa démission afin de prévenir une discussion qui menaçait de devenir fâcheuse pour lui, versait son or dans les funestes journées de juin, était élu de nouveau, et enfin, le 10 décembre 1848, devenait Président de la République française.

C'était pour lui revenir de bien loin. Il intrigua beaucoup afin d'être élu Président; il consacra de grosses sommes d'argent à l'envoi d'agents électoraux dans les départements, et jusque dans les villages les moins imporportants; mais tous ces moyens ne nous paraissent pas avoir décidé son élection. Le chef du Pouvoir exécutif d'alors ne se remua pas moins et ne réussit pas. C'est au préjugé populaire qui s'attache à son nom, il fiiut le reconnaître, que M. Louis-Napoléon doit tout le succès de sa candidature. Ce fut le fatal résultat de la croyance où l'on avait entretenu le peuple que le nom de Bonaparte représentait la grandeur de la France et l'esprit de la révolution. C'est ainsi que notre pays est tombé sous le plus humiliant de tous les jougs, le joug du sabre, tenu j)ar une main qui ne porta jamais une épée.

Ce n'est donc pas M. Louis-Napoléon personnellement que les masses ont élu Président, c'est le Tieveu de Vempereur. Etranger à la France, élevé loin d'elle, il n'y était connu que par les folies de Strasbourg et de Boulogne; ses publications radicales, socialistes, personne ne les avaient lues, et à l'Assemblée, il n'avait brillé que par son mutisme et sa laideur.

Le front étroit, le nez dominant dans le visage comme le gros bec d'un cacatoès, l'œil pâle, la paupière flétrie, le regard incertain, la démarche timide, l'attitude embarrassée, l'air grotesque et taciturne tout à la fois, un cigarre à la bouche, tel se présente M. Louis-Napoléon; il est très désagréable à voir.

Son esprit est comme sa figure, lourd^ incolore, presque

LES CONSPIRATEURS DU DEUX DléCEMBRE. 409

hébété. A Teiitendre comme à le voir, on sent que c'est un homme épuisé par tous les genres de débauches. Il n'y a plus de vivant en lui que la monomanie d'être empereur, et une haine invétérée contre la liberté. Il passe pour très superstitieux. H a fait son coup le 2 décembre plutôt que le l®*", le 3, ou tout autre jour, parce que le 2 est l'anniversaire de la bataille d'Austerlitz I (1) Ceux qui l'ont approché disent que c'est un homme inepte, et ce que nous avons vu de lui à la Constituante nous donne à croire qu'ils ne se trompent pas. M. Bonaparte feit profession de " détester les beaux esprits ;" il a bien ses raisons pour cela. Il ne peut littéralement dire deux mots de suite. En renversant la tribime, il se vengeait plus encore qu'il ne satisfeisait à son aversion pour toute lumière. Il ne sait pas même lire. Deux ou trois fois, il voulut lire à l'Assemblée cinq ou six lignes (ses discours ne furent jamais plus longs), il les balbutia d'une manière si ridicule, qu'il fit pitié à tout le monde.

Une fois Président, l'empereur de M. Persigny eut un redoublement de son idée ûxe; aussi, comme il est très hypocrite, se mit-il à prodiguer les assurances de dévouement à la République. Le 29 novembre, dans sa circulaire de candidat à la Présidence, il avait dit : " Yous m'avez "nommé représentant... Plus la mémoire de l'empereur " me protège et inspire vos suffirages, plus je me sens obligé '^ de vous Êdre connaître mes sentiments et mes principes. " Il ne fiiut pas qu'il y ait d'équivoque entre vous et moi

(1) Il paraît, à ce propos, que la fameuse fête des oiseaux de proie est devenue pour lui la cause d'un grand souci. Le marin qui plaçait Taigle à la porte de TEIysée est tombé et s'est mallieureusement fracasse Tépaule; au bal, Taiglc du drapeau principal est venu choir aux pieds de l'homme du destin, enfin le soir celui du feu d'artifice {*' on en a mis partout") s'est englouti dans les flammes, la tête la première, sept ou huit minutes avant son tour. Joignez à cela la tempête qui vient de balayer la fête du 15 août, et vous conviendrez qu'il y a de quoi tourmenter fort un homme qui croit aux bohémiennes.

" Je ne suis pas un cmibitieux qui rêve ta/ntô6 VEm/pire " et la guerre, tantôt rapplication de théories subversives. " Elevé dans des pays libres, à l'école du malheur, ^e resterai " toujcywra fidèle aux devoirs que rrC imposeront vos suffrojges

" et LES VOLONTES DE l' ASSEMBLER

"Si j'étais nommé Président.... je mettrais MON ** HONNEUR h laisser, gai bout de quatre anSy à mon '^successeur, le pouvoir affermi, LA LIBERTÉ IN-

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